![]() |
High Lakes Expedition |
![]() |
Licancabur et Poquentica 2005Du 20 octobre au 24 novembre |
Départ de San Pedro a 11:30 ce matin. Nous passons à la douane chilienne a 11:45. Nous suivons la route qui mène en Argentine à 40 km d'ici pendant quelques centaines de mètres et puis nous bifurquons a gauche. L'altiplano s'impose devant nous. Nous filons vers la Bolivie maintenant. La température commence a changer, c'est le moins que l'on puisse dire... mais l'altitude aussi !Mais ce n'est pas pour nous décourager. Le Licancabur est partout, imposant et nous découvrons de la neige sur ses flancs. Du côté chilien il y en a très peu mais au passage de la douane bolivienne a 12:10, nous nous rendons compte que nous allons sûrement nous "amuser"... Beaucoup de neige comparé aux années précédentes mais la route du sommet semble ouverte. Nous arrivons au refuge à 12:40. Nous apprenons que le lac a presque 6000 m est gelé en profondeur, peut-être 70 cm de glace. Conséquences de El Nino me dit Nath. Pas de plongée cette année...
Vers 13:45 nous passons à table. Une bonne soupe nous remet d'aplomb et nous réchauffe. Tout le monde a l'air de tenir le coup. Personne ne souffre de l'altitude. C'est déjà ça. Ce soir je suis un peu fatiguée avec un léger mal de tête mais nous venons de faire le tour de Laguna Blanca et de Laguna Verde pour vérifier les stations UV et autres instruments qui ont intégré des données depuis un an. Les quatre petits nouveaux de l'équipe (y compris moi) que Nath a emmené pour ce tour n'en reviennent pas. Ce paysage est complètement hors du temps. Les boliviens sont tannés et burinés. Leur visage exprime l'environnement extrême dans lequel ils vivent. Ils sont tellement gentils, accueillants et serviables. Nath nous a presenté Macario le guide, Marcelo, un jeune porteur maintenant étudiant mais qui reste fidèle a l'équipe, Mayel qui s'occupe de l'équipement en Bolivie. La cuisinière est une femme sans âge dans ces habits typiquement boliviens. Elle fait de l'excellente cuisine diététique. A côté des boliviens nous paraissons bien fragiles. Rien dans cette nature n'est adapté à ce que nous sommes : le froid est partout, le vent souffle si fort a pratiquement 100 km/h sur Laguna Verde qu'il nous ahurit. Ce soir, par chance, il est finalement tombé. La nuit arrive maintenant a grand pas. Le ciel est flamboyant, les montagnes et les volcans se découpent dans cet espace que rien n'occulte. J'ai pu mesurer ce qui nous attend en contemplant le Licancabur cette après-midi. Selon Macario, et d'après ce que je vois, il y a de grande chance que nous dormions dans la neige. Mais nous n'en sommes pas la.
Nathalie est très occupée et je vais devoir raccourcir mes récits (parce que c'est elle qui les tape). J'éprouve au contact de ce que je vois tant d'émotions... Peut-être aurais-je un jour l'occasion de la partager. En attendant, je m'arme contre le froid en superposant les vêtements avec bonnet et gants. Je crois qu'en plus, la fatigue de ces derniers jours et les émotions devant toutes ces merveilles me guident tout droit vers mon duvet ce soir et la tête la première encore!
Nous sommes un peu réduit au style "rapport de police" car nous sommes limites à nouveau dans les communications mais je n'oublierais jamais ce que je vois depuis le 20 Octobre. Il me faudrait des heures et des pages pour traduire tout ça... et ça ne fait que commencer...
Amitiés,
Michèle Cabrol
© images : APM / Michèle Cabrol.