L'image martienne de la semaine de Gilles Dawidowicz
Semaine 42 (15 octobre)

Avis de tempête sur ... Mars !

Voici présentés cette semaine, deux visages excessivement différents de la même planète, notre voisine Mars la rouge. En l'espace de seulement 70 jours, le visage de Mars à complètement changé...

Il faut dire qu'entre juin et septembre 2001, le printemps dans l'hémisphère Sud a débuté et s'est rapidement imposé, entraînant avec lui des changements climatiques profonds et pour le moins violents. Une tempête de poussière régionale a progressivement pris forme pour envahir maintenant toute la planète.

Quand le Hubble pointe Mars en juin 2001, lors de l'opposition, la tempête faisait rage dans le bassin d'impact Hellas. Elle était alors localisée à cette vaste région en forme de dépression.

Une autre tempête de poussière évoluait également au-dessus de la calotte polaire Nord. Mais, 70 jours plus tard, quand le Hubble pointe à nouveau la planète rouge début septembre, la tempête bien établie recouvrait la planète toute entière depuis presque deux mois déjà et sans interruption, obscurcissant les paysages.

Les fines poussières contenues dans l'air, stoppent la majeure partie du rayonnement solaire, l'empêchant ainsi d'atteindre la surface. Ces poussières en suspension absorbent le rayonnement et échauffent la haute atmosphère. Des tempêtes de poussières locales, régionales puis globales se produisent et évoluent rapidement du fait des profondes modifications thermiques qui s'en suivent.

Depuis plus d'un siècle les astronomes professionnels et les amateurs observent et suivent ces tempêtes depuis la Terre, mais c'est la première d'une telle violence depuis plusieurs décennies. Est-elle a rapprocher du maximum solaire que nous venons de passer ? Quelles conséquences pour les missions en cours (MGS, Odyssey, Nozomi) ? Et surtout, quelles conséquences si lors des prochains atterrissages automatiques (Mars Express, MER A et MER B) de telles tempêtes se produisent ?

Sur le deuxième cliché (à droite), Mars semble gibbeuse du fait de son éloignement de 42 millions de km de la Terre alors que sur le premier cliché (à gauche), Mars était à l'opposition, donc plus proche de nous. Pourtant les deux clichés ont la même taille angulaire, mais l'angle n'est pas le même.

Les deux images sont en couleurs naturelles, acquises par la caméra n°2 du HST (Wide Field Planetary Camera 2).

Crédit photo : NASA, James Bell (Cornell Univ.), Michael Wolff (Space Science Inst.),le Hubble Heritage Team.

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