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High Lakes Expedition |
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Licancabur et Poquentica 2005Du 20 octobre au 24 novembre |
Ce matin c'est un vent inouï qui nous a réveillé. Bizarrement, il ne fait pas vraiment froid. Il faut dire que nous ne sortons jamais sans cagoule ou bonnet, sans pull-over polaire, pull-over et blouson défiant toutes températures. Je ne parle même pas du pantalon et sous pantalons et des deux paires de chaussettes plus les chaussures de montagnes !!!
Ce matin après le "breakfast", nous nous sommes encore dispatchés en petits groupes autour des deux lagunes. Je suis repartie aujourd'hui avec Edmond, Marcelo et Andy. Nous sommes retournés aux stations UV pour compléter notre travail d'hier. J'en ai profité cette fois pour photographier Laguna Verde dont l'eau hésite entre le turquoise et le vert d'eau. L'endroit est un pur joyau. Nous y avons croisé un groupe de 9 cigognes qui étaient venues s'abreuver. Quand on pense que la teneur en sel est trois fois celle de la mer... ça donne a réfléchir !
Le chauffeur nous a ramené au refuge par le "chemin des écoliers" ainsi j'ai pu faire le tour complet de la lagune. Beaucoup d'émotions encore dans ce paysage que les photos du web traduirons un peu je l'espère.
Après le repas, j'ai appris que nous partions demain pour notre première ascension d'entraînement sur les pentes de Juriques. Nous irons jusqu'a 5400 m ce qui est une altitude raisonnable pour une première mise en jambe (c'est tout de même 600 mètres au-dessus du sommet du Mont-Blanc quand j'y pense...). Ensuite il y aura un second entraînement jusqu'au camp 1 du Licancabur dans 3 jours et le 1er Novembre se sera le Licancabur. Il faut espérer que le vent se calmera un peu...
Cet après-midi nous avions projeté d'aller piquer une tête dans "Thermales", la source thermale sur la lagune et qui est la chose la plus proche d'une gigantesque [douche - ndr] dans les environs, mais Nath nous l'a déconseillé a cause du vent qui hésite entre 60 et 80 km/heure. Sortir d'une eau a 36 degrés dans une atmosphère à 5 degrés par un vent pareil et c'est la pneumonie assurée...
Enfin, je me rends compte que depuis que nous sommes arrivés, je n'ai pas encore décrit le refuge dans lequel nous vivons. Il faut que vous imaginiez une construction en brique de terre cuite, rudimentaire. Il y a une sorte de long couloir qui dessert les quatre dortoirs comportant chacun quatre lits superposés. Nous y dormons à trois, utilisant les lits supérieurs pour poser nos affaires. C'est un petit espace d'intimité dans un endroit où il est difficile d'être seul, même un moment. La salle à manger est vaste, suffisamment pour que les touristes qui passent le matin puissent y prendre un petit-déjeuner.
Le refuge se situe sur un promontoire qui domine Laguna Blanca sur une belle hauteur. Il y règne une activité permanente. Nous accaparons pour notre part trois chauffeurs et trois 4x4. Ils nous amènent sur les sites ou nous faisons nos expériences et nous ramènent au refuge a l'heure des repas ou du thé si nous ne sommes pas trop tard.
C'est une organisation bien huilée chez nos amis boliviens qui ne rechignent jamais a nous emmener et à attendre des heures que nous ayons fini. Souvent nous les emmenons avec nous sur le terrain et nous leur expliquons ce que nous faisons. Le refuge est pour la plupart d'entre eux une seconde maison. Macario, notre guide, n'a pas vu sa famille depuis le mois de juillet ! Il doit se contenter du travail qu'il trouve ici pour gagner sa vie. Pas de confort, pas de famille mais des amis et notre respect infini et il ne s'y trompe pas.
Les jours passent vite ici. J'ai quitté Saint-Amand le 28 septembre, ce qui fera un mois demain. Je n'ai pas vu le temps passer.
Ici, à 4400 m, je commence a me sentir comme chez moi. Demain c'est l'inconnu mais je ne voudrais pas manquer ça pour un empire. A demain soir... si nous ne rentrons pas trop tard. Je vous raconterai nos aventures et mes impressions.
Michèle Cabrol
© images : APM / Michèle Cabrol.