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L'image martienne de la semaine
par Gilles Dawidowicz Mille-feuilles martiens
La première image nous fait plonger dans le cratère d'impact Becquerel, du nom d' Antoine Becquerel, le célèbre physicien français (1852-1908). Ce cratère de 170 km de diamètre environ, est centré par 22,1° N et 352,0° E. Il se situé dans l'Ouest d'Arabia Terra. Les terrains visibles ici sont particulièrement disséqués par l'érosion et c'est ce qui rend l'image si particulière et si esthétique. Ces dépôts ont été déposés dans ce cratère il y a très longtemps et bien après leur dépôt, altérés par l'érosion. Les couches géologiques en présence sont très homogènes dans leurs épaisseurs, leurs albédos, leur résistance à l'érosion, leur vitesse de recul… De même, les alternances entre les couches géologiques sombres et les couches géologiques claires sont uniformes et alternées de manière régulière. Une sorte de cycle des dépôts s'est donc produit ici tandis qu'il est impossible de définir si l'érosion de cette zone et des couches géologiques présentes a été ou non homogène dans l'ampleur et continue dans le temps. Une chose est sure : elle a été efficace. L'aspect général de ces couches géologiques laisse supposer (bien qu'il n'y ait aucune certitude), que ces sédiments soient plutôt constitués de grains fins, du type poussières volcanique ou éolienne voire même glaciaire ou lacustre. La résolution de l'image n'est pas suffisante pour trancher, et seules des analyses in-situ permettraient de le faire avec certitude. Notez le petit cratère d'impact de 38 mètres de diamètre environ, dont le fond apparaît en noir. Cette image est centrée par 21,5°N et 8,1°W. Le Soleil illumine la scène par le bas gauche. ***************************
Là aussi au fond d'un cratère d'impact (sans nom) de la région d'Arabia Terra, on observe des couches géologiques empilées les unes sur les autres à la manière d'un mille-feuilles, puis fortement dégradées par l'érosion de manière uniforme. Des buttes témoins étagées apparaissent donc ça et là. Ces buttes résistent à l'érosion tant qu'elles le peuvent, bien qu'elles soient attaquées de toutes part. Ces paysages rappellent également le Sud-Ouest américains… Notez cependant trois points remarquables : 1/ le plancher de la région est étonnement très sombre, voire noir. Il semble être constitué de sables très fins, peut-être des sédiments éoliens ou des cinérites. Ce plancher est plat et contraste très fortement avec la teinte bien plus claire des buttes témoins. Il y a là vraisemblablement une très forte différence d'origine des couches géologiques, doublée d'une différence lithologique : les agents de l'érosion qui dégradent les buttes claires ne semblent pas altérer le plancher ! 2/ entre les buttes témoins, se sont formées des dunes de sables claires. Elles contrastent, elles aussi, avec le plancher. Il est plus que probable qu'elles soient constituées par une partie des matériaux érodés, provenant des buttes témoins, mais il est impossible d'affirmer si elles sont actuelles ou héritées ; 3/ enfin, observez avec attention la base des buttes témoins. On y découvre le travail de la gravité : des tabliers d'éboulis ! Curieusement, leur albédo est différent de celui des buttes témoins, en étant sensiblement plus sombre, ce qui traduit d'un mélange de matériaux. Cette image est centrée par 8°N et 7°W. Le Soleil illumine la scène par la gauche. (c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM |