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L'image martienne de la semaine
par Gilles Dawidowicz La caldeira de Pavonis Mons
Les volcans possèdent parfois sur leur partie sommitale, de grands bassins circulaires d'effondrement, mis en place à la suite de vidanges des chambres magmatiques. Cela se produit aussi bien sur Terre que sur Mars. Voici cette semaine, une vue rapprochée d'une partie de la caldeira de Pavonis Mons. Ce volcan géant, de type hawaïen se situe dans la zone de Tharsis. Pavonis est le volcan du centre, localisé entre Ascraeus Mons et Arsia Mons. Pour mémoire, le dôme de Tharsis est surmonté par ces trois volcans boucliers, parfaitement alignés le long d'une fracture de la croûte martienne de direction générale Nord-Est/Sud-Ouest. Ces volcans, sans équivalent de taille sur Terre, culminent à environ 18200 mètres pour Ascraeus Mons, 14120 mètres pour Pavonis Mons et 17400 mètres pour Arsia Mons. L'ensemble se situe au Sud-Est d'Olympus Mons et au Nord-Ouest de Valles Marineris. Il est à noter que la caldeira de Pavonis est unique (ce qui est rarement le cas sur Mars où le plus souvent les caldeiras sont emboîtées les unes dans les autres) et parfaitement circulaire, qu'elle fait environ 40 km de diamètre pour 4000 mètres de profondeur. Par ailleurs, un examen attentif du cliché à haute résolution, révèle contre toute attente, que le fond lisse de la caldeira est criblé de centaines de petits cratères d'impact ! Cette caldeira serait-elle plus vieille que ce que l'on pensait jusque-là ? Les dernières phases actives des volcans de Tharsis étaient évaluées selon certaines théories à moins de 500 000 ans ; ces observations seraient-elles de nature à les contredire ? De plus, observez les portions de parois qui s'offrent à nous sur ce cliché obtenu par la caméra THEMIS : - sur la paroi Nord, seul le pied de versant est visible. Notez le profil découpé en arêtes vives et dégagées de cette portion de l'image qui se révèle à la limite de la résolution du cliché. Il semble bien que des gullies soient présentes sur cette partie là. - tranchant radicalement, les parties Nord-Ouest et Est de la paroi apparaissent également dans leurs parties les plus aval. On y observe un profil relativement "intact" où il semble que seuls des mouvements de masse, probablement gravitaires aient façonné le profil. En fait ce versant apparaît comme des marches d'escalier plus ou moins érodées. Aucun cratère d'impact n'est visible !
- enfin, la partie Sud-Ouest du versant est observable dans sa totalité. Notez les superbes chenaux et ravines qui prennent naissance dans les trois-quarts supérieurs de la paroi. Dans la partie amont de la paroi sont visibles de splendides éperons très vifs, parfaitement dégagés. Aux pieds de ces éperons prennent naissance les ravines qui s'étendent jusqu'en bas du versant de manière quasiment rectiligne, sans méandre ou sinuosité. Là encore, pas de trace de cratère d'impact. Pour finir, et c'est peut-être le plus important, notez la partie Sud/Sud-Ouest du versant, à la limite entre la zone où commencent les ravines et celle où il n'y en a pas du tout (ou pas encore !!!). On observe que les ravines se sur-impriment au versant ; peut-être sont-elles en cours de formation ! Observez le front de progression, vers l'aval. Des bourrelets sont visibles comme un genre d'effet "chasse-neige". Non seulement les ravines ne semblent pas profondes - juste superficielles -, mais en plus elles semblent attaquer la couche géologique supérieure avec un effet lissant, repoussant à l'aval tous les bourrelets du versant obtenus par les effondrements gravitaires. Curieusement, le plancher de la caldeira possède une bordure très nette ! Pas de débordement sauf 3 très légers bourrelets dans cette zone justement (ils viennent se superposer au plancher très lisse de la caldeira, mais sont minuscules au regard de l'ensemble de la formation). Pourquoi alors que manifestement nous sommes en présence de 2 dynamiques (érosives) de versant différentes (l'une par mouvements de masse et l'autre par ravinement), aucune des 2 dynamiques ne produit de volumes de sédiments que l'on devrait retrouver à l'aval, sur les rebords du plancher voire sur le plancher lui-même ? Où sont donc passés les volumes de matériaux érodés ? Les limites actuelles de ce cratère d'impact (et des autres) sont-elles d'origine ? L'image est centrée par 0,5° Nord et 246,8° Est (113,2° Ouest). Sa résolution est de 19 mètres par pixel et elle couvre une zone de 57,8 par 23,6 km. (c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM |