L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
Semaine 12 (21 mars)

Spirit surprend deux dust devils

On se souvient tous des dust devils (en français tourbillons de poussières) qui sur Mars balafrent de très nombreuses régions...

On se souvient aussi des traces sombres et chaotiques laissées sur le sol du cratère Gusev par ces mêmes tourbillons de poussières mises en évidence par la caméra MOC de la sonde MGS, précisément dans la zone d'atterrissage de Spirit…

Nous savions bien avant l'arrivée de Spirit dans sa zone d'exploration, que l'endroit changeait rapidement d'aspect, en seulement quelques mois, sous l'effet des dust devils. Et, il ne fut pas très compliqué de retrouver des clichés MOC montrant ces changements.

Depuis janvier 2004 et l'arrivée de Spirit, cela faisait des mois que l'on espérait en observer et particulièrement lors des 60 sols qu'a durée la traversée depuis Bonneville jusqu'aux pieds des Columbia Hills. Sans succès.

Mais voilà, qu'en prenant de l'altitude durant l'ascension finale des plus célèbres collines martiennes, jetant au sol 421 (le 10 mars 2005) un coup de caméra dans la vaste plaine de Gusev dominée de haut, Spirit a surpris deux dust devils en pleine action ! Certes, il faut un certain coup d'śil pour les repérer et sans traitement d'image, les phénomènes sont pour le moins … discrets ! Mais ils sont bien là et si les poussières accumulées sur les panneaux solaires de Spirit vont et viennent, c'est aussi très probablement parce qu'elles ont été reprises par des dusts devils, passées inaperçues jusque-là… D'ailleurs ce n'est sûrement pas un hasard, mais la veille de cette observation, les panneaux solaires de Spirit délivrèrent 50% d'énergie…

Enfin, en comparant les différentes images prises par les différentes caméras de l'engin, les ingénieurs ont estimé que les tourbillons de poussières se sont déplacés de 500 m en 155 secondes soit une vitesse d'environ 3 m/sec. Les dusts devils se trouvaient à environ 1100 m du robot.

© Texte : Gilles Dawidowicz/APM
© Images : NASA/JPL/Gilles Dawidowicz