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L'image martienne de la semaine
par Gilles Dawidowicz Débarquements Alors que l'on vient tout juste de célébrer le 60è anniversaire du débarquement des Alliés sur les côtes normandes le 6 juin 1944, on peut comme l'a fait Albert Ducrocq il y a quelques années, penser que le 6 juin 2044, l'Homme débarquera massivement et durablement sur Mars, après une première étape disons … le 21 juillet 2029. Evidemment, ces deux débarquements sont très différents mais à la réflexion, l'effort technique, technologique, industriel, logistique et l'investissement financier ou humain entre autres, seront du même type. Les morts en moins bien entendu ! Dans le même esprit, Albert Ducrocq avait même proposé qu'EuroMars, le 3è projet de base martienne mis en place par la Mars Society soit implantée … en Normandie ! Tout un symbole. Cette semaine, voici présentée les images de la rentrée timide d'Opportunity dans le cratère " Endurance ".
Premier débarquement. Arrivé sur zone le 30 avril (sol 95), Opportunity a depuis prudemment entamé un demi-tour autour du cratère pour en explorer les parois. Modélisé à haute-résolution et en 3 dimensions, " Endurance " présente des pentes minimales de 20° ce qui est acceptable pour faire descendre le rover lentement si l'on prend le soin de le faire passer sur un sol dur, autrement dit si l'on s'assure qu'il transitera sur les dalles claires affleurantes, celles-là même qui intéressent les planétologues. Ce n'est que le 8 juin (au sol 133) que l'engin a finalement pénétré dans l'impact, prudemment d'abord. Les ingénieurs ont en effet testé leur modèle. Le robot est donc rentré totalement dans l'impact puis en est ressorti en marche arrière, sain et sauf. Le versant et la sub-surface sont donc conformes aux prévisions, suffisamment résistants pour soutenir le rover de 185 kg. Le jours suivants, le rover a ensuite pénétré plus en avant et commence donc cette semaine a étudier les premières structures d' " Endurance ". On ne sait pas s'il descendra sur le plancher du cratère qui est largement recouvert de dunes et accumulations éoliennes qui pourraient se révéler dangereuses pour les roues de l'engin qui risquerait de s'y enliser… Les ingénieurs ont prévu plusieurs semaines d'analyses entrecoupées de profonds sommeils, pour économiser l'énergie et faire le plein de Soleil…
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Second débarquement. Spirit est enfin aux pieds des Hills. Au sol 140, alors que l'engin avait creusé une petite tranchée avec ses roues, les spectromètres mettaient en évidence du Sulfate de Magnésium en sub-surface. Cet élément trahit vraisemblablement la présence passée d'eau liquide qui s'étant évaporée a laissé dans le sol ces sels minéraux… L'engin a depuis parcouru du chemin et se retrouve maintenant sur le contrefort des Hills, aux pieds de West Spur. Un peu perché en altitude, il s'est retourné pour prendre des panoramiques de Gusev. Le paysage découvert est splendide, quasi lunaire. Le beau temps aidant, la plaine de Gusev apparaît du premier au dernier plan, foncièrement différente de l'impression que l'on en avait depuis le 1,8 m de hauteur du robot. Le premier plan est fidèle à ce que l'on avait observé (on ne note pas du reste la déclivité marquant la présence des Hills) mais le second plan révèle la surface sur laquelle Spirit a roulé depuis son arrivée. L'impression est curieuse. On perçoit des reliefs et des formations (impacts notamment) marqués. Au troisième plan, des reliefs plus importants sont visibles ça et là. Il s'agit d'autres collines bien identifiées par MGS. Enfin, et l'impression est magique, au quatrième et dernier plan, les remparts de Gusev, situés à 80 km de là. On y observe des éperons et l'image est si nette que l'on comprend que le versant du rempart de Gusev n'est pas du tout le même que celui des Hills. Très imposant, bien plus haut topographiquement parlant, l'eau ne s'y est pas écoulée sur toute la hauteur ! Enfin, même cette hauteur varie.
Vivement les panoramas complets à haute résolution et en couleurs ! (c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM |