L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
Semaine 52 (23 décembre)

Cosmonautes de Chine.

Voilà pour cette fin d'année, un petit clin d'oeil à l'aventure spatiale et à ses promesses.
Le salut des hommes dans l'espace passera t-il par la Chine voire l'Inde et le Brésil ?

Si, avec le recul de ces quelques 40 années spatiales on considère toutes les motivations des acteurs majeurs d’aujourd’hui dans ce domaine, il est n'est pas inintéressant de faire l'exercice et de le penser.
Certes, la seconde guerre mondiale a été le catalyseur. Certes aussi, la guerre froide a suscité une certaine émulation.
Force est aussi de constater que cette course à l'Espace s'est fortement ralentie, s'est quelque peu essoufflée, nous faisant après 6 missions lunaires absolument magistrales, redescendre durement sur Terre pour mesurer la complexe réalité de l’existence et du progrès accompagnés des problèmes économiques récurrents. La Station Spatiale nous le rappelle chaque jour un peu plus...

En 40 ans, le monde a changé, c'est un fait et il faudra en tenir compte. Les motivations dans les années futures seront encore différentes de celles d’aujourd’hui.

Oui l'espace coûte cher et demande des investissements durables, mais combien rapporte t-il ? Oui ce domaine demande plus que tout autre une grande précision, de la qualité, de la perfection... de la rigueur et de la ténacité mais quelle autre ambition majeure de l’Humanité n’était pas dans ce cas là ?

Qui se soucie aujourd'hui des retombées de l'exploration spatiale dont on bénéficie dans la vie de tous les jours ? Qui sait exactement ce que l'espace nous apporte, nous rapporte ? Et, nonobstant, en ce début de XXI ème siècle, la part de rêve semble s'éloigner de plus en plus... probablement du fait de mauvaises communications entraînant même une certaine routine, pour ne pas dire lassitude de la part de la majorité de nos contemporains.

Mais disons leur que chaque fusée qui décolle est un prototype, que notre savoir faire est tout relatif, qu’il faudra encore investir énormément pour atteindre l’excellence et que le chemin des étoiles est encore long... alors que tout reste à faire et que jamais les perspectives n'ont été aussi prometteuses.

A l'heure des balbutiements dans le domaine du génome, à l'heure où nous préparons concrètement l'exploration des comètes et des astéroïdes de notre Système Solaire, tout le monde ne parle plus que d’aller sur Mars. Et, finalement, aucune décision n’est prise. Des robots, rien que quelques robots !

Où est le prochain Kennedy ? Dans quelle école se cachent les héritiers de Tsiolkowski, Von Braun et Korolev ? Où est l’ingénieux motoriste, l’architecte créatif, celui qui transcendera l’ensemble des problèmes ? Où se trouve l’homme de la situation ?
En l’attendant ou en attendant, la réalité nous apparaît simple : les projets sont tous internationaux et très ambitieux mais ils se dénombrent au compte-goutte !
Malheureusement, ils sont uniques, non redondés et sans cesse plus spectaculaires les uns que les autres. Dans le spatial également, nous courrons sans cesse à la course à la technologie, à la démonstration du savoir-faire, sans reprendre notre souffle. Nous ne capitalisons que très peu sur nos acquis, utilisant sans cesse de nouvelles technologies, de nouveaux concepts certes astucieux et réalistes mais haut combien risqués ! Et, la complexité allant, nous risquons nos sondes les unes après les autres.
Une des solutions plausibles et réalistes se trouve en Asie. La Chine s’est éveillée et l’Inde avec. Leurs dirigeants actuels font acte de candidature à cette exploration planétaire, à bout de souffle en Occident et devenue juste un passé glorieux en Russie, bientôt entré dans l’Histoire. Ils sont candidats pour une exploration internationale de l’espace.
Oui les chinois et les indiens feront partie de la solution ; et peut-être même que le génial motoriste use déjà ses pantalons sur les bancs d’une école de Bangalore ou de Beijing.

Propositions russes et européennes :
Architecture russe pour une mission habitée vers Mars.
Programme Aurora de l'Agence Spatiale Européenne.

Certes, ils n’ont pas de programme défini pour l’exploration planétaire.
Certes ils n’ont pas notre technologie. Mais ils ont bien des ressources que nous ne possédons pas, des ressources encore mal exploitées, non canalisées pour ne pas dire ignorées de nous... Pensons juste que la Chine a déjà lancé des vaisseaux habitables dans l’espace alors que l’Europe ni songe même plus ! Pensons juste que dans quelques mois, un chinois fera le tour de la Terre et reviendra sain et sauf dans son pays avec une somme considérable d’informations et avec un savoir-faire minimum mais bien réel !
Les chinois préparent déjà des sondes pour la Lune et pour Mars et parlent de financer en partie une expédition humaine internationale vers Mars. Faute de relais et d’aide adaptée, l’Inde a ralentie ses prétentions avant même d’avoir pu faire aboutir son premier projet lunaire, mais soyons en certains, ce n’est que pour mieux reprendre son souffle.

Aidons les aujourd’hui et nous irons ensemble sur Mars demain !

Et pour mieux s’en convaincre, nous vous proposons la lecture de Cosmonautes de Chine, un livre de Philippe Coué, aux Editions L'Harmattan (5-7, rue de l'Ecole Polytechnique - 75005 PARIS) et qui coûte 15 Euros.

Merci pour votre fidélité, bonnes fêtes de fin d'année à toutes et à tous et rendez-vous sur Planète Mars pour le Grand Show Martien de 2003 que nous vous ferons vivre dans de nombreux évènements en cours de préparation, partout en France ...

(c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM
(c) Images : Philippe Coué/Mourad Cherfi/Editions L'Harmattan