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High Lakes Expedition |
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Licancabur et Poquentica 2005Du 20 octobre au 24 novembre |
Comme je regrette de ne pas avoir eu de caméra vidéo pour faire un film de tout ce que j'ai vu depuis mon arrivée au Chili et en Bolivie. Je reçois des milliers d'images, d'impressions que j'aurais aimé filmer. Bien sur, il y a toutes les photographies que l'équipe prend à chaque instant. Il y aura aussi de quoi parler pendant des heures. Si je dis ça en préambule, c'est qu'aujourd'hui encore j'ai reçu un grand choc.
Nous avons pris la route ce matin pour le Salar de Uyuni. Nous avons rapidement quitté la ville et nous sommes retrouvés dans une sorte de grand désert. Après plusieurs kilomètres, le paysage a brusquement changé : un mélange de couleur ocre constituée de sable et de sel nous sert d'entrée en matière. Nous arrivons à un petit village où se trouve des marchands de souvenirs, rien qui ne retienne vraiment l'attention. Macario qui a fait le voyage nous pilote en toute occasion et nous emmène dans une petite cours ou se trouve un four qui brûle sans arêt, nourri par l'herbe qui pousse dans le désert. Il s'agit de faire sécher le sel qui vient du Salar. Après quoi, nous entrons dans une bâtisse où se trouve une femme assise devant une flamme tirée d'une bouteille de gaz. Avec la flamme, elle scelle des petits paquets de 1 kilo de sel. Elle en traite ainsi 4 tonnes chaque jour pour un pris de vente totalement dérisoire de 4 ou 5 boliviens par sac (environ 60 centimes d'euro). J'ai pu photographier tout son travail ce qui est un évènement à Uyuni où les gens ne se laissent pas photographier nécessairement et demandent jusqu'à 10 dollars par photo ! Ce ne sont pas les boliviens de Laguna Blanca. Ceux-là ont appris le sens du commerce...
Mais revenons plutôt au Salar. Nous quittons la petite entreprise où se trouve l'unique machine à traiter le sel pour nous enfoncer sur plus de 100 kilomètres sur cette immense surface blanche. Le Salar de Uyuni, c'est 12 000 kilometres carrés sur 6 mètres d'épaisseur de sel à 3600 metres d'altitude. Nous nous arrêtons pour prendre des photos et je suis frappée par l'horizon. Il semble tout proche et sa courbure est parfaitement dessinée.
Nous remontons en voiture et le chauffeur accèlere jusqu'à 100 km/h. J'ai l'impression incroyable que nous allons décoller et plonger dans le bleu du ciel. Dans toute cette blancheur, il est difficile de garder des répères. Nous apercevons depuis la voiture une masse sombre qui semble très proche. En fait, nous roulons longtemps avant de la rejoindre. Il s'agit d'une ancienne île perdue en plein salar : Incaguasi. C'est une vision a couper le souffle. Elle est constituée de stromatolites du bas jusqu'au sommet et pour ajouter à son étrangeté, il y pousse des chandeliers (cactus) qui peuvent atteindre 15 mètres de haut. De toute ma vie, je n'ai jamais vu des géants pareils. Actuellement, ici c'est le printemps et ils sont en fleurs. Les Incas ont vecu sur cette île et il en reste des vestiges, comme des puits, des maisons et une grotte impressionnante qui domine le salar.
Nous avons fait le tour de l'ile et ascensionne ce petit paradis perdu dans cette blancheur immaculee. Ca restera une vision inoubliable.
Nous avons pris le chemin du retour et Juan, notre chauffeur, nous a fait descendre de voiture pour nous montrer des trous dans la surface salée. Les gens des environs y récupèrent des cristaux de sel, une véritable provende ! Je ramène en France des merveilles. Les cristaux sont très gros et groupés en masse. J'espère qu'il ne leur arrivera rien au cours du voyage qu'il me reste à parcourir. Ce sont des trésors inestimables qui symbolisent toute la beauté de la nature. Nous sommes de retour à l'hotel. Encore une nuit avant le départ pour Oruro. Des heures de pistes nous attendent demain toute la journée. Nous remontons toujours vers le Nord, vers un peu plus de douceur.
Michèle Cabrol
© images : APM / Michèle Cabrol.