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High Lakes Expedition |
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Licancabur et Poquentica 2005Du 20 octobre au 24 novembre |
Aujourd'hui 30 Octobre à 10:15 nous avons pris la destination du Licancabur pour une mise en jambe jusqu'à la moitié de la pente. Nous ferons le sommet le 3 novembre. Nous sommes partis sous un beau Soleil mais le vent, même peu soutenu, est là en permanence qui nous suit et nous persécute sans arrêt. J'ai hésité à attaquer le Licancabur. Je l'ai vu depuis Juriques et franchement, j'ai eu un moment où je me suis dit que c'était au dessus de mes moyens. J'en ai parlé a Nath qui m'a dit : « viens, si ça ne va pas, il y aura toujours quelqu'un pour te ramener ». Je me suis dit qu'au fond je m'étais preparé intensivement pendant tous ces mois pour cette escalade... alors je suis partie avec la troupe pour le deuxième entraînement. Tous sont adorables. Ils ne font pas de commentaires. Ils sont là partout où on les attends. Ils ont la gentillesse de régler leur pas sur les miens. Ils sont tous aguerris finalement. Moi, ce sont mes premières et après Juriques, c'était le géant des Andes et nous sommes montés jusqu'à notre but du jour, à 5146 m. Le climat est tel cette année qu'il fait -40°C au sommet et le lac est gelé sur environ 70 cm. Il n'y aura pas de plongée dans le lac cette année mais d'autres expériences auront quand même lieu.
Ce qu'il faut dire au fond, c'est que l'amitié de tous ces jeunes gens m'a stimulée et m'a poussée à accomplir ce qui ce matin me paraissait impossible. J'ai atteint le but du jour avec le reste de l'équipe et la récompense fut incroyable : quelle vue sur Laguna Verde... A cette altitude, il n'est pas dure de dire qu'elle est à couper le souffle ! Dans 3 jours il va falloir remonter les pentes escaladées aujourd'hui... et le restant pour atteindre les 6014 m du sommet. Monter est une chose mais redescendre ce n'est pas mal non plus ! Ca prend des heures. Il n'y a pas une pierre stable où poser les pieds. C'est éreintant. Enfin, au retour, un bon thé brûlant nous attendait. J'ai retrouvé mon souffle et je commence a penser à la manière d'aborder ces 6014 m et d'en redescendre dans de bonnes conditions le 4 novembre. Je regarde autour de moi ceux qui jours après jours sont devenus des amis. Ils ont simplement levé le pouce pour dire que c'était « okay ». Je crois que je les ai un peu étonnés. Ils sont maintenant tous affairés sur leurs ordinateurs. Tout est calme. Demain, c'est vrai, sera un autre jour.
Michèle Cabrol
© images : APM / Michèle Cabrol.