Activités de l'équipage 2
avec Gilles Dawidowicz
(association Planète Mars).

Avec le soutien de et de

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"Sécurité, Simulation, Science et Confort". Ce sont ici les maîtres mots. Si nous avons été sélectionné sur notre "background", nous n'avons pas été auditionné. Pas d'entretien individuel ou en groupe. Pas d'étude de caractères, pas de psychologie... Or, au bout de quelques jours, il arrive comme dans toute communauté, ce qu'il doit arriver. Les caractères s'affirment !

Il y a par exemple ici 2 clans : ceux qui sont les "fondamentalistes" de la simulation et ceux qui admettent quelques entorses. Je fais partie du 2ème groupe.

Mon point de vue est le suivant : nous ne sommes pas dans un milieu très hostile, même si nous sommes dans un désert. Celui-ci n'est pas extrême, encore moins martien. Nous ne sommes pas non plus dans un lieu très confiné, même si le module n'est pas grand, il y a tout de même de la place à bord et même des claustrophobes s'en accommoderaient. Enfin et surtout, bien qu'en jouant le jeu, nous ne sommes pas en conditions réelles d'une exploration martienne. Je veux dire outre le fait que nous soyons sur Terre, le module n'est malheureusement pas pressurisé, nos scaphandres ne le sont pas plus, notre oxygène n'est pas compté, nous ne sommes pas autonomes ni en essence, ni en électricité, ni en eau, ni en vivres... Bref, la simulation a ses limites et je crois qu'il faut les accepter. Il nous faut par exemple, 3 fois par jour aller remplir d'essence le groupe électrogène, vider les ordures, remplir d'essence les quads, pomper l'eau sale etc. etc. Bref, il nous arrive de sortir de notre module pour autre chose que des EVA. Tout cela se fait sans scaphandre, essentiellement pour des raisons de sécurité et des raisons pratiques.

Limites de la simulation !

Les astronautes sur la Lune ou ceux sur Mars n'ont pas eu et n'auront pas à se poser ces questions. Quand ils sont sortis des LEM ou quand ils sortiront de MEM, ils étaient et seront en scaphandres, y compris pour faire des taches besogneuses et le fait même de monter dans Saturn V était déjà prendre un risque, alors aller sur la Lune ou sur Mars...

Le 1er groupe de mes camarades est composé de puristes qui y croient dur, un peu trop peut-être. L'exemple le plus frappant est celui d'aujourd'hui. Notre EVA était programmée pour aller explorer les reliefs sensationnels de Factory Butte, une superbe butte témoin de plus de 400 mètres de haut, située à une dizaine de kilomètres à vol d'oiseau de notre module. Mais voilà, entre nous et Factory Butte, se trouve une superbe falaise (Skyline Rim) haute de plus de 100 mètres, barrière naturelle infranchissable sauf... par la route, au Sud !

Greg et moi sommes prêts à partir.

Devant l'un des canyons. 300 mètres à l'amont, c'est un cul-de-sac !

Nous partons donc en EVA, le Commandant Greg Delory et moi et sommes suivis en voiture par Jon pour la vidéo et les photographies. Nous coupons en quads à travers le désert tandis que Jon prend un chemin pour la voiture puis passe par la route Nationale D24.

Après quelques passages difficiles, nous retrouvons la route et Jon qui nous y attend. Nous longeons la route en quads (la loi américaine interdit comme la loi française de rouler sur les routes avec des quads) pendant 4 kilomètres puis tentons de couper par un canyon, sans succès. Nous rebroussons chemin et retrouvons donc le bord de la route que l'on emprunte à nouveau en direction de Factory Butte. Puis, nous tombons sur un petit canyon. La route s'en accommode et passe sur un petit pont de 10 mètres de long à peine. Nous tentons de passer le canyon en quads, mais Greg a des difficultés. Il ne peut pas passer.

Résultat, comme il ne veut pas passer au bord de la route, sur le pont (car sur Mars il n'y a pas de pont) : l'EVA est terminée !

L'extrémité Sud de Skyline Rim.

Les tabliers d'éboulis de Skyline Rim servent aussi aux gens de la région à s'entraîner au quad..
La boite crânienne de notre antilope.
La mâchoire inférieure de l'animal.

(c) Texte et Images : Gilles Dawidowicz/Mars Society/APM

(c) Texte et Images : Gilles Dawidowicz/Mars Society/APM

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