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EURO-MARS EUROpean Mars Analog Research Station |
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L'objectif des stations M.A.R.S. de la Mars Society est de simuler l'exploration martienne sur des sites terrestres offrant le plus d'analogies avec la planète rouge. Pour cette raison, la première station F-MARS fut érigée sur le rebord d'un cratère d'impact dans le désert arctique de Devon (Canada, province du Nunavut). La seconde station, MDRS, fut installée dans des terrains sédimentaires riches en canyons et autres mesas, en bordure du plateau du Colorado (Utah, États-Unis). Pour le troisième site, celui d'Euro-MARS, il était logique de choisir un terrain volcanique, caractéristique d'un bon tiers de la surface martienne. L'Islande offre des sites remarquables à cette fin. Dans le nord du pays, le site " Krafla-One " -notre candidat numéro un- présente nombres d'avantages, y compris son extrême jeunesse : les dernières éruptions remontent à 1975-84. Une telle jeunesse est souhaitable dans la mesure où les laves sont peu affectées par l'érosion et dénuées de végétation -deux caractéristiques essentielles de la surface martienne. Les éruptions récentes ont également créé une grande variété de structures pour l'exploration en rover et scaphandres et les manipulations scientifiques. À cet égard, un historique du site s'impose.
" Krafla-One ", comme son nom l'indique, est situé dans le rift de Krafla, un segment exondé du rift médio-atlantique qui contribue à l'expansion du fond océanique et à la dérive des continents. Le fait que l'Islande et son rift émergent de l'océan est dû à un " point chaud " qui se superpose au volcanisme de rift et bombe la croûte océanique à cet endroit. Le rift islandais, d'orientation nord-sud dans l'ouest de l'Islande, est divisé en plusieurs segments individuels, chacun long d'une centaine de kilomètres. Krafla est le nom d'un tel segment qui se distingue par un fossé d'effondrement large d'une dizaine de kilomètres, bordé d'escarpements pouvant atteindre 30m de haut. Le fossé est comblé de laves, d'où sa profondeur peu importante, et lardé de fissures et de filons, également d'orientation nord-sud. Au centre du complexe se trouve une caldeira d'effondrement d'une dizaine de kilomètres de diamètre, sans grande expression topographique puisqu'elle aussi est comblée de laves. Comme elle est à l'aplomb d'une chambre magmatique (entre 3 et 7 km de profondeur), les processus de différenciation chimique du magma la trahissent en donnant en surface des laves plus claires et plus siliceuses (andésites, dacites, rhyolites) que dans le reste du rift où elles sont sombres et basaltiques. Le rift du Krafla connaît un cycle éruptif environ tous les 300 ans, du moins durant la période historique. Le pénultième cycle a lieu en 1724-29 dans le secteur sud du rift, avec des explosions phréatiques (cratère de Viti) et des coulées de lave fluides rampant sur des sols imbibés d'eau (pseudo-cratères le long du lac Myvatn). Le dernier cycle éruptif se déroule en 1975-84 dans la moitié nord du complexe, où nous avons choisi notre site Euro-MARS. Les éruptions débutent par un écartèlement crustal de l'ordre de cinq à huit mètres, et par l'injection souterraine de magma dans les fissures ainsi formées. Le magma atteint la surface une première fois en 1975, alors que la construction d'une usine géothermique vient à peine de s'achever au sud de la caldeira. La seconde éruption, en 1977, fait même remonter une colonne de magma dans l'un des puits de forage. Un mètre cube s'en échappe en surface : c'est la plus petite coulée de lave connue au monde ! En 1980 débute une éruption majeure, avec un jeu de trois fissures qui émettent des laves à tour de rôle en mars, juillet et octobre. Ce sont ces coulées de 1980, d'un noir brillant, qui encerclent la plate-forme du site Euro-MARS. L'un des évents éruptifs est visible depuis l'emplacement du module, de l'autre côté du champ de lave, à moins de 500 mètres. Deux autres épisodes éruptifs ont lieu dans le rift du Krafla en 1981 et 1984. Ensemble, les éruptions de 1975-84 ont émis 0,25 km3 de lave, réparti sur une surface de 66 km2. Depuis, la chambre magmatique se refroidit et se contracte, et les volcanologues islandais pensent que le cycle de 1975-84 est terminé. Comme les cycles se succèdent tous les 300 ans en moyenne, on peut présumer que le site Euro-MARS sera épargné durant les simulations de 2003-05. Mais, sur la Terre comme sur Mars, on n'est jamais à l'abri d'une surprise !
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