L'image martienne de la semaine par Gilles Dawidowicz
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Et voici cette semaine comme illustration, un exemple de chenaux façonnés par l’épanchement de laves fluides, dans la région du volcan Pavonis Mons, un des volcans géants du dôme de Tharsis.
Ces clichés (centrés vers 0,6°S par 246,4°E) proviennent de la caméra HRSC de la sonde européenne MEX alors qu’elle accomplissait sa 902ème orbite, le 2 octobre 2004. Leur résolution est voisine de 14,3 m par pixel.
Les trois géants sont les célèbres volcans boucliers faisant front au non moins célèbre Olympus Mons.
Ils s’étendent dans un alignement long de 1 500 km, Pavonis Mons étant le volcan central, bordé au Nord par Arsia Mons et au Sud par Ascreus Montes. Le volcan Pavonis Mons culmine à environ 12 km d’élévation au-dessus des plaines environnantes. Ses pentes, relativement douces, se sont uniquement assemblées lors des divers épisodes éruptifs, à la manière des volcans boucliers sur Terre, qui poussent sur eux-mêmes… Ces pentes sont essentiellement faites de laves très peu visqueuses.
La scène étudiée se situe sur le versant Sud-Ouest de Pavonis Mons. Les planétologues pensent que ces chenaux, en forme de gouttières et dont le profil est en U sont d’anciens tubes de laves, qui résultent de l’écoulement de laves chaudes et fluides le long des flancs du volcan. La majeure partie de ces édifices méandre peu.
Aucun de ces chenaux n’est calibré : ils finissent tous moins large à l’aval qu’à l’amont. Le plus long de ces chenaux, celui situé au Nord-Ouest de la scène, s’étend sur plus de 59 km et fait dans sa partie amont près de 1 900 m de large tandis qu’il se termine avec une largeur d’environ 280 m dans sa partie aval.
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On pense que ces chenaux se sont formés de la manière suivante. Tandis que les coulées de lave se répandaient lors de mêmes épisodes éruptifs ou lors d’épisodes multiples (selon les endroits), la partie externe s’est peu à peu refroidie et solidifiée, mais les écoulements internes ont continué à se produire à l’intérieur des chenaux un certain temps. Une fois la source de lave tarie, les tunnels d’écoulements se sont vidés d’eux-mêmes. Plus tard, des effondrements naturels se sont produits, le toit des tunnels s’effondrant sur lui-même pour donner le paysage que l’on observe aujourd’hui. Des chenaux d’origine volcanique semblables, existent aussi sur Terre et sur la Lune…
Les vues en perspective et les anaglyphes de Pavonis Mons ont été obtenus grâce à 3 canaux couleur et au canal Nadir de la caméra HRSC combinées aux MNT calculés depuis les données du canal stéréo.
© Texte : Gilles Dawidowicz/APM.
© Images : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum).
Mise en ligne : Anthony Rocher