L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
Semaines 10 - 11 (7 mars)
La formation des cratères d'impact.
Les cratères d'impact sont des formations très répandues dans le Système Solaire. Tous les corps solides ou presque ont été frappés par des bolides (astéroïdes, comètes...) ayant laissé de formidables cicatrices en surface.
Un impact est un événement catastrophique, en cela qu'il modifie tout ou partie de l'environnement du corps impacté.
Nous avions présenté en 2001, des cratères d'impact particuliers nommés les "Crater Lakes" dans lesquels la NASA cherchera des traces de vie fossile... Nous avions parlé du cratère d'impact Gusev, du cratère Gale, du cratère Henry, et du cratère Holden.
Ces exemples un peu particuliers étant soupçonnés d'avoir abrités des paléolacs il y a plusieurs centaines de millions d'années, paléolacs ayant laissé après leur retraits, des couches sédimentaires stratifiées...
Mais revenons cette semaine, au phénomène initial : l'impactisme et à la formation des cratères d'impact, que longtemps nombre de géologues des plus grandes universités, ont pris pour des formations volcaniques, sur la Lune notamment. Lorsqu'un corps, une météorite, un astéroïde, une comète s'écrase sur une planète (Mars, la Terre ou Vénus par exemple), l'impact bien que ralentit par l'atmosphère, est d'une extrême violence. Pour simplifier, plus le corps sera gros et dure et plus sa vitesse sera rapide, plus l'impact sera violent. Conséquences : les températures et pressions seront similaires à celles des explosions nucléaires et les cratères formés pourront atteindre plusieurs centaines voire milliers de kilomètres de diamètres et plusieurs kilomètres de profondeur.
Les plus gros cratères d'impact du Système Solaire se trouvent sur la Lune, sur Mercure et sur Mars et font plus de 2000 km de diamètre !
Les cratères d'impact peuvent avoir des morphologies différentes. On observe très fréquemment des cratères en forme de bol, dont les parois sont surélevées et la couronne d'éjecta bien marquée. Celle-ci est constituée de matériaux expulsés lors de l'impact et retombés tout autour du cratère.
Sur certains cratères d'impact, on distingue parfaitement le piton central ainsi que l'anneau extérieur montagneux. Mais le cratère peut aussi être entouré d'une couronne d'éjectas, lobés (ou fluidisés), simple ou multiple.
Pour les grands cratères d'impact, aussi appelés Bassins d'impact, le piton central laisse la place à un anneau montagneux. C'est souvent le cas des grands bassins sur la Lune ou sur Mercure.
Enfin ,les cratères sont de bons indicateurs de l'âge d'une surface planétaire. En effet, depuis les vols Apollo et les datations absolues des échantillons lunaires rapportés, on sait que plus une surface est constellée de cratères d'impact, plus elle est vieille et de même, que plus les cratères sont gros, plus ils sont vieux.
Sur Terre ou sur Vénus, l'érosion aidant, la majeure partie des cratères d'impact ont été effacé de la surface avec le temps. On compte ainsi environ 150 cratères d'impact sur Terre alors qu'il en existe des milliers sur la Lune ou sur Mars.
Par ailleurs, les cratères d'impact sont aussi des forages naturels qui peuvent renseigner sur la nature du sous-sol. Sur Mars par exemple, il est établi que les cratères d'impact à éjectas lobés, ont atteint le toit du pergelisol et libérés les couches géologiques les plus volatiles (eau, glaces, gaz...).
Exemple sur Mars : cas d'école sur une vallée fluviale.
Un bolide se précipite, à proximité d'une vallée sur un haut plateau.
Le choc entre l'impacteur et Mars est très violent. Les matériaux du sol et du sous-sol sont éjectés, fluidisés, volatilisés par la chaleur dégagée lors de l'impact.
Les éjectas fluidisés retombent en pétales tout autour du Point Zéro et forment des couronnes lobées, dont certaines vont aller obstruer une partie de la vallée fluviale, entraînant des drainages latéraux.
(c) Texte Gilles Dawidowicz/APM
(c) Dessins Gilles Dawidowicz
(c) Images NASA/Malin Space Science Systems
La semaine prochaine![]() Les nuages d'Arsia Mons |