High Lakes Expedition


Licancabur et Poquentica 2005

Du 20 octobre au 24 novembre

Ce matin, branle-bas de combat. Les garçons s'affairent dans la "Bodega" pour finir d'emballer l'équipement et les réserves de nourriture qui se conservent ici sans frigidaire, simplement dans l'air ambiant.

Nous prenons la route vers 11:05. Peu à peu nous laissons derrière nous le refuge. Je dis petit à petit car en fait de routes ce sont des pistes qui nous attendent et nous voyageons dans un nuage de poussière. Comment décrire la béauté de ce que nous voyons ? Nous traversons des paysages magnifiques dans leur pureté. Je ne sais pas qui a donné le nom de Désert de Dali à cette partie de l'altiplano mais je reste sans voix. Je me dis que le Maître aurait pu réaliser ses plus belles toiles ici.

Les voitures se suivent à la queue leu-leu et nous nous arrêtons à Sol de Manana, un centre géothermal en plein milieu de l'altiplano, où nous sommes légèrement au-dessus de l'altitude du Mont-Blanc a 4861 m. Sol de Manana apparaît au milieu de nulle part dans l'altiplano, complètement irréel. Nous nous trouvons au-milieu d'un paysage lunaire fait de soufre et de boue argileuse liquide et bouillonnante dans des "mudpots" qui ressemblent à de grands chaudrons de sorcières. Plus loin, je me laisse envelopper par les vapeurs des geysers. La sécheresse des hauts plateaux appelle un peu de cette humidité. Je ne suis pas la seule à avoir la même idée... Ensuite, je "mitraille" le site pour en garder le souvenir.

Chacun s'affaire à effectuer des prélèvements de boue, de soufre et d'argile pour des analyses. Le temps passe mais nous n'en finissons pas d'aller et venir dans cet endroit si étrange, si éloigné de toute vie... Une fois les prélèvements finis, nous reprenons la route. Plus nous avançons, plus le paysage change. Brusquement, il n'y a plus de piste. Nous roulons sur une immensité désertique et nous voyons se profiler au loin le refuge de Laguna Colorada. Rien d'autre ici que cette construction rustique mais avant d'y arriver, je n'oublierai pas la vue plongeante sur la lagune, la fracture géante qui coupe le paysage en deux sous le poids des volcans et qui apparemment a été réutilisée à la fin du Pléistocène par un torrent.

Laguna Colorada est un miroir liquide cerné de ces volcans sombres pas tous assagis mais tous entre 5500 et 6000 m d'altitude... Elle est d'un rose profond impossible a décrire. Demain nous irons travailler sur ses berges. Je prendrai des photos encore une fois pour illustrer mes souvenirs.

Arrivés au refuge, nous nous trouvons plus ou moins devant le bis repetita de celui de Laguna Verde. Il est cependant plus grand mais bâti sur le même principe. Nous sommes accueillis par des jeunes femmes boliviennes timides, une accompagnée d'une petite fille. Toutes les deux sont revêtues du costume traditionnel. Je vais essayer de les photographier si elles me le permettent... Je ne cherche pas à jouer les touristes mais j'aimerais simplement mettre des visages sur la gentillesse et la faculté d'accueil que nous avons trouvés ici

Tout-à-l'heure j'ai pu prendre des photos de trois lamas. Je n'en avais pas encore vus de si près... Ils sont un spectacle à eux tous seuls.

En ce moment, les garçons et les filles se détendent dehors avec une petite balle qu'ils ont du récupérer je ne sais où ! Ils jouent comme des enfants. Ce sont les mêmes qui travaillaient si intensément ces jours derniers et qui sont capables de vous tenir sous le charme de leur savoir des heures durant, telle cette soirée inoubliable passée devant le microscope électronique de Lynn et Dana...

Les lamas ont disparu. La Cordillère est couverte de nuages plein d'eau qui ne font que passer. El Nino fait des siennes ici aussi...

Michèle Cabrol

© images : APM / Michèle Cabrol.