High Lakes Expedition


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30 Octobre et 31 Octobre 2006 : Histoire de désert

Nous partons vers 10H30 en direction de la frontière bolivienne, donc cap au Nord Est. Immédiatement, nous commençons à nous élever en altitude jusqu’à atteindre la crête de la cordière de la côte. S’ouvre alors devant nous une vaste étendue qui semble mouvante sous la chaleur du soleil qui reigne en maître ici. Tout est jaune-ocre, un désert de pierres sans fin, une sorte de « reg » Andin. C’est le désert d’Atacama.
Sur la route, des mines de cuivre, minéral qui est la premiere ressource naturelle du Chili. Nous croisons en particulier celle de Chuquicamata qui est la plus grande mine de cuivre du monde, la deuxième toutes ressources confondues. Elles parraissent sortir de terre, des masses d’acier anguleuses à tapis roulants, engins perçants des galeries dans les flancs des montagnes dont nous percevons les entrées de temps à autres. S’il nous arrive de croiser des pueblos –petites villes-, c’est que des installations minières ne sont pas loin… Tout semble fonctionner grâce aux mines, et fonctionne pour la mine. Ce n’est pas sans me rappeler ma Lorraine natale dans notre lointaine…France. Par moment, nous croisons un panneau indiquant, ex-pueblo », vestige d’un lieu qui autrefois, lui aussi, vivait autour d’une mine aujourd’hui tombée à l’abandon. Depuis 1920, avec la mondialisation affectant les exploitations minières, la concurrence affecte l’économie de cette région.
Durant tous le trajet nous apercevons des mirages « chauds » reflètant le ciel au pied des collines, à l’horizon.
Lorsque nous approchons de notre destination, une oasis surgit en contrebas d’un léger relief dont nous amorçons la descente : 2300 m d’altitude, nous arrivons à  San Pedro d’Atacama.
Ville touristique a l’évidence…je n’ai jamais rencontré autant de français au kilomètre carré dans une ville étrangère. C’est le point de départ des treks vers les volcans de la cordillère des Andes, dont le Licancabur qui surplombe majestueusement la ville.
A peine arrivés, nous nous trouvons immergés dans un restaurant organisé autour d’un feu de bois, au millieu des ombres et de la chaleur de cette source qui nous réchauffe, car les soirées sont fraîches dans le désert d’Atacama. Nous avons la chance d’être plongé un peu plus dans l’univers de cette oasis de l’Atacama par un groupe local nous interprettant une dizaine d’hymnes Andins. Nos discussions sont rythmées par les accords du charango –instrument à corde Andin qui se joue comme une mandoline et qui ressemble à une micro-guitard.- et active encore un peu plus la cohésion du groupe.
 
Le lendemain matin, nous avons rendez-vous avec Eric pour un « examen » physique qui consiste à mesurer notre taux d’oxygénation, notre poul et notre tension à cette altitude qui est un premier test. Nous sommes tous autour de 94% pour le taux d’oxygénation. ce qui est bon. (94% de nos globules rouges transportent de l’oxygène vers les organes. Avec l’altitude, ce taux ira diminuant, ce qui pourra être responsable du mal de montagne.)
 L’après midi, nous partons à la visite de structures géologiques fascinantes : la Vallée de la Mort, la Vallée de la Lune et le Salar d’Atacama. C’est l’occasion pour moi de découvrir d’autres structures et de diversifier mes références géologiques en compagnie de Nathalie et de Edmond qui m’expliquent avec beaucoup d’interêt l’histoire géologique de cette région. Tout l’équipe est interessée par cette dimension très géologique de notre après-midi, les questions fusent. Nous finissons la visite par un coucher de soleil splendide sur une dune de sable dont les couleurs sont passées du jaune clair au pourpre et marron clair à mesure que le soleil descendait sur l’horizon. Ce fut magique. De cette dune, je n’ai cessé d’observer le Licancabur. Peut être est-ce pour moi un moyen de rendre ce volcan de 6000m moins « impressionnant ». A mesure que je l’observais, que j’en découvrais les détails, de loin pour l’instant…, j’avais l’impression que nous commençions à nous « apprivoiser » ; et petit à petit mon sentiment est passé, d’une fascination faite d’un brin d’anxiosité fasse à ce géant géologique de plus de 6000m, à une excitation intérieure et une énergie me rendant à présent impatient de fouler ses pentes pour atteindre le lac sommital qui devrait nous révéler bien des secrets. Le moment approche, nous sommes tous désireux d’y être.

Membres de l’équipe mentionnés.
Edmond : Hydrologue et planétologue, il est chercheur à l’institut SETI en Californie. Il connaît très bien la région, ainsi que ses légendes. C’est le doyen de l’équipe, son savoir scientifique et sa connaissance de l’humain sert à la cohésion de notre équipe.

Matthieu Galvez