High Lakes Expedition


Licancabur et Poquentica 2005

Du 20 octobre au 24 novembre

9:50. Il fait un temps magnifique et le vent souffle un peu moins fort. Nous sommes tous emmitouflés pour l'ascension de Juriques. Nath a donné ses recommandations qui seront suivies a la lettre comme d'habitude: Nous avons deux 4x4 qui nous attendent et le meilleur guides des Andes, Macario pour nous tracer la route.

Arrivée au pied de Juriques, je ne dis rien mais je ne pense pas moins. Notre but est le second sommet du volcan à 5200 mètres (une mise en jambe selon Nath…). Je vais m'avaler plus haut que le Mont Blanc. La pente est complètement extravagante et qui plus est, nous avons le choix entre les rochers de lave et la cendre. Chacun se place en file indienne. Les petits nouveaux comme moi, qui sont moins expérimentés sont abrités au milieu des autres qui ont déjà derrière eux deux ou trois expéditions. Moi qui n'aie vu des montagnes qu'à la télévision, je me trouve derrière Peter, le double mètre (je fais 1m50 :) et Edmond qui lui ne compte plus les heures de "grimpe". Je m'essouffle. Le vent s'est mis a souffler dès le lever du jour. Dès la sortie du lit, je savais que je n'étais pas a 100%. J'avance lentement comme Peter et le reste de la troupe. Macario, notre guide, a reçu des ordres très précis : aller doucement pour les petits nouveaux. On ne fera pas d'exploit pour ce qui est du temps mais nous vaincrons notre souffrance dûe au manque d'oxygène et l'incroyable difficulté que représente cette montagne. Nous sommes partis de 4500 m. Cette montagne ne nous laisse aucun temps mort, aucun repos. Arrivés à la hauteur du Mont-Blanc, nous nous asseyons pour fêter l'évènement. A l'occasion, j'aimerais bien monter au sommet du Mont-Blanc ! Alors que nous montons, toute la beauté de l'Altiplano se déploie devant nous : ses volcans entre 5000 et 6000 m, Laguna Verde qui est de plus en plus turquoise, et cet incroyable mélange de brun, ocre et blanc contre le ciel bleu électrique. Ici, la beauté est à l'état pur, une terre primordiale.

Au bout de quelques minutes, nous repartons et nous ne sommes pas encore arrivés malgré que les "Red Banks", murs de roches rouges qui annoncent l'arrivée au second sommet de Juriques semblent a portée de mains. Ce n'est pourtant pas le cas mais finalement nous atteignons le sommet a 5200 m vers 15:00. Il y a un vent soutenu a plus de 100 km/h. Juste le temps de quelques photos et nous fuyons nous réfugier derrière les Red Banks pendant un cours instant. Il se fait tard et nous devons redescendre.

La descente n'est pas de tout repos. Le pierrier ne nous laisse pas une seconde de répit et je ne suis pas une chèvre!…Il s'en faut mais curieusement, je n'ai plus le vertige! Arrives aux voitures, nous partons a Thermales. Il est 17:10 et le soleil commence a glisser sur les crêtes. Il ne fait pas vraiment chaud mais nous sommes si poussiéreux qu'un bain a 35degres ne se refuse pas. Tous, garçons et filles, a l'eau! Le problème, c'est d'en sortir. Il doit faire autour de -5 degrés, peut-être moins. Ce que nous venons de faire a Juriques n'était déjà pas facile mais sortir de l'eau chaude par une pareille température, je vous jure que ça fouette le sang. Nous rentrons vite au refuge pour changer de vêtements. Un thé bien chaud nous attend, suivi une heure plus tard d'une soupe nourrissante, petites saucisses maigres, délicieuses avec du riz blanc.

Repas termine, je saute sur ma plume mais Nath est fatiguée ce soir. Elle connaît bien Juriques et rien ne lui fait peur mais elle ne tapera pas mon petit journal aujourd'hui.

Enfin, sur la liste des trois volcans, j'ai reçu mon baptême pour le premier. Vous pouvez rayer Juriques des tablettes! Maintenant, il faut se préparer pour Licancabur et Poquentica. Ce soir le couvre-feu ne va pas tarder. Les uns et les autres disparaissent rapidement dans les dortoirs. Je n'échappe pas à la règle. Bonne nuit !

Michèle Cabrol

© images : APM / Michèle Cabrol.