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9ième CONGRES INTERNATIONAL de la MARS SOCIETY du 3 au 6 août 2006 Washington |
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L'ETAPE LUNAIRE : OPPORTUNITE OU PIEGE ? lors du 9ème congrès annuel de la Mars Society, à Washington)
Laissez-moi vous donner un exemple : la Station Spatiale. Elle était censée être le pont vers le futur, le pont vers le 21ème siècle, le pont vers le système solaire. Nous aurions dû pouvoir y assembler des vaisseaux spatiaux et en partir vers des mondes lointains. Mais M. Al Gore * voulut également que la Station Spatiale fonctionnât comme un pont vers Moscou, pour faire passer de l'argent à Eltsin. Aussi décida-t-on, pour ce dernier motif, de la positionner sur une orbite à haute inclinaison. Cette orbite la rend complètement inutile comme relais de missions interplanétaires, parce qu'on perd beaucoup de charge utile en allant vers une orbite à inclinaison élevée au lieu d'aller vers une orbite à inclinaison basse. Ainsi, en fait, on a abandonné le but annoncé de la Station et après ça on a exagéré son utilité, en disant qu'on allait y faire des roulements à billes, guérir le cancer et le SIDA et tout et n'importe quoi. Tout ça c'est du pipeau. En fin de compte, les gens regardent la station spatiale et disent : "je pense bien que nous sommes coincés et vous, la NASA, vous nous avez menti. Vous nous avez dit que vous créeriez un pont vers le système solaire, que vous alliez traiter le cancer et faire les roulements à billes parfaits, et rien de tout cela n'est arrivé". Maintenant, que constatons nous de ces personnes qui veulent un programme pour la Lune seule : ils éliminent du programme, ou cherchent à éliminer du programme, les choses qui en feraient un pont technologique vers Mars. Par exemple, une question qui va se poser est celle du moteur méthane / oxygène pour repartir de la Lune. Ce moteur a été retiré du CEV mais il n'est pas vraiment critique pour le CEV. Cependant cela aurait été formidable s'il avait été développé pour le CEV, parce qu'alors nous aurions eu un moteur méthane / oxygène testé et qualifié pour l'Espace, et le segment de la mission vers Mars utilisant le méthane aurait été assuré. Nous pouvons toujours obtenir ce résultat en utilisant ce même moteur pour repartir de la Lune, et ce serait un très bon choix pour ce trajet, car on peut utiliser l'oxygène lunaire. On fait un grand cas de l'oxygène lunaire. J'étais au séminaire sur le projet lunaire ici, à Washington, en avril, et je disais : "Attention, ce doit être une condition que le moteur utilisé pour le véhicule de remontée de la Lune utilise l'oxygène lunaire comme oxydant puisqu'ici vous parlez de la façon d'utiliser les ressources lunaires pour faire de l'oxygène lunaire, et il n'y a aucune raison de faire de l'oxygène lunaire et que le véhicule de remontée ne l'utilise pas". Et j'ai eu ce type qui disait: "bien, vous savez... il peut y avoir des pistes... et ainsi de suite, et c'est une question de coût..." Naturellement, c'est une question de coût de développement, et ce serait meilleur marché d'utiliser un moteur hypergolic existant pour cette fonction, plutôt qu'un moteur méthane / oxygène ou même un moteur de kerozene-oxygène qui est qualifié pour ce rôle. Mais, c'est une tendance constante de minimiser d'abord le coût initial, pour ne pas parler des exigences en aval. Dans le programme de base lunaire - en dehors du problème de lanceur lourd, qui est celui que nous voulons absolument imposer- il existe une tendance à travailler sans considération aucune pour les contraintes martiennes ou même, pour parler franchement, pour les conditions réelles d'une base lunaire, par opposition à simplement faire quelque chose sur la lune. Il y a bien dans le document présidentiel de Perspective pour l'Exploration Spatiale (" Vision for Space Exploration ") une ligne qui spécifie qu'au cours du programme lunaire nous développerons les technologies qui nous permettront d'aller sur Mars. D'accord, sauf que dans un certain nombre d'exemples, alors que des choix été ouverts où on aurait pu employer ces programmes pour mettre au point les équipements nécessaires pour Mars, on a décidé de ne pas le faire. On constate donc une tendance dans plusieurs exemple à exagérer l'intérêt en soi d'une base lunaire. Ainsi, par exemple, dans cette ville, ici en mars et auparavant dans le Washington Post. Dans le Washington Post c'était Spudis, en mars, c'était Marburger, le conseiller scientifique du président. Il se lève à une conférence et parle de pourquoi la base lunaire est fondamentale pour notre futur, parce que nous allons construire des panneaux solaires sur la Lune, en réfléchir l'énergie vers la Terre et ainsi, résoudre notre problème d'énergie. C'est du pipeau complet. Le flux solaire sur la surface de la lune est seulement deux fois celui reçu par la superficie de l'Arizona, et les coûts pour y arriver sont environ un million de fois plus élevés. Cela n'a absolument pas de sens. En outre, puisque la Lune tourne autour de la Terre, si on avait des projecteurs rayonnants sur la Lune -en ignorant le fait qu'on aurait certains problèmes environnementaux en envoyant des gigawatts de puissance vers la Terre, et qu'en fait on construirait une arme de destruction massive- ceux-ci tourneraient en orbite autour de la Terre. Ainsi si l'on voulait fournir de l'énergie à un client aux Etats-Unis, on se trouverait au-dessus des Etats-Unis une partie de la journée seulement parce que la Terre tourne, et bien sûr la Lune tourne également et nous présente sa face obscure pendant deux semaines à la fois. Un des problèmes principaux de l'énergie solaire sur Terre est que l'on n'a pas une puissance de 24 heures par jour. On a seulement un certain laps de temps pendant lequel on peut satisfaire la demande du client. Il est encore préférable de traiter ce problème sur la base de cycles de 24 heures que de le traiter sur celle de cycles de deux semaines. Ce programme est un autre non sens technique. Je veux dire, il est... fou. Mais c'est ce qui est envisagé. Maintenant, devinez, si cela est la justification du programme, alors allons plus loin et faisons avancer l'horloge. Nous sommes en 2025-2030, et quelqu'un au Congrès, un type de la NASA, dit : on en a assez de la Lune ; nous voulons commencer un programme Martien". Et un type du Congrès lui répond : "vous nous aviez dit que la Navette Spatiale nous donnerait l'accès bon marché à l'orbite basse de la terre, vous nous aviez dit que la Station Spatiale traiterait le cancer, vous nous aviez dit que la Lune nous donnerait une l'énergie infinie, et maintenant vous nous dites que nous devons aller sur Mars (pour quelque raison que ce soit que l'on trouve à ce moment), pourquoi devrais-je vous croire ? " Et cette personne aurait tout à fait raison d'être sceptique, vu l'expérience. En outre, si on n'a pas utilisé le programme lunaire comme promis pour développer l'ensemble des équipements nécessaire pour aller sur Mars, on se rendra bien compte qu'excepté le Lanceur Lourd, presque tout devrait être développé à partir de zéro. Cela renverrait le programme aux calendes grecques, et serait aussi l'occasion de fermer l'Agence. Dr Robert Zubrin, président de la Mars Society (extrait d'une présentation faite le samedi le 5 août 2006, à la 9ème Convention de la Society (Washington DC.) NDT : Al Gore était vice président du Président Clinton. Traduction : Pierre Brisson |