L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
Semaine 43 (21 octobre)

En attendant Mars : plongeons à haute altitude...
1ère partie.


Entraînement au lac Hélène
La planétologie mène à tout, ou presque... Si ces dernières années, un accent particulier a été mis sur la recherche de la Vie dans l'Univers et donc sur les planètes du Système Solaire, il n'en reste pas moins que celle-ci est fort complexe à qualifier.

Le NASA Ames RC s'est fait depuis peu un véritable spécialiste en la matière, et nombre de ses chercheurs courent le vaste monde, dans des endroits qualifiés "d'extrêmes" pour y dénicher des formes de vie qui se sont adaptées à un environnement peu commun et peu propice a priori à un épanouissement classique. Et l'on peut suivre des plongées en Antarctique, en fosses océaniques abyssales, près des points chauds sous-marins, près de volcans aériens, dans des grottes totalement isolées du reste du monde, etc. etc.

Que ce soit la température, la pression, les radiations ou d'autres paramètres, la vie telle que nous la connaissons est très sensible à son environnement, mais - et c'est tout à fait étonnant - elle est en même temps capable d'une extraordinaire adaptation.

Voici présentée cette semaine, une expédition scientifique originale dont nous reparlerons prochainement et dont nous devions faire partie, mais les hasards du calendrier nous ont fait reporter cette participation à l'année prochaine. Cela dit, la Science n'attendant pas, l'expédition est fort heureusement en cours et se déroule pour le mieux.

De quoi s'agit-il ? Le Docteur N.A. Cabrol, du SETI Institute, travaillant pour NASA Ames a mis au point une expédition scientifique d'étude du plus haut lac d'eau douce au monde : le lac situé dans la caldeira du volcan Licancabur, au Chili à près de 6000 mètres d'altitude. Ce lac se trouve en effet être soumis à un rayonnement UV beaucoup plus intense que celui que l'on observe au niveau de la mer et de ce fait être qualifié d'environnement "extrême". Des micro-organismes s'y sont développés et c'est notamment dans le but de les étudier que l'expédition s'est montée. En fait, si l'on sait que le sol de Mars est soumis en moyenne à 600 fois plus de rayonnement UV que le sol de la Terre (bien que la planète Mars soit plus éloignée du Soleil), on comprend l'intérêt d'étudier la faune et la flore du sommet du Licancabur.

Pour se préparer aux difficiles plongées sous-marines, l'équipe pluridisciplinaire du Docteur Cabrol s'est entraînée le 25 septembre dernier à plonger en eau froide dans le lac Hélène à Lassen (en Californie) situé à 4000 mètres d'altitude.

Quant à elle, la mission "LICANCABUR 2002" qui a déjà débuté, se tient cette année du 16 octobre au 08 novembre.

20 personnes font partie de l'équipe et tout le monde a un rôle majeur à jouer. Cette expédition comprend outre des prélèvements d'eau et des prélèvements biologiques, la pose au fond du lac, de pièges à sédiments, différentes mesures environnementales et un important programme de communication envers le grand public et les scolaires.

Les photographies de cette semaine, présentent les essais préliminaires conduits dans le lac Hélène. Curieusement, la saturation du sang en oxygène après les plongées en apnée se situait entre 93 et 95%. Au Licancabur, la saturation devrait être comprise entre 60 et 65% du fait de la différence d'altitude. Dans ces conditions extrêmes, la plus grande prudence est de mise pour les manipulations sous-marines...

(c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM
(c) ) Images : Nathalie Cabrol/NASA Ames RC



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