Fin de la première campagne de simulation.


La première campagne d'exploitation de la base MDRS, qui avait débuté le 7 février, s'est achevée le 8 mai. Six équipages de six personnes se sont succédés par rotations de deux semaines. La durée totale des simulations entreprises par la Mars Society a ainsi plus que triplé par rapport à ce qui avait été fait avant cette date.

Pendant 84 jours les équipages, composés uniquement de volontaires, ont conduit un programme de recherche systématique dans le désert de l'Utah en opérant sous de nombreuses contraintes similaires à une mission sur Mars. Des données permettant d'améliorer la méthodologie d'exploration ainsi que des indices concernant les facteurs humains d'une équipe d'explorateurs ont été acquis.

Les équipages de la MDRS ont constamment démontré leur capacité à se contenter d'une consommation journalière d'environ 20 litres d'eau par personne, sans impact négatif sur le moral. Même en se basant sur un taux de recyclage de 90%, l'eau représentera de loin la masse la plus importante d'une mission habitée sur Mars. Alors que la NASA estime la consommation d'eau à environ 32 litres par personne et par jour, le chiffre de la Mars Society pourrait permettre de réduire de manière significative la masse et donc le coût de la mission.

Quelques mythes envahissants sur les facteurs humains spatiaux ont également été démentis. Il a en effet été conseillé à la Mars Society d'éviter des équipages composés de 50% de femmes et de 50% d'hommes car ils ont tendance à mal fonctionner. Choisir un commandant non américain si le reste de l'équipage est américain était également déconseillé. La Mars Society a cependant fait travailler 3 équipages avec un rapport femme-homme de 50 : 50 et 2 équipages avec des commandants non américains (un allemand et une canadienne francophone) avec de bons résultats. Des équipages plus traditionnels composés en majorité d'hommes et sous commandement américain ont également bien fonctionné. Pour résumer, il semblerait que la généralisation aux missions martiennes des données sur les facteurs humains connus à ce jour ne soit pas satisfaisante. D'autres recherches avec des équipages travaillant dans des bases de recherche simulant les conditions d'une exploration martienne sont nécessaires pour améliorer nos connaissances sur le sujet.

La MDRS a reçu une couverture médiatique massive avec une première page dans le New York Times et des douzaines d'articles dans la presse internationale. Des reportages ont également été diffusés par CBS evening news, la BBC, la CBC et la ZDF (télévision nationale allemande). D'autres pays dont la Hollande, la Suisse et la Norvège ont envoyé des reporters. On peut estimer que la couverture de cette première campagne d'exploration de la MDRS a facilement touché plus de 200 millions de personnes.

Une fois n'étant pas coutume, la Mars Society avait décidé de faire de la dernière rotation une mission plus artistique que scientifique. L'équipage était en effet composé de musiciens talentueux qui ont profité de leur séjour dans la base pour développer, en liaison satellite avec quelques artistes renommés à travers le monde, un CD de chansons sur l'exploration de Mars. Si vous désirez écouter en avant-première une sélection de morceaux de ce CD, inscrivez-vous pour la 5ème convention internationale de la Mats Society qui se tiendra cet été à Boulder. Les "Extrémophiles" y interpréteront quelques-unes des chansons du CD. Préparez-vous à danser pour Mars !

La prochaine campagne de la MDRS débutera le 12 octobre 2002 et se terminera fin avril 2003. Tous ceux qui s'étaient portés volontaires pour la campagne de printemps sont sur la liste pour l'attribution de créneaux pour la campagne d'hiver. Il sera également possible de se porter volontaire en répondant à l'appel à volontaires que la Mars Society lancera cet été.

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