Comparaison des méthodes employées par la NASA et par l'ESA pour l'estimation des coûts de missions martiennes habitées |
| Charles D.Hunt NASA MSFC Huntsville |
Michel O.Van Pelt ESA-ESTEC Noordwijk ZH, Pays Bas |
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Traduction de l'anglais par Etienne Martinache
INTRODUCTION Grâce aux récentes découvertes des satellites et atterrisseurs envoyés sur la Planète Rouge par la NASA et l'Agence Spatiale Européenne, nous assistons à un regain d'intérêt de la part de la communauté scientifique, de l'opinion publique et de la classe politique pour les missions martiennes habitées. Il semble qu'il y ait sur Mars d'énormes quantités d'eau, actuellement piégées sous forme de glace souterraine, mais qui auraient pu jadis recouvrir la surface d'océans et de rivières. Il se peut que Mars ait abrité la vie dans le passé et il y a même une faible chance que des organismes simples survivent encore aujourd'hui sur la planète aride et poussiéreuse qu'elle est devenue. La NASA et l'ESA commencent à étudier sérieusement les missions habitées vers Mars. Les deux agences ressentent donc de plus en plus le besoin de développer des méthodologies et des outils précis d'estimation des coûts de grands projets internationaux, et en particulier des projets de missions martiennes habitées. Afin de comparer les méthodes de travail des départements de chiffrage des coûts d'ingénierie du " Marshall Space Flight Research and Technology Centre " (MSFC) et du " Centre de Technologie et de Recherche Spatiale Européenne " (ESTEC) et aussi de se doter en capacités de chiffrage de coûts d'ingénierie pour de futurs projets de missions martiennes habitées et d'autres études mettant en œuvre des technologies de sous systèmes similaires au MSFC et à l'ESTEC, nous avons effectué un exercice d'estimation de coût à titre de démonstration. Cet exercice était une manière simple, d'abord de renforcer la coopération entre les deux agences, mais aussi de tester leur volonté d'effectuer des analyses de coût crédibles. Les ingénieurs responsables des devis au MSFC et à l'ESTEC ont effectué chacun de leur côté des estimations du coût d'un projet de référence de mission martienne habitée sur toute la vie du projet puis comparé en détail leurs résultats et leurs méthodes d'estimation. Nous avons choisi comme projet de référence le concept de mission martienne habitée " Mars Direct " car ce projet appartient au domaine public. Remarquons bien que l'objectif de cet exercice n'était pas d'entériner d'une façon ou d'une autre telle ou telle architecture de mission. Nous avons choisi Mars Direct parce qu'il ne contient pas d'éléments confidentiels, qu'il appartient au domaine public et qu'il intègre au départ tous les éléments d'une mission interplanétaire habitée type. Les chiffres citées à la fin de cet article ne sont présentées qu'à titre d'éléments comparatifs de méthodes de chiffrage. Des études en cours, tant à l'ESA qu'à la NASA, ont pour objet une analyse plus fine et plus exhaustive (c'est-à-dire incluant sécurité, opérabilité et performance) de plusieurs architectures. Il se peut que les résultats de ces exercices concordent, ou ne concordent pas, avec les conclusions de notre évaluation. L'étude présentée dans cet article s'intéresse plus à la manière d'évaluer les coûts qu'au résultat proprement dit. L'exercice décrit dans cet article fut conçu et achevé avant la déclaration du président Bush sur l'exploration spatiale, et l'architecture évoquée et les coûts cités n'ont pas de rapport avec cette proposition. Pourtant, comme l'initiative d'exploration impliquera probablement une certaine forme de coopération internationale, les connaissances acquises sur les méthodes d'estimation de coût de tels programmes par la NASA et de l'ESA sont certainement utiles et pertinentes.
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