Comparaison des méthodes employées par la NASA et par l'ESA pour l'estimation des coûts de missions martiennes habitées |
| Charles D.Hunt NASA MSFC Huntsville |
Michel O.Van Pelt ESA-ESTEC Noordwijk ZH, Pays Bas |
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Traduction de l'anglais par Etienne Martinache
OUTILS D'ESTIMATION DE COÛTS Les estimations de la NASA sont essentiellement basées sur le " NASA Air Force Cost Model " (NAFCOM version 2002) pour les évaluations des coûts du matériel et les COMET/OCM (version de novembre 2003) pour les évaluations des coûts de soutien et des coûts de fonctionnement. Les autres outils d'estimation et méthodologies secondaires étaient:
Plus de 60% des évaluations de la NASA furent effectuées avec NAFCOM qui a deux méthodologies d'estimation distinctes:
NAFCOM est l'outil de base utilisé par la NASA pour estimer les coûts de ses lanceurs et de ses satellites. Le gros avantage de NAFCOM pour l'exercice Mars Direct est sa base de données qui bénéficie des apports des missions Gemini, Apollo, Skylab et Navettes. Ces données reflètent directement des expériences de vols spatiaux habités et concernent des exigences et des systèmes similaires à ceux du programme Mars Direct. Mais ces données sont assez anciennes et font parfois référence à des technologies et méthodologies obsolètes. Pour surmonter cette difficulté, les données historiques ont été corrigées par l'introduction de facteurs " année de technologie ", pour tenir compte des améliorations apportées au fil des années aux technologies, aux méthodes de développement et aux processus de production. COMET/OCM est l'un des outils utilisé par la NASA pour estimer les coûts de fonctionnement et coût logistique des lanceurs. Ce modèle a été choisi parce qu'il est était disponible. L'ESA a appliqué un mélange de logiciels CER développés en interne sur Excel, ainsi que les logiciels PRICE-H et TRANSCOST disponibles dans le commerce. L'ESA a beaucoup moins de données que la NASA sur les gros systèmes spatiaux habités. Elle a donc surtout utilisé des outils basés sur les données existantes pour vaisseaux spatiaux inhabités, puis a appliqué des facteurs correctifs pour prendre en compte les surcoûts résultant des matériels plus élaborés et des procédures d'essais plus contraignantes inhérentes au vol spatial habité. Les données de l'ESA ont l'avantage d'être très récentes. Elles prennent en compte l'état actuel de la technologie et du marché. On peut ainsi identifier au fil du temps des sauts technologiques et de brusques réductions de coûts parfois non pris en compte par les facteurs correctifs graduels " année de technologie " de NAFCOM. Mais appliquer aux outils annexes comme les CERs une prise en compte adéquate du facteur " humain " et extrapoler les résultats de ces outils au-delà de leur domaine d'application normal (par exemple parce que les masses des équipements des vaisseaux spatiaux habités ont tendance à être beaucoup plus grandes que celles des sondes et des satellites inhabités) constitue un véritable défi. Une grande différence entre les outils d'estimation de la NASA et ceux de l'ESA est que la NASA se base sur des coûts réels, tandis que l'ESA utilise surtout les coûts contractuellement agréés avant le démarrage réel du projet. Ces coûts contractuels ne reflètent pas les dépassements de coûts qui surviennent inévitablement au cours de la vie d'un projet. Dans le cas de l'ESA, si les informations techniques et financières sont très cohérentes et bien présentées au cours de la phase de proposition, elles deviennent beaucoup plus difficiles à suivre après la signature des contrats. L'ESA pense que sans une analyse détaillée de l'origine des surcoûts : mauvaise estimation de coût au départ, ou événements aléatoires tel qu'accidents aux essais, modifications techniques, mauvaise gestion du projet etc., il ne vaut mieux pas utiliser les coûts réels. Les informations que possède actuellement l'ESA ne lui permettent pas d'effectuer une telle analyse. Autre différence, le logiciel NAFCOM de la NASA fait généralement appel à un plus grand nombre de paramètres d'entrée techniques que les logiciels de l'ESA. On pourrait en déduire que ses évaluations seront plus précises, puisque ces nombreux paramètres agissent tous sur l'évolution réelle des coûts. Mais on a découvert que NAFCOM ainsi que les modèles basés sur PRICE-H et SEER laissent une place considérable à la subjectivité dans les estimations. Ils ne doivent par conséquent être manipulés qu'avec précaution et seulement par des experts en chiffrage.
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