![]() |
High Lakes Expedition |
![]() |
Licancabur et Poquentica 2005Du 20 octobre au 24 novembre |
Qui pourra jamais dire jamais, qui osera dire, que de voir le soleil mourir dans l'océan fait cliché ? Je viens de faire un bond dans l'espace, un bout de tour de la Terre, avec un voyage de 36 heures environ entamé le 20 Octobre 2005 à 4:00 du matin et qui vient de s'achever dans une chambre d'hôtel plein pied au bord du Pacifique. Il est 22:30. Bien sûr, j'ai eu droit à un baptême en plein ciel de la main de Nath (qui m'a versé une tasse d'eau sur la tête ?) et ensuite à un gros bisou au franchissement du Tropique du Capricorne.
Tout en écrivant, je m'arrête un instant, juste un instant, pour regarder vivre ce grand corps vibrant qu'est l'océan Pacifique. Droit devant ma fenêtre à 5000 km, l'Ile de Pâques... et ses mystères. Ici, prendre l'avion est une formalité et je me dis que 5000 km ce n'est vraiment pas grand-chose au regard de ce que nous venons de couvrir dans ces dernières heures... Qui sait?
Et puis un peu plus bas, il y a l'Antarctique. Je n'en crois pas mon cœur qui bas très fort à cette idée. Mais ce n'est pas tout. Ici le désert est tout autour de nous et pour ajouter à sa beauté, le long de l'océan tout proche il y a la petite cordillère et ses festons de dentelle enneigée. Enviez-moi, je le mérite! Accordez-moi aussi les quelques lignes qui suivent pour vous raconter comment je suis arrivée jusque là...
Premier avion à San José, Californie, à 8:45 le 20/10. Environ une heure de vol jusqu'à l'étape suivante : Los Angeles. La douane, les papiers...Ici, je vous jure, on n'a rien à nous envier... Puis Lan Chile (la compagnie aérienne chilienne) nous embarque pour un très long voyage qui nous fera survoler le Mexique, le Guatemala, Panama, Guayaquil, Bogota, Quito où nous franchissons l'Equateur (et me voilà la "tête en bas" pour la première fois de ma vie !!!) et une escale de 45 minutes à Lima sans quitter l'avion. Ensuite, nous survolons Arica, Iquique, bref, les dernières mesures avant notre arrivée à Santiago (Chili)... enfin, c'est ce que nous croyons... En fait, Santiago est complètement enfouie sous un brouillard tellement épais que notre avion est détourné à Conception au Sud où nous nous posons à 6:15 du matin. Là nous attendons (toujours dans l'avion) que Santiago ouvre. Le feu vert du re-décollage est donné à 8:45 et nous atteignons Santiago l'invraisemblable, où l'on voit la Cathédrale de Merced "fricotter" avec une tour du 22è siècle ! Eh bien je vous assure que même si ma sensibilité en a pris un coup, c'est culotté mais réussi ! Il est 9:30 (le 21/10) quand nous nous posons.
Enfin, le voyage ne s'arrête pas là et le ballet paperlardier reprend, l'attente de la douane, des bagages, changer nos billets (car bien sûr le retard nous a fait manquer notre correspondance du matin), ré-enregistrer les bagages... L'attente pour le dernier avion n'en fini pas. La dernière étape avant l'arrivée dans le vif du sujet à Antofagasta se fait attendre mais, au fond, ça n'est pas pour me déplaire. Ça me permet de faire le point. Deux jours à Antofagasta pour la logistique, la traversée du désert d'Atacama et ensuite, le Licancabur...
Depuis Mars 2005 je vis un rêve éveillé et me voilà assise si tranquille, si paisible. Jusqu'ici, j'ai toujours essayé de ne pas rêver au-dessus de mes moyens mais là je l'avoue, je suis en train de prendre un virage à 180 degrés ! Je regarde la carte des Amériques et je me dis qu'un sacré pas a été franchi. En plus du français, je parle l'italien, comme dans le pays de ma maman et l'immersion a du bon... Je me suis mise à l'américain et l'espagnol... Au milieu de mes gaillards surdoués de l'équipe bourrés de matière grise, j'apprends doucement l'anglais et l'espagnol en lisant des revues cinématographiques du genre "People Magazine". Pour le langage de tous les jours, c'est formidable... pour la culture c'est différent mais au moins, ça m'a permis maintenant de pouvoir me lancer dans un bouquin formidable en anglais sur la vie de Marie Curie et croyez-moi si vous voulez, mais ça marche ! Bon, ceci mis à part, je dois vous dire pour la petite histoire que non contents de m'écouter m'essayer au "language", les membres de l'équipe partagent leur repas avec moi, ce qui permet de mieux nous connaître. Tout se fait dans les rires et la bonne humeur, sinon qu'en ce moment, mes "doubles mètres" (je me demande ce qu'ils mettent dans la nourriture en Amérique...moi et mon mètre cinquante...) sont un peu du genre silencieux. A l'étage, je suis la seule à veiller encore. Ils sont tous tombés comme des mouches. J'aime cette paix. Ici la vie est ancrée et paisible. Ah! Ils n'ont pas fait d'histoire pour aller se coucher après être restés pratiquement 48 heures debout. On s'est quitté à 19:00 et depuis... motus ! Je sens que la pile de bouquins sur ma table de nuit va être la bienvenue. Je navigue toute, pleines eaux, en décalage horaire. C'est curieux, j'ai pourtant ramené ma montre 4 heures en avant mais cette année c'est comme ça. Trop d'émotions sans doute ? Il m'est arrivé souvent ces derniers mois de déambuler dans mon petit coin de France, mon "retiro" quand je ne dors pas et de me prendre à rêver (c'est un comble...). Mais plus la peine de rêver. Coucou, m'y voilà. Les gars on déjà fait plein de photos, moi je vais essayer de ne pas faire trop long...
So long... A demain et vous allez voir ce que vous allez voir !
Michèle Cabrol
© images : APM / Michèle Cabrol.