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High Lakes Expedition |
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Licancabur et Poquentica 2005Du 20 octobre au 24 novembre |
Quelle journée ! Levée à 8:00. Même si ce n'est pas Versailles, la chambre d'hôtel est claire et confortable. Le spectacle du Soleil levant vaut bien le feu d'artifice d'hier au soir. Une bonne douche, un solide petit déjeuner et les heures s'écoulent tranquilles. Christian, le responsable de la logistique (une merveille d'efficacité) nous emmène Edmond et moi au centre ville d'Antofagasta. Je découvre une grande ville aux caractéristiques latines. Ça ressemble vraiment à une ruche. A chaque fois que je m'essaie à mon espagnol hésitant, je reçois un sourire chaleureux et une main secourable. Pour la petite histoire, nous passons à la poste centrale ou j'essaie d'acheter des timbres pour poster du courrier. Des timbres... point il y en aura ... Après un quart d'heure dans une longue file d'attente, Edmond, Christian et moi nous renonçons à sécher sur place. Le comptoir est vide. Le préposé discute avec sa voisine et nous ignore royalement. C'est la vie ici ! Le temps n'existe pas apparemment. Ils sont cools, les copains, "really cool"...comme on ne peut pas l'imaginer en Europe mais ça a son charme. Nous prenons le parti de rentrer à l'hôtel où Nath nous attend ainsi que les garçons. Nous accueillons Melissa, une étudiante de Seattle qui descend du taxi et qui partagera ma chambre.
Cet après-midi le programme se résume a priori à l'approvisionnement. Je vois ça de ma fenêtre! J'envisage même d'aller à la salle de gym au retour. Naïve que je suis... Je n'ai jamais assisté à un train de caddies pareil ! Ils se succèdent un bon bout de l'après-midi, une après-midi que nous passons à écumer les rayons. La grande surface (Lider) est découpée suivant la même logique que les rues aux USA. Chacun nous attaquons notre secteur, liste en main. Le Chili déborde de produits locaux et du monde entier, ce qui facilite grandement notre choix. Le passage à la caisse est grandiose. Pour ce qui est de l'addition, je glisserais un voile pudique... Nathalie ne s'étonne plus de rien après quatre ans d'expérience en la matière et prévoit large pour nourrir tous les gaillards. Devant mon étonnement, elle rit ! Cette vie-là, elle la connaît. Parfaitement, intégrée, elle dirige son monde qui répond à toutes ses demandes sans un faux pli. Ici, c'est le "big boss" et son équipe répond toujours présent. Il n'y a pas besoin d'autorité. C'est une équipe soudée où tout se fait dans la bonne humeur. Ils se connaissent depuis longtemps et partage une grande amitié et le même désir d'attendre leur but. Ça se voit à chaque instant dans leur complicité. Mais toujours l'efficacité. J'adore... Il n'y a jamais un ordre. C'est cool mais l'exécution est impeccable. Pour les petits nouveaux dans mon genre, eh bien ils font comme les copains. Ils suivent...
Franchie la caisse, nous nous apprêtons à sortir de la grande surface. La succession des caddies s'effectue avec douceur. Les premiers font la pause en attendant les derniers et alors que certains commencent à aller charger les sacs dans le 4x4 qui est dans le parking, Nath et moi gardons le restant des caddies près des caisses. Nath est près de moi. Elle porte une veste sur laquelle il y a le patch de la NASA. Un gamin s'approche, montre le logo et commence alors une discussion avec le petit, un autre, puis dix autres s'approchent et c'est un brouhaha de questions. J'en ai vu des regards de toutes sortes dans mon existence mais jamais je n'oublierais la lumière dans ces yeux-là. L'admiration de ces adolescents qui sans manière nous intègrent dans leur monde et rentrent à pieds joints dans le nôtre. Nathalie est bombardée de questions. Elle répond avec bonheur à tous ces ados et d'autres plus petits. Certains ont à peine 7 ans. Il en arrive de partout! J'aurais tant aimé avoir un petit-fils ou une petite-fille. J'ai eu souvent des regrets mais voir ma fille avec tous ces gosses les yeux brillants, je sais que je n'aurais plus jamais de regrets. Ils sont tous à elle ! La magie de la NASA est partout ici. Leurs représentants ici semblent être directement descendus d'un vaisseau spatial pour ces enfants. Les questions fusent sur Mars, les deux petits rovers Spirit et Opportunity, sur les projets de la NASA, sur l'Univers. Ces gosses sont beaux. Ils aiment la musique de partout, ils sont curieux de tout. Parmi eux, il y en a un qui demande de pouvoir envoyer un message sur le email de Nathalie et c'est immédiat, ils veulent tous faire pareil ! L'informatique n'a pas de secret pour eux. A voir la lumière dans leurs regards et l'intelligence palpable, le rire de ces enfants du bout du monde, je suis tranquille. La relève est assurée et pour longtemps. L'Univers, ils le touchent du bout des doigts. Pour ceux qui en doutent encore, j'ai envie de dire: "venez faire un tour ici à Antofagasta, cette ville douce au bord de l'océan où les maisons s'accrochent à flanc de cordillère comme les favelas de Rio. Venez chercher le monde du futur ici. Il y a une pépinière incroyable. Ils sont vraiment merveilleux ces enfants...
Retour à l'hôtel et nous entreprenons l'emballage de la nourriture... Il y a des montagnes de sacs en plastique partout dans le restaurant de l'hôtel (que nous avons réquisitionné et qui heureusement était vide...). Nous les vidons, organisons la nourriture dans des cartons sur lesquels nous inscrivons "petit-déjeuner", "conserves", "pâtes", etc... Nous en finissons à 20:00. Il y a enfin un petit moment de relâche jusqu'à 21:00, l'heure à laquelle nous partons pour le restaurant. Je m'essaie de plus en plus à l'anglais et je commence à y voir un peu plus clair dans ce domaine ... Nous finissons la soirée au restaurant autour d'une jolie table dans un cadre étonnant, un peu exotique mais de bon goût. Retour tardif à l'hôtel vers minuit. Les liens se nouent dans l'équipe et dépassent les barrières culturelles. Ça doit ressembler à ça le bonheur...
Michèle Cabrol
© images : APM / Michèle Cabrol.