
| Rapports d'activités de Charles Frankel. |
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Ça y est ! Nous sommes sortis du loft ! Notre aventure a pris fin après dix jours d’aventures inoubliables. On a même eu du rab, car au lieu de passer la relève à l’équipage de Pascal Lee le vendredi soir, les mauvaises conditions météo (pluie et brouillard) ont différé le passage de témoin au samedi matin. Cela nous a laissé le temps de terminer le travail en cours – le catalogage des échantillons, notamment – et d’en rajouter. Ainsi, le lieutenant-colonel John Blitch, de l’U.S. Army, nous a soumis à une batterie de tests de visualisation 3-D et reconnaissance de formes, avant de nous confier ses robots téléguidés pour que nous inspections le dessous de notre habitat (et notamment les poutres de soutien) avec leurs caméras vidéo.
Samedi matin, nous avons accueilli le prochain commandant Pascal Lee qui a fait l’inspection des lieux, et nous sommes sortis avec nos bagages, filmés par la chaîne de télévision Discovery. Celle-ci diffuse un documentaire de trois heures sur les missions FMARS en septembre. En France, un programme sur mon séjour, réalisé par Charles-Antoine de Rouvre, sera diffusé sur Envoyé Spécial (France-2) cet automne. Notre site Planète Mars en précisera la date dès qu’elle sera connue. Puis est venu le moment des adieux. Profitant d’une éclaircie, le Twin Otter de Resolute Bay s’est posé sur le bord du cratère pour rapatrier sur Terre Robert Zubrin, Cathrine Frandsen et Christine Jayarajah. Brent Bos et moi-même restons trois jours de plus pour continuer nos travaux respectifs. Brent assure le soutien technique du prochain équipage qui va utiliser sur le terrain les caméras des prochaines sondes martiennes, développées par Peter Smith et lui-même à l’université de l’Arizona. Quant à moi, je vais enfin pouvoir aller aux sites qui m’intérèssent (et sans scaphandre !) dans la partie sud-ouest du cratère (notre équipage s’était principalement cantonné au secteur nord-ouest). Dès ce soir, je retourne à Trinity Lake – niché entre de magnifiques collines de brèches d’impact – en compagnie du biologiste Charles Cockell et du médecin de la base Marco Lee (frère de Pascal). Ce dernier bonjour de Devon vous parviendra en France avec plusieurs jours de décalage et je m’en excuse. Nous avons connu tout au long de notre mission des problèmes de télécommunications à répétition, malgré les efforts héroïques de Steve Braham qui n’a guère eu le temps de fermer l’œil. Hier soir, nous avons perdu notre deuxième antenne à grand grain – court-circuitée par la pluie – et la troisième et dernière antenne est celle du module FMARS que je viens de quitter ! Vous recevrez donc ce rapport lorsque notre campement HMP (Haughton Mars Project) aura rétabli sa liaison satellite avec le reste du monde. En attendant mon retour sur Terre, je vais m’en mettre plein les yeux et arpenter le cratère sous le soleil de minuit. Je vous promets une sélection de mes meilleures photos sur le site Planète Mars cet automne. Bons baisers du pôle nord !
Aujourd’hui, je suis resté à l’habitat en tant que ‘CapCom’ – officier de liaison radio – pendant que Robert Zubrin, Brent Bos, Cathrine Fransen et John Blitz effectuent la septième sortie en scaphandre de notre mission. C’est la première fois que je ne sors pas et cela va me permettre de rattrapper un peu le travail au labo et la rédaction des rapports scientifiques. Nous avons eu un changement parmi l’équipage : notre ingénieur de télécommunications, Steve Braham, qui a fort à faire au campement HMP de Pascal Lee, a été remplacé par le lieutenant-colonel John Blitz (U.S. Army) qui est spécialiste de robotique. Il a apporté avec lui trois robts à chenillettes. Durant EVA-7, il va déployer un tel robot - de la taille de Sojourner (Rocky) – sur le rebord d’un petit canyon. Le robot descendra la pente abrupte pour prendre des images avec ses caméras vidéo.
Bon, je dois retourner à mes activités de CapCom : mes équipiers viennent d’atteindre leur canyon et de déployer leur robot. D’autres nouvelles suivront dans une paire de jours, à l’issue de notre mission. Bons baisers du pôle nord. Ou bien est-ce la planète Mars ?
L’aventure a commencé ! Depuis Mercredi 18 juillet, notre simulation de séjour sur Mars est en route sur le rebord du cratère Haughton. Après un bref entraînement au campement dirigé par Pascal Lee – le camp du Haughton Mars Project de la Nasa et de l’Institut Seti – j’ai intégré l’Habitat FMARS dans l’équipage commandé par Robert Zubrin, président de la Mars Society. Les autres membres d’équipage sont Steve Brahms (ingénieur canadien en charge des télécommunications) ; Brent Bos (spécialiste des caméras martiennes) ; Christine Jaharajah (chimiste du Sri Lanka) ; et Cathrine Frandsen (physicienne du Danemark). ![]() L'équipage sur le point d'intégrer le module FMARS. L’habitat – le module dans lequel nous vivons – est un véritable bijou de l’Arctique : nous l’appelons le Devon Hilton ! Nous entrons et nous sortons en scaphandre par un sas qui débouche dans la salle d’équipement, puis dans le laboratoire de géologie, de biologie et de télécommunications. Par une échelle, on débouche au premier étage dans la salle commune avec ordinateurs, table de réunion et cuisine, avec sur le côté six chambres exigues avec espace de couchage et une étagère pour les effets personnels. Lors de mes deux premières journées (18 et 19 juillet), j’ai accompli deux sorties en scaphandre, de deux heures de durée chacune. J’ai commandé la première, effectuée à pied dans un rayon de 200 mètres autour de l’habitat. Nous avons échantillonné quatre espèces différentes de fossiles, dont des stromatolites, vieux d’environ 400 millions d’années ! ![]() Avant une sortie en scaphandre: de gauche à droite Lors de la seconde sortie, commandée par Robert Zubrin, nous avons enfourché nos tout-terrain Kawasaki et roulé vers le nord à deux kilomètres de l’habitat. Quel plaisir insolite que de rouler en scaphandre sur Mars ! Pressés par le temps, nous n’avons pas pu ramasser beaucoup d’échantillons, mais j’ai trouvé une première brèche d’impact – une roche fracassée, éjectée par la collision de l’astéroïde – que je vais scier demain au laboratoire. ![]() Brent Bos et Charles Frankel sur le rebord du cratère. Je vous ferai un nouveau rapport dès que possible. Bons baisers de la planète rouge ! Charles Frankel
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