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Activités de l'équipage 5
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Salutations martiennes, Terriens!
Mon nom est Vladimir Pletser et j'ai la chance de participer à une aventure extraordinaire en tant que membre du cinquième équipage de cette seconde campagne internationale de simulation d'une mission martienne. J'espère vous tenir informé de notre travail scientifique et de nos progrès quotidiens dans cette base. C'est notre premier jour dans la Station de Recherche Martienne du Désert, plus connue sous son sigle anglais MDRS pour Mars Desert Research Station. C'est un endroit incroyable dans un environnement fantastique, située dans le désert de l'Utah à quelques centaines de kilomètres au sud de Salt Lake City. C'est la deuxième des quatre stations que la Mars Society projette d'installer à travers le monde. La première a été installée il y a deux ans sur l'île déserte de Devon dans le cercle polaire canadien et elle a servi à la première campagne internationale de simulation pour laquelle j'avais été sélectionné. La troisième station sera installée en Islande en 2003 et une quatrième station sera installée dans deux ou trois ans dans le désert australien. Ces endroits reculés sur Terre ressemblent par certains aspects à ce qu'on pourrait trouver sur la planète Mars. Ces endroits ont des conditions climatiques, géologiques ou biologiques suffisamment semblables à celles attendues sur Mars pour pouvoir y conduire des expériences scientifiques analogues à celles qu'un équipage martien conduirait sur la planète rouge. L'idée est d'utiliser ces environnements extrêmes pour démontrer qu'une mission habitée sur Mars est faisable et qu'un équipage humain peut vivre en autonomie à l'intérieur d'une station (appelée familièrement Hab) spécialement conçue pour ressembler à une future première base habitée sur la planète Mars. Mais commençons par le début. Arriver jusqu'ici a pris à peine plus de 24 heures. Comme j'habite et je travaille aux Pays-Bas, je suis parti d'Amsterdam samedi matin et suis arrivé à Atlanta samedi soir après 9 heures de vol. J'y ai attendu deux heures la correspondance pour Salt Lake City et j'ai été choisi au hasard pour une vérification de sécurité (même mes chaussures ont été vérifiées! Mais il est vrai que la sécurité passe avant tout !). Après quatre heures de vol, me voici rendu à Salt Lake City ou m'accueille Bill Clancey, un spécialiste en ordinateur de la NASA, et Andréa Fori, une géologue californienne. J'ai déjà passé une semaine avec Bill, notre commandant pendant cette simulation, dans la base de l'île de Devon l'année dernière. Le reste de l'équipage est en train de faire les dernières courses dans un supermarché local. Nancy Wood, une biologiste de Chicago, David Real, journaliste de Dallas, et Jan Osburg, un ingénieur aérospatial de l'Université de Stuttgart, ont rempli trois chariots avec les dernières provisions de conserves, de fruits et légumes , de viandes, ..., suffisantes pour soutenir un siège de plus d'un mois dans notre base martienne. Nous avons fait les quelques centaines de kilomètres restants en voiture et sommes arrives tard dans la nuit à Hanksville, un petit village au croisement de deux routes, pas trop loin de notre base martienne. Cette région était le lieu des exploits de Butt Cassine à une certaine époque. Comme cette partie des USA passait à l'heure d'été dans la nuit de samedi à dimanche, nous avons eu encore une heure de moins à dormir.
Ce matin, nous avons finalement accompli les derniers kilomètres à travers les paysages les plus grandioses de l'Ouest américain pour arriver à notre destination finale pour les prochaines deux semaines. L'environnement a tellement un aspect extra-terrestre que le réalisateur J. Cameron a envisagé de venir y tourner quelques scènes de ses films de science-fiction. Nous avons rencontré l'équipage précédent, partagé entre la tristesse de quitter cette base et le plaisir de rejoindre la civilisation. J'imagine que nous passerons par ces sentiments dans deux semaines, mais pour le moment nous avons énormément de travail qui nous attend. Après nous être fait expliquer les derniers détails par l'équipage précédent, quelques réparations nous attendaient. La serre à côté de l'Hab avait souffert des vents violents des derniers jours et la porte est maintenant réparée. Un nouveau générateur a été installé et fonctionne sans interruption maintenant. Nous avons ensuite eu une longue session de brain storming sur les modalités de cette simulation et comment les différentes charges domestiques seraient partagées entre les six participants. Cela va de faire la cuisine et la vaisselle jusqu'à vérifier l'alignement de notre antenne satellite et remplir la réserve d'eau. Je vous parlerai plus en détail au cours de ces deux semaines de ces différentes activités. Ce qui m'a impressionné le plus aujourd'hui c'est l'importance attachée à l'organisation méticuleuse de l'enregistrement et de l'archivage des échantillons, ainsi que l'enthousiasme et la volonté des membres de cet équipage. Il est vrai que depuis plus de trois mois que cette station existe, une quantité impressionnante de résultats sur la biologie et la géologie locales et des expériences de géophysique ont été engrangées et les échantillons de roches et biologiques s'accumulent dans le labo du rez-de-chaussée.
Nous avons également eu des visiteurs qui avaient entendu parler de la simulation et qui sont venus voir. Obligeamment, nous leur avons fait visiter notre Hab et expliqué les buts de nos expériences. C'est en fait le dernier jour ouvert car ce soir à partir de minuit, nous entrons en simulation. Ce qui veut dire nous ne pourrons plus sortir sauf en portant des scaphandres de sortie extra-vehiculaire pour simuler que nous sommes à la surface d'une autre planète. Nous avons également eu la chance de pouvoir faire un tour sur les véhicules tout terrain que nous utiliserons lors de nos expéditions. Ces véhicules sont des quads, ou ATV suivant le sigle anglais, sorte de motos tout terrain à quatre roues. Ce tour dehors au coucher du soleil était extraordinaire, puisqu'il a fait ressortir tous les tons de rouges, jaunes et verts des canyons environnants. Deux superbes journées pendant lesquelles j'ai pu rencontrer mes compagnons d'aventure avec qui je passerai deux semaines dans cet Hab, et également échanger les impressions avec l'équipage précédent ce qui me laisse optimiste sur la conclusion de notre campagne. Le décalage horaire commence à me rattraper. Je vais donc terminer ici et vous souhaiter une bonne nuit terrestre. En avant, Mars ! (c) Texte : Vladimir Pletser |