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L'image martienne de la semaine
par Gilles Dawidowicz Les sédiments de la planète Mars se dévoilent dans leurs splendeurs...mais d'où viennent-ils vraiment ? Depuis longtemps déjà, on pouvait consulter sur le site de Malin, des clichés de MGS sur lesquels des couches a priori sédimentaires étaient visibles, empilées les unes sur les autres. On avait vu l'année dernière, les flancs de Valles Marineris apparus également comme un mille feuilles, construits de centaines de couches géologiques plus ou moins épaisses et plus ou moins foncées... Sédiments lacustres, sédiments marins, cendres volcaniques ou poussières d'impacts météoritiques, de nombreuses pistes étaient alors ouvertes. Seule certitude cependant : l'ancienneté de ces formations, probablement âgées de 3 à 3,5 Md d'années !
Voici présentée cette semaine, l'une des très spectaculaires images de Malin parues dans la revue Science de décembre 2000. Il s'agit de la région Ouest de Chandor Chasma, zone complexe attenante à Valles Marineris. L'image couvre une superficie de 1,5 km par 2,9 km dans la région Sud-Ouest de Chandor Chasma. Le Soleil éclaire la scène par le haut gauche. Le Nord est en haut. L'image révèle que cette zone est une vaste superposition de plus de 100 couches géologiques, relativement uniformes en épaisseur, évaluée à environ 10 mètres chacune. On notera outre la beauté du paysage révélée par ce cliché, les terrasses formées par l'érosion des couches qui apparaissent plus ou moins résistantes. De petites corniches ainsi que des abrupts très raides sont bien visibles. On aperçoit également une dynamique sur les pentes de ces terrasses où certains versants présentent même des tabliers d'éboulis... Pas de chenaux ni de traces d'écoulements liquides récents... pas plus d'ailleurs que de traces de fluages. Quelques dunes et formations éoliennes sont également visibles.
Le fait que les couches empilées soient globalement de même albédo et surtout de même épaisseur, démontre que les épisodes de dépôt ont été réguliers. Ceci pose un problème fondamental sur l'origine de ces structures et semble éliminer de fait 3 des 4 hypothèses avancées précédemment. Contre l'avis des analystes américains, cette image présentée nous laisse présumer d'une mise en place sèche d'origine éolienne, puis postérieurement d'un décapage et d'une érosion elle aussi éolienne. Donc pas ou peu d'intervention liquide ! Comment peut affirmer cela à l'encontre de l'avis général ? Plusieurs arguments nous conduisent à cette affirmation :
En attendant d'en savoir plus, au fil des semaines, après l'analyse des autres clichés livrés par Malin, on ne peut que s'interroger sur les raisons véritables qui poussent la communauté américaine à défendre bec et ongle la théorie de l'eau liquide sur Mars. Même si l'eau liquide a peut-être coulé jadis sur Mars, elle n'est pas forcément à l'origine de toutes les formes que l'on observe aujourd'hui sur Mars. Plus de retenue et de prudence devraient être aujourd'hui les maîtres mots des planétologues. (c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM |