L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
Semaine 15 (11 avril)

Titan, un petit air de planète Mars
2ème partie

On se souvient tous de cette image du sol de Titan qui le 14 janvier 2005 fit le tour de le Terre en quelques minutes. L'Europe spatiale écrivait en majuscules l'Histoire…

On sait depuis, que l'impact avec le sol s'est fait à la vitesse de 4,39 m/s, que la sonde était chauffée à 85°C et que le sol à -180°C étant gorgé de Méthane (liquide ?) a suffoqué et provoqué une légère sublimation détectée par les capteurs du lander. Ensuite, celui-ci s'est enfoncé de 16 cm dans une " crème brûlée ", en fait très probablement du sable humide peut-être recouvert d'un cortex. La sonde figée à jamais est alors inclinée de 11° environ.

Bienvenu sur Titan, car outre ces informations, il fait dehors 93,65°K pour une pression atmosphérique de 1467 ± 15hPA. Si Vénus est un enfer, Titan est un formidable congélateur !

Outre le Méthane, d'autres espèces ont probablement été détecté comme l'Argon 40, l'Ethane, l'Ethanedinitrile, l'Acetylène, le Benzène et même le Dioxyde de Carbone… mais il faudra encore de mois d'analyses des données pour en être sur et affiner les valeurs trouvées.

Quant à la dynamique de l'atmosphère de Titan (épaisse de 1600 km), la rentrée de l'engin européen a permis de préciser les variations étonnantes de pressions et de températures, dans la thermosphère notamment.

Enfin, le sol. Jonché de galets de glace d'eau sale mêlée peut-être à du Méthane et/ou de l'Ammoniaque congelés et des poussières photochimiques (monomères d'altitude agglomérés à mesure qu'ils tombent vers la surface), il ressemble à une plage sur Terre ou sur Mars voire même à quelques régions sur Vénus. Bref, tellement semblable et pourtant si différent…

Maintenant que les planétologues du monde entier possèdent des données pour les 30 ou 50 prochaines années, il convient de militer pour un retour sur Titan plus musclé. Et si ce retour passait pas des essais sur Mars ? Car il faudra pour des raisons d'énergie emporter à bord des RTG et l'on parle déjà d'aérostats (ballons ou zeppelins), d'aéronefs (planeurs, drones ou hélicoptères), de rovers à chenilles, de pénétrateurs et de taupes…

Car au lieu de tester sur la Lune des technologies martiennes (très différentes des technologies lunaires), testons donc sur Mars des technologies qui seront utiles pour explorer le Système Solaire profond, bien moins différentes et bien plus applicables autour de Jupiter, de Saturne, d'Uranus et de Neptune.

© Texte : Gilles Dawidowicz/APM.
© Images : ESA