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L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz Euro Mars : 3ème Station de Recherches martiennes. Construire sur Terre des bases de simulations dans des analogues martiens, voilà l'un des très ambitieux objectifs que s'est fixée la Mars Society et ses chapters. Le monde est vaste, les analogues martiens nombreux et très différents les uns des autres. ![]() Et d'abord, quels critères privilégier ?
Bref, de nombreux critères sont à juste titre à prendre en compte, sans parler des problèmes logistiques, financiers ou politiques. Ensuite, pourquoi dépenser maintenant le peu d'argent que la Mars Society possède grâce à ses membres et à quelques sponsors généreux ? Simplement parce que la cause martienne est entendue et qu'il faudra pourtant la défendre pendant encore quelques années avant que l'opinion politique, publique et industrielle soit définitivement convaincue de la nécessité de missions pilotées vers la planète Rouge. L'idée fait son chemin mais n'est pas encore adoptée par tous : pour preuve, toujours aucune décision prise, toujours aucun programme officiel ! Enfin, jusqu'où faut-il réaliser ces simulations ? Après la mise en oeuvre de F-Mars dans l'île de Devon et de MDRS dans le désert de l'Utah, la Mars Society entend terminer son programme proposé il y a déjà quelques années avec l'installation d'une troisième Station en Europe (EuroMars) et d'une quatrième en Australie (OzMars). Le programme sera alors en phase complète et nous permettra pour une décennie au moins d'avancer dans nombre de domaines. Certes, ces Stations sont financées uniquement sur fonds privés. Certes ni les modules, ni les scaphandres ne sont pressurisés. Certes les équipages sont confinés à bords mais ne sont pas autonomes en oxygène et la gravité martienne n'est pas simulée. Mais quand même, quel formidable élan, en Amérique, en Europe et en Asie ! Des milliers de personnes participent de près ou de loin à ces projets novateurs. Car depuis la triste expérience de Biosphère II, première véritable grande simulation de ce type financée sur fonds privés, personne n'avait encore poursuivit dans cette voie, pas même une seule des agences spatiales que compte les grandes nations. Et pourtant, combien de questions restent encore en suspend ! Combien de réponses restent à formuler ! Et, comme le dit Robert Zubrin - fondateur de la Mars Society - à quoi bon arriver avec de bonnes réponses si elles ne correspondent pas aux questions auxquelles nous seront confrontés ? Voilà pourquoi il faut simuler l'exploration humaine de Mars, et voilà pourquoi il faut le faire maintenant ! L'éternel exemple du scaphandre des missions Apollo revient alors comme un leitmotiv. Les hommes et les femmes qui iront sur Mars auront des scaphandres adaptés aux conditions de la planète comme l'étaient les scaphandres lunaires ... sauf qu'ils devront permettre aux astronautes de travailler avec le moins de contraintes possibles. Il s'agira de ramasser des échantillons, des cailloux, des sables, des glaces... et de faire des reconnaissances de canyons, de parois rocheuses, peut-être aussi de grottes, avec des descentes en rappel, des excursions de plusieurs heures voire de plusieurs jours... Il faudra se déplacer loin de la Station de base pour avoir le plus de diversité possible. Sommes-nous d'ailleurs certains que le modèle exploratoire choisi sera différent de celui d'Apollo ? Le scénario de l'exploration lunaire consistait à envoyer à la surface 2 hommes explorer en peu de temps, peu de zones géographiques différentes et de répéter cette méthode plusieurs fois à divers endroits. Il y aura eu entre juillet 69 et décembre 72, six missions différentes et aucune ne se sera déroulée deux fois sur le même site. Sur Mars, les explorateurs seront-ils contraints de rester si peu de temps au même endroit puis de revenir sur Terre ? Ou au contraire, resteront-ils longtemps au même endroit sans trop en s'éloigner ? Dernière solution, repartiront-ils d'un endroit différent de celui où ils seront arrivés, après avoir parcouru des centaines voire des milliers de kilomètres d'exploration ? En fonction des objectifs et choix scientifiques, les équipements ne seront pas conçus de la même façon. A moins que ce ne soit la technologie qui nous freine en nous contraignant à ses limites ? Zubrin pense qu'un groupe d'astronautes se doit d'explorer le plus de sites possibles dans le moins de temps possible. D'autres pensent au contraire qu'il est préférable d'étudier un site "complètement" avant de passer au suivant, limitant ainsi la diversité des informations acquises mais allant jusqu'au bout de l'acquisition de l'information. La question n'est pas tranchée mais reste pertinente si aucun autre équipage n'explore la même région après le premier... De plus, comme le souligne Audouin Dollfus, la technologie d'aujourd'hui aura évolué et personne ne peut affirmer que les modèles actuels resteront valables dans 15 ou 20 ans. Mais, une chose est sure toutefois comme le faisait remarquer avec émotion Albert Ducrocq : nous explorerons Mars - après les robots, si sophistiqués soient-ils - parce que c'est inéluctable ! En allant sur Mars, nous dépasserons donc nos limites, nos frontières et ferons faire les mêmes dépassements à la technologie qui nous le permettra. Les retombées sur Terre devront alors être maximales. Pour suivre la construction d'EuroMARS en direct, cliquez ici.
(c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM
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