L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
Semaine 11 (14 mars)

Balade au-dessus de Melas, Candor et Ophir Chasma,
au centre de Valles Marineris

Cliquez pour ouvrir l'image en haute résolution (3812 ko) Décidément, la caméra HRSC de la sonde orbitale européenne Mars Express n'a pas finie de nous surprendre, y compris dans des zones de la planète que l'on est habitué à observer (même en 3D) depuis les sondes Viking…

Voici cette semaine des vues obliques et redressées du centre du plus grand canyon du Système Solaire, long de plus de 4000 km et profond de près de 10 km, le célèbre Valles Marineris alias Coprates.

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Mars Express a réalisé ces images durant les orbites 334 et 360 les 24 avril et 2 mai 2004, à la résolution comprise entre 21 et 30 m par pixel. Le centre est situé entre 3° et 13° de latitude Sud et entre 284° et 289° de longitude Est. Le Nord est en haut. La scène couvre environ 300 par 600 km de territoire.

La vue en perspective accentue les nombreuses impressions que l'observateur ressent à l'analyse du cliché haute résolution. Tout d'abord l'extraordinaire beauté du paysage, la pureté des formes, les reliefs gigantesques, les versants découpés par l'érosion tantôt en éperons tantôt véritablement flués ou effondrés sur eux-mêmes dans des chaos surprenants et probablement impénétrables…

Ensuite, l'étonnante complexité des épisodes géologiques et géomorphologiques qui se sont succédés dans cette région durant des milliards d'années rend les interprétations difficiles. Pas moyen de dater précisément les épisodes et peu facile même de les identifier dans leur nature même comme dans l'ordre historique de leur déroulement…

Le grand spécialiste français des processus géomorphologiques qui se sont opérés dans Valles Marineris, le professeur J.-P. Peulvast (Université Paris IV) aura encore bien des décennies de travail devant lui à cartographier avec méthode et grande précision des portions particulièrement intéressantes de cette région toujours inexplorée…

Par ailleurs, nous ne pouvons nous empêcher une remarque. A mesure que nos technologies s'affinent, les planétologues gagnent en précision d'observation ce qu'ils perdent en analyse régionale ou globale des processus. Quand MRO entrera en service, les résolutions atteindront 20 cm par pixel. Il faudra alors du talent pour remettre dans leurs contextes régionaux, les observations réalisées ultra localement…

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(c) Texte : Gilles Dawidowicz/APM
(c) Images : ESA/DLR/FU Berlin/G. Neukum et FU Berlin/MOLANEW