L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
Semaine 39 (22 septembre)

Effets de l'érosion.

Nous abordons régulièrement dans cette chronique, la beauté des paysages martiens, tourmentés par l'érosion dont les mécanismes exacts nous sont encore inconnus pour l'essentiel, même s'il est vrai que les planétologues ont quelques idées…

Une chose est sure toutefois : l'érosion sur Mars et ses effets plus ou moins efficaces sur les paysages de notre voisine rouge sont parfois stupéfiants.

Qu'il s'agisse de l'eau liquide sous toutes ses formes (des rivières aux hypothétiques mers, ou lacs…), du givre ou de la glace (d'eau ou carbonique), des possibles glaciers, des vents, des volcans, de la gravité, de l'alternance gel/dégel… les paysages de Mars sont parfois modelés de manière comparable à certain paysages terrestres et parfois modelés de manière très différente.

Voici cette semaine un splendide cliché acquis par THEMIS, illustrant le propos et les effets de l'érosion. Ce cratère d'impact présente dans sa partie interne Ouest, aux pieds de ses remparts, des accumulations de débris ayant flués globalement de manière uniforme, sauf perturbations locales dues à la topographie. Deux exceptions toutefois.

D'abord, une différence notable existe entre le versant Nord-Nord/Ouest et le versant Sud-Sud/Ouest. Le premier présente en effet des fluages peu étendus tandis que les fluages du second le sont près de 4 fois plus, sans raison apparente. Si les fluages présentes des signes d'écoulements progressifs avec des ondes prouvant le recul des versants amont, ils n'ont toutefois pas exactement la même morphologie et les rebords de la paroi du versant Nord-Nord/Ouest sont beaucoup plus nets que ceux du versant Sud-Sud/Ouest.

Cette partie du cliché montre à l'évidence que des mouvements de masse se sont produits ici. Pour l'heure, impossible de déterminer leur origine, leurs vitesses ou une quelconque datation.

Mais une onde de dégel ne se propagerait pas différemment sur Terre…

Par ailleurs, le cratère d'impact présente toujours sur sa façade Ouest, des marques de dégradation différentes selon l'exposition. En certains endroits, des coulées de débris se sont formées et sont particulièrement bien visibles. Elles proviennent évidemment de l'amont des versants, là où les parois de l'impact sont aux marges du plateau sur lequel il s'est formé. On y trouve quelques niches d'alimentation, à peine perceptibles sur ce cliché, ainsi que des niches d'arrachement dont les formes rappellent des " coups de cuillères ".


Ces niches entretiennent des coulées de débris en leur fournissant les matériaux à transporter. Des fluages peuvent alors se produire vers l'aval. Se font-ils à sec ? Y a t-il une quelconque matrice ou un quelconque liant à l'origine de ces fluages ? Toujours est-il qu'ils se superposent à ceux décrits précédemment, à ceux qui proviennent du recul progressif du bord de l'impact et vont même bien au-delà !

(c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM
(c) Images : NASA/JPL/Arizona State University

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