L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
Semaines 17 (22 avril)

Forer sur Mars.

On pense depuis longtemps forer sur Mars, avec deux objectifs bien distincts. Tout d'abord dans un but scientifique, afin d'étudier le sous-sol et donc l'histoire géologique, géomorphologique et climatique de la planète. Mais on pense aussi forer Mars pour y trouver des matières premières, pour d'éventuels besoins énergétiques des colons sur place ou pour les besoins des voyages retours...

A un problème donné, les ingénieurs trouvent souvent de multiples solutions. Si nous avions évoquer le forage par fusion, nous avions également présenté il y a quelques temps, un concept original de micro-forage.

Sur Mars, les problèmes pour forer ne manquent pas. Outre l'énergie nécessaire à des forages profonds et/ou à un travail lent mais important, il convient de savoir avec quoi on va forer, comment va t-on réduire la masse des appareillages, jusqu'à quelle profondeur forer, de quelle manière (automatique ou manuelle), avec quels matériaux de refroidissement ... ainsi que de régler les problèmes de contamination dans un sens comme dans l'autre (les éléments martiens actuels avec les éléments martiens passés) sans parler de contamination avec des éléments terrestres.

Evidemment sur Terre, tout ceci trouve des solutions plus ou moins faciles à mettre en place. La pollution biologique par exemple (par des pollens, bactéries...) dans les forages, est un élément intéressant à traiter si l'on se concentre sur les aspects paléobiologiques (dans les glaces ou les sédiments par exemple).

Mais forer Mars aujourd'hui permettrait d'abord de répondre à une question simple mais fondamentale : où et comment se concentre en sous-sol, l'eau martienne ?

Le SSX est conçu par le JPL. C'est une sorte de missile sans aileron, d'un mètre de long et de quelques centimètres de diamètre. Un poids de 5 kg inclu dans le tube, lui permet de rentrer en rotation à grande vitesse pour lui assurer un fort pouvoir pénétrateur. Le SSX pourrait même pénétrer de plus de 1000 mètres sous la surface sous un effet martelant. L'idée serait de le projetter depuis la surface dans les couches stratifiées de la calotte polaire Nord. La nouveauté réside dans le fait que ce missile pénétrerait dans le sol depuis un lander posé en surface et non depuis l'orbite comme par exemple les deux pénétrators Deep Space 2 qui accompagnait la mission Mars Polar Lander en décembre 1999.


(c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM



La semaine prochaine

Au Pôle Nord de Mars.

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