L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
Semaine 21 (23 mai)

De très petits (et curieux) cratères d'impact

Les cratères d'impact, sur Terre, ont une taille qui est directement fonction de la taille de l'impacteur une fois l'atmosphère traversée. En fait, cette taille résiduelle dépend surtout de sa taille initiale et de sa composition à savoir s'il est métallique ou pierreux, en somme de sa résistance à l'atmosphère de la Terre. Le reste n'est question que de vitesse, d'angle d'arrivée et de type de terrain impacté...

Ainsi sur Terre, les plus petits météores ne forment pas lors de leur chute de petits cratères d'impact mais se consument dans l'atmosphère. Les cratères d'impact terrestres observés aujourd'hui ont été façonnés par de gros bolides. Par ailleurs, on sait aussi que les agents de l'érosion agressent rapidement ces formations météoritiques et les effacent avec le temps…

Mais y a-t-il une taille minimale a un cratère d'impact ? Durant des décennies, les astronomes ont donné la valeur de 10 m de diamètre.

Nous pensions jusque-là qu'il en était plus ou moins de même sur Mars, moyennant quelques ajustements physiques comme l'épaisseur de l'atmosphère sensiblement différente par exemple.

Et bien, cela ne semble pas être aussi simple : le rover Opportunity a découvert dans la plaine de Terra Meridiani, peu avant de s'enliser, deux petites cavités circulaires formées dans des poussières très fines, qui ne peuvent être que des cratères d'impact.

Spirit avait observé des cratères de 40 cm de diamètre dans le cratère géant Gusev. Ces cratères anciens étaient très érodés et comblés de sables et de sédiments. C'étaient les plus petits cratères jamais observés sur Mars.

Mais ceux observés par Opportunity sont encore plus petits et donc très frais. Le premier fait 20 cm de diamètre et 1 cm de profondeur. Le second, plus petit, fait 10 cm de diamètre et moins de 1 cm de profondeur.

S'ils n'étaient pas récents, ils auraient depuis longtemps été comblé par les poussières et les sables éoliens par ailleurs très mobilisables dans la zone explorée. Peut-être ne sont-ils pas des cratères primaires (issus d'une collision directe) mais des cratères secondaires engendrés par les éjectas d'un cratère d'impact plus gros et relativement proche ? Dans les deux, ils auraient du être rapidement comblé de sédiments de toutes façons !

Une chose surprenante est également à noter : la relative proximité des deux structures. Sont-elles liées à la même chute ? Y a t-il dans la zone alentours d'autres cavités de ce type ? Autant de questions sans réponse…

Quoiqu'il en soit, c'est la première fois en 5 sondes martiennes au sol (dont 3 mobiles) que l'on observe de si petits impacts.

© Texte : Gilles Dawidowicz/APM.
© Images : NASA/JPL.


Mise en ligne : Gaël SCOT - 2005.