High Lakes Expedition


Licancabur et Poquentica 2005

Du 20 octobre au 24 novembre

21:45 Nous voici a nouveau tous ensemble autour d'un table. Un pianiste nous joue "les feuilles mortes" façon Jazzy. J'avoue que mon plaisir est un peu mitige. J'ai aime les musiciens andins hier au soir. La rive gauche ici ce n'est pas sa place et ça m'agace un peu après la belle journée que nous avons passe. Bon, enfin... Un ange passe!

Ce matin, lever a 6:45 après quelques heures de bon sommeil. Je rencontre Peter, le poète de l'équipe, plus de deux mètres de haut et la tête complètement dans la Lune. Nous partageons le petit déjeuner et il me montre les photos prisent hier. Il y en a tout un tas: Nathalie aidera a la sélection pour la partie éducative et le site internet.

Le reste du bataillon arrive. C'est une heure tranquille. Chacun chasse le reste de sommeil de la nuit. Ensuite, Nathalie confirme que la matinée est a chacun. Je saute dans mes chaussures de marche, ajuste mon sac à dos et commence a explorer San Pedro. Depuis notre arrivée, je n'arrivais pas a définir le statut de cet endroit que je pensais être une ville. Ce n'est en fait ni une ville, ni un village mais une oasis. J'arpente chacune de ses rues. J'ai un coup de fil a donner a Paris et il me faut attendre patiemment l'ouverture, itou pour la poste. Ici on ne timbre pas, on "estampille" mais pas a 10:00 du matin, seulement a midi. Allez savoir pourquoi... Je m'attache a vivre au rythme de ces gens adorables. Je file ensuite au musée de l'Universidad Catolica del Norte. J'y passe un heure a la découverte de ce peuple, les Atacamenos, au passe extraordinaire. En sortant, j'ai vraiment le sentiment de ne pas avoir perdu mon temps. Au coin des rues, il m'arrive de croiser des membres de l'équipe qui font comme moi et se relaxent avant de monter au refuge demain.

A 15:30, départ pour la "Vallée de la Muerte". Nous sommes parés pour le terrain et la découverte est de taille... La Vallée de la Muerte est une accumulation de sédiments marins déposés par la mer il y a 300 millions d'années. Les images vous décrirons en détail le sentiment incroyable devant ces massifs rouges intercales de dépôts de gypse et plus récemment de dépôts torrentiels. L'histoire de la Terre inscrite dans la pierre... Les massifs sont érodés en festons, ce qui leur donne une allure de sauriens assemblés en troupeaux. Pas étonnant que les locaux aient baptisé cet endroit particulier "Baja de los dinosauros" (la baie de dinosaures).

Nathalie donne un cours magistral de géologie. Je regarde autour de moi. Tout est si beau et si parfait. Ici la nature est une grande dame et tout est en harmonie. Je ramène des pierres de toutes sortes (gypse, de toutes formes). Apres notre visite dans ce lieu étrange et si insolite, nous filons vers la Vallée de la Lune, plus étonnante encore. Elle fait partie du Salar d'Atacama. Ici, une autre forme de sel : halite. Elle brille de tous ces feux au soleil. Elle est partout. Nous devons nous acharner pour en extraire quelques échantillons fortement ancres dans le sol. C'est curieux. Je trouve que ça ressemble un peu au gypse mais j'apprends par Nathalie qu'il est très facile de faire la différence. Il suffit de mettre sa langue dessus (ah ces géologues...).Yeuk... Ouaip, l'halite est vraiment... très salée. Finalement, nous en décrochons un bout. Ca fera des heureux!

Demain nous partons au refuge ou nous nous mettrons tout de suite au travail. J'espère pouvoir ramener quelques échantillons de stromatolites fossiles pour compléter la collection.

Pour terminer l'après-midi, nous avons escalade une dune de plus de 100 mètres de haut pour y attendre le coucher du Soleil. L'endroit s'appelle "La Puerta del Sol". Quand le Soleil s'est couche derrière la dune, la Cordillère des Andes s'est enflammée littéralement et la chaîne des volcans autour du Licancabur est devenue rose, puis mauve. J'espère que les photos pourront vous faire partager l'émotion du moment.

Demain nous laissons derrière tout le confort derrière nous mais nous sommes heureux. Ce soir, c'est déjà un peu demain et nous rêvons tous. Cet océan disparu nous a ouvert a tous son livre d'histoire, l'histoire des Andes.

Michèle Cabrol

© images : APM / Michèle Cabrol.