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High Lakes Expedition |
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9 novembre: Ascension d'Escalante.
Dernière préparation avant l'ascension du Licancabur. Objectif du jour: atteindre le lac sommital à 5700m et y prélever de l'eau, des sédiments. Nous devons aussi y faire des mesures de rayonnements UV.
Les véhicules nous emmenent a 5100m, départ de l'ascension. Ce brusque passage de 4300m a 5100M en moins de 20min me fait ressentir mes premieres vraies difficultés respiratoires depuis le début de la mission. Lorsque je sors de la voiture, mon coeur bat beaucoup plus rapidemment qu'à l'accoutumée, je ressens une sorte de pression sur mes poumons et une difficulté a respirer. Par ailleurs, je me sens faible: ce matin, apres un réveil difficile, prolongé durant le petit déjeuner..., je ne me suis pas bien restauré. Je soupçonne une légère hypoglycémie qui, associée a ce mal d'altitude, me fait craindre pour mon état physique de la journée. Mes chances d'atteindre le sommet dans ces conditions sont remisent en cause... heureusement, j'ai emporté avec moi des barres de céréales et de chocolat. Durant les premières minutes de la randonnée, je peine a trouver mon souffle et mon rythme. Mais progressivement, les sucres consommés au moment du départ font leur effet et je sens des forces me revenir. Reprenant confiance, ma respiration devient plus regulière, mon état d'esprit m'aide a retrouver tous mes moyens et après 15 min de marche, je me sens complètement rebattit.
Mes forces retrouvées, je peux participer pleinement a cette nouvelle ascension en equipe, je suis heureux et fier d'etre en mesure de remplir ma tâche scientifique lorsque j'atteindrai le sommet.
Les conditions climatiques sont très changeantes et cela rend l'ascension difficile. Le froid s'associe aux rafales de vent et aux terrains instables. Selon Nathalie, c'est l'ascension la plus éprouvante qu'ait connue la mission depuis 2002... nous avons le droit à un entrainement de luxe! A 5700m, nous réalisons que le lac est encore a 15 min de là.
Quelques minutes avant, j'ai découvert mon premier cratère de volcan et en tant que géologue et passionné de ces édifices, je suis enchanté et me sens plein d'energie. Je décide sans hésiter d'accompagner Nathalie au lac sommital. Un deuxieme groupe comprenant Rob, Henry, et Christian redescend. Nathalie craint l'hypothermie dans ces conditions rudes, et a décide de limiter au minimum l'équipe se rendant au lac sommital :
Equipe qui redescend: Rob va continuer les mesures UV chaque heure.
Equipe en partance pour le lac: Nathalie va faire des prélevements de sédiments.
Matthieu doit poursuivre les prélèvements d'eau. Clay l'assistera dans cette tache. Sachant que nous avons 15 min pour réaliser cela, cette aide ne sera pas de trop.
Les conditions extrêmes que nous rencontrons arrivé au lac, le temps imposé de 15min fait redoubler mon energie et mon enthousiasme au point que je ne sens plus le froid: Ma tâche m'absorbe complètement et l'adrenaline me transporte. En 15min, les échantillons sont prélevés et stockés. Eric a pu filmer l'opération, Nathalie est fière de nous et nous pouvons redescendre. Aucune hypothermie ne sera a déplorer, le moral des troupes est au beau fixe.
Me rappelant que l'adrenaline peut aussi nous pousser a dépasser nos limites, je décide de prendre mon temps et d'être particulièrement attentif durant la descente. On n'est jamais a l'abri d'une baisse de régime et de concentration dans ces conditions. Le terrain est toujours aussi instable et les rafales de vent très fréquentes nous prennent par surprise. En une heure environ, nous sommes aux voitures, fiers d'avoir pu réaliser notre tache et d'avoir vaincu de telles conditions.
12-13 novembre : Préparation à la plongée.
Cette année, la plongée dans le lac du cratère du Licancabur se fera au moyen de bouteilles d’oxygène pour gagner en temps sous l’eau (30 min environ) et en liberté d’action. C’est également pour des raisons de sécurité que la mission a abandonné la plongée en apnée, technique qu’elle avait adoptée durant les missions précédentes.
Afin de se préparer pour cette nouvelle étape, Nathalie s’est entourée d’une équipe de plongeurs expérimentés, dont Eric, plongeur professionnel et responsable de l’équipe de plongée, et Randy, l’un des meilleur spécialiste américain des questions de sécurité en plongée. Aujourd’hui, l’équipe de plongée assistée par les « squires », assistants de plongée, sont réunis autour de la piscine de notre hotel De San Pedro de Atacama (où nous sommes revenus pour cette préparation.) pour parfaire son entrainement débuté à NASA Ames, Californie, quelques mois avant le début de la mission. Randy est spécialement venu à San Pedro de Atacama pour diriger cette séance qui a des allures de « répétition finale ».
Beaucoup de points sont à travailler :
-perfectionnement de la formation d’Eric concernant la direction de missions de plongée : cette formation traite notamment des questions de sécurités imposées par la NASA.
-ajustement des poids aidant les plongeurs dans leur descente au fond du lac.
Après une journée de travail sous l’eau et hors de l’eau, Nathalie et Randy décident de prolonger d’un jour la préparation. Le lendemain, l’équipe de plongée est mise en situation réelle et enchaîne les deux plongées : Au cours de la première, Nathalie dirigera les opérations scientifiques visant à étudier la biodiversité du lac, tandis que Rob et Clay filmeront l’opération. Rob dirigera la deuxième au cours de laquel il réalisera un « transect », prélevant des échantillons de sédiments le long d’un diamètre du lac. Dans la piscine, Rob et Nathalie se contenteront de mimer l’échantillonage, ajustant la position des filets de stockage, l’efficacité et la rapidité de la prise d’échantillon.
Quelques problèmes, au moment des sorties de l’eau, ont été remarqués. Voilà une vertue des entrainements, celle de mettre en lumière les irrégularité afin d’y remédier au plus vite….et de se préserver de tout danger durant l’opération réelle.
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Photo 1 : Randy aidant Nathalie à ajuster sa bouteille d’oxygène.
Photo 2 : Rob, paré à plonger, Christian, « squire » de Nathalie, Nathalie, Randy, Matthieu « squire » de Clay, Clay, Eric avec le manuel de securité en plongée.
Photo 3 : Manuel de sécurité en plongée, spécialemment adapté aux conditions de l’expédition. Eric en est le propriétaire.
Photo 4 : Caméra sous marine dont vont se servir les plongeurs.
16 novembre- 20 novembre: Le temple, Licancabur.
Nous voici enfin prêt pour l’ascension de ce volcan sacré. Physiquement et scientifiquement, nous avons pu nous préparer Durant ces dernières semaines. Celà fait deux jours que nous préparons les bagages et équipement pour les porteurs qui ont déjà débutés les rotations: Ils se dirigent soit vers le camp de mi-parcours, soit vers le camp sommital.
Nous partons pour 5 jours sur les pentes de ce volcan. Pour certains, c’est une première, pour d’autres, la 5em…pour tous, c’est l’évènement de l’expédition.
Nous partons le 16 de 4500m pour rejoindre le camp de mi-parcours à 5400m. Le temps est propice, et nous prenons le temps. Nous atteignons le “camp” en milieu d’après midi, les troupes vont bien. Le lendemain est plus compliqué. Certains ont passé une mauvaise nuit et les jambes sont encore lourdes de la veille. Henry se voit oblige d’arrêter et doit redescendre. C’est un coup dur pour l’équipe car Henry était un peu les yeux et les oreilles de l’expédition, c’est lui qui tenait de main de maître le site web de la mission. Il était surtout un bon équipier très volontaire, et nous ne savons s’il pourra revenir. Nous poursuivons donc sur un terrain qui deviendra de plus en plus difficile, roccailleux et parfois dangereux. Arrivé au camp sommital, la surprise est que le cratère se trouve encore à 1h de marche… Ce sera pour le lendemain. De cette altitude, 5900m, la vue est imprenable sur les volcans de la région, nous les voyons d’en haut.
Le soir, je passe une mauvaise nuit dans la tente, l’altitude et la fatigue de la journée doivent y être pour quelque chose. Mais je ne cesse de me dire que j’ai de la chance d’être là, celà me donne de la force et de l’énergie pour poursuivre le lendemain qui sera chargé:
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Christian devant notre tente au camp sommital.
Le sommet, 18 novembre:
La Science: -Echantillonnage des sediments du lac par Nathalie, et de l’eau par Matthieu.
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Eric et les plongeurs
Premier jour de plongée: 19 novembre:
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C’est la première mise en situation réelle, tous les plongeurs et leurs squires sont un peu nerveux. Minutieusement, tout est prépare afin que cette première opération soit un succès: Nathalie sera la responsable de la plongée visant à étudier et à échantillonner la biodiversité du lac. Au cours de cette première étape, Nathalie découvrira au bord du rivage une série de concrétions blanches recouvrant une masse verte ressemblant à des colonies d’algues. Inutile de préciser que celà est bien conservé et prêt à être envoyer pour analyse dans les laboratories partenaires.
A la suite de celà, les plongeurs se sont interrogés sur la possibilité de réaliser la deuxième plongée directement après. Mais Nathalie et Eric, de concert, décident que l’heure avancée (15h30) nous amenerait a réaliser une sortie d’eau au moment ou le vent est le plus froid et fort de la journée. Nous ne désirons pas prendre de risque, même si la volonté et le physique est là. C’est avec un grand respect et une grande joie que Randy apprendra cette nouvelle au refuge.
20 novembre: Transect et retour.
Toute l’équipe repars a l’assault des pentes du Licancabur, pour une deuxième plongée qui devra mener les plongeurs dans les profondeurs du lac: environ 5m. Celà peut parraître dérisoire,mais dans ces conditions, à cette altitude et dans cette nuée de microorganismes défilant devant les masques de nos plongeurs, celà a des allures d’abysses… Nous avons toute la matinee pour réaliser cette deuxième plongée. Nous abordons donc de manière détendus cette journée.
Lorsque les plongeurs entrent dans le lac, nous savons que c’est le dernier plongeon… Il doit être exceptionnel selon les mots d’Eric lors des consignes de depart. Ce fut le cas. Rob, selon les dires de Nathalie, était absorbé par ses prises d’échantillons, Nathalie elle se promenait avec sa caméra, parfois à 5 mètres des deux autres et Clay faisait des figures géométriques…avec ses palmes pour éviter de perturber les fonds sablonneux… (en vérité, il avouera qu’il a eu un problème de répartition du poids le long de son corps qui a rendu ses jambes et palmes trop légères.). 25 min après, le trio de plongeurs sortent de l’eau heureux et reviennent à le nage vers nous. Ils resteront sous oxygène médicale Durant 30 min pour récupérer de l’effort qu’il viennent de fournir, tout le monde est en très bonne forme. Cete dernière était une apothéose, tout le monde se félicite.
Il nous reste à analyser les échantillons et à découvrir se qui se cache effectivement au fond de ce lac…
15h, 20 novembre.
Juste avant de redescendre, Cristian propose de me montrer un autel Inca situé sur la crête du volcan. Nathalie nous donne le feu vert pour nous y rendre, nous devrons rattraper le groupe. Là bas, Cristian m’explique qu’à cet endroit, autrefois, les Incas allumait, à l’occasion d’ une fête religieuse, un feu qui se voyait à plusieurs kilomètres à la ronde. En même temps, au sommet des deux autres volcans sacrés, le Llullaillaco et le Chajnantor, deux autres feux était allumés qui illuminaient toute la région. Alors que Cristian me raccontait cela, je m’ imaginais la scène et me retrouvait propulsé des siècles dans le passé, à 6000 mètres d’altitude…unique.
Après l’emballage de nos affaires et du camp sommital, nous redescendons vers le refuge non sans une pointe de nostalgie. Ce volcan nous a accueilli dans son sein pendant 3 jours qui furent extrêmement intenses, et nous devons lui dire adieu à présent. En deux heures 10 min précise, un record…, nous sommes aux véhicules qui nous reconduisent au refuge…d’où nous nous rendrons à San Pedro le lendemain pour des douches bien méritées…et pour fêter cette réussite comme il se doit!
Nathalie, étant donné l’intensité des moments passé au Licancabur, a demandé à chacun des membres de l’équipe de donner un témoignage personnel sur son experience qui sera publie sur notre site en anglais. Je vous traduit ici mes impressions et vous renvoie au site officiel pour les témoignages de mes cohéquipiers.
Mise en ligne : Anthony Rocher