SPIRIT

OPPORTUNITY.


Travail dans le cratère

27/06/2004

Fraisage dans "Tennessee"
Opportunity
s'est mis au travail à l'intérieur du cratère Endurance, où il a creusé à la fraise le rocher "Tennessee". Le dimanche 13 juin (sol 138), le fraisage a duré 2 heures et 4 minutes, décapant la roche sur 8,12 millimètres. C'est un record de profondeur-on n'est plus très loin du centimètre-le dernier record remontant au 21 avril (7,23 mm fraisés sur le rocher Pilbara). Le lundi 14 juin (sol 139), la sonde recueille une mosaïque d'images de la cavité polie avec son microscope, et le mardi 15 juin (sol 140) elle en fait une analyse au spectromètre mini-TES et au spectromètre Mössbauer, spécialisé dans l'identification des minéraux.

Cette opération une fois terminée, le mercredi 16 juin (sol 141), Opportunity reprend sa prudente descente dans le cratère et effectue 0,7 mètre pour atteindre un point de contact entre deux strates de roches différentes. L'astromobile n'identifie pas moins de trois contacts différents et commence son repérage du site avec la caméra et le spectromètre infrarouge mini-TES.

Le jeudi 17 juin (sol 142), l'équipe choisit trois emplacements sur les strates rocheuses-dénommées "Bluegrass", "Siula Grande" et "Churchill"-sur lesquels le robot se met au travail avec microscope, avant d'y tourner ses spectromètres X et Mossbauer. Mais c'est le rocher "Cobble Hill" qui retient finalement l'attention : le vendredi 18 juin (sol 143), Opportunity commence par y décaper une cible à la fraise sur 3 millimètres de profondeur. Travail en cours...

Fatigue et premier pas à l'intérieur du cratère

13/06/2004

Même avec 1,4 kilomètre au compteur, il n'est pas question d'envoyer Opportunity dans le cratère Endurance sans être à peu près sûr qu'il en ressorte ! C'est en tout cas ce que traduit la petite incursion que les ingénieurs lui ont permis le 8 juin dernier (sol 133), après s'être déplacé sur le bord jusqu'au bon endroit (sol 130) et avoir fait un premier essai avec 2 roues seulement (sol132). Cette fois-ci, ce sont toutes ses roues qui se sont retrouvées à l'intérieur du cratère. Il en est ressorti sans encombre, sans avoir dérapé plus que ce qui est acceptable. Après ce premier succès, quelques essais supplémentaires devraient finalement décider l'équipe de pilotage de l'astromobile à l'envoyer plus au fond du cratère.

Car c'est bien l'objectif qui est visé : le faire descendre d'une demi-douzaine de mètres à l'intérieur du cratère pour l'analyser plus en détail. Les scientifiques avaient identifié au fond du cratère "Eagle" qu'il y avait au sol des traces d'évaporation d'eau salée. Mais ce cratère-là était trop peu profond pour donner des indices sur ce qui avait précédé l'apparition d'eau dans le cratère. C'est ce qu'ils espèrent trouver ici, dans le cratère Endurance : si le fond du cratère devrait également avoir pu accumuler de l'eau, ses flancs pourraient être restés à l'air libre. C'est le but de l'incursion d'Opportunity dans le cratère. L'astromobile ne devrait d'autre part pas s'aventurer jusqu'au fond du cratère car celui-ci est tapissé de sable où il risquerait de s'enliser.

Mais ce n'est pas parce qu'il se contentera d'explorer les flancs du cratère Endurance que cette petit expédition sera sans danger. En effet, certaines pentes atteignent 40° et les ingénieurs redoutent qu'Opportunity ne puisse plus ressortir, même si les résultats scientifiques peuvent valoir le sacrifice du rover.

Ces dix derniers jours ont permis d'effectuer des essais afin de limiter cette prise de risque. D'une part, les images qu'Opportunity avaient prises tout autour du cratère ont permis aux ingénieurs d'identifier un chemin, à partir de Karatepe, vers l'intérieur du cratère. La pente n'y dépasserait pas 20°. D'autre part, sol 126, les équipes lui ont fait tester l'adhérence du sol en lui faisant reculer avec deux de ses roues bloquées, tandis que les 4 autres le traînent. Ils lui ont également fait déblayer la couches superficielles et oxydée du sol pour découvrir le rocher qui permet une meilleure tenue. Enfin, ils ont conduit des essais avec un rover sur Terre, jusqu'à des pentes de 25° ; ce qui leur a permis de confirmer les marges d'Opportunity.

Les autres jours ont été consacrés à des communications avec la Terre et à des analyses de sol sur deux endroits identifiés comme "McDonnell" et "Pyrrho". Elles ont consisté principalement en des mesures aux spectromètres à rayons X, Mössbauer et à émission thermique.

Comme Spirit, Opportunity souffre du froid et il n'est pas rare que son activité soit interrompue pour sauvegarder ses batteries. Il lui arriver de plus en plus fréquemment de faire une "sieste", les ingénieurs le mettant en mode "deep sleep" pour recharger les batteries.

Opportunity au bord du gouffre

08/06/2004

Alors que Spirit sprinte comme un lièvre vers les Columbia Hills à travers un terrain semé d'embûches, Opportunity se livre à une exploration beaucoup plus lente et prudente de ses environs, en l'occurrence la crête piégeuse du cratère Endurance.

Le jeudi 20 mai de l'ascension (sol 119), Opportunity a accompli 12 mètres avec précaution pour se positionner 3 mètres seulement du bord du cratère. Ses caméras de navigation retransmettent une vue à couper le souffle du gouffre devant lui et du bord opposé du cratère, avec ses magnifiques affleurements lités qui trahissent au spectromètre infrarouge une abondance de sulfates.

Le 21 mai (sol 116), l'astromobile s'est tourné légèrement vers la droite et s'est avancé d'un mètre cinquante pour adopter une position idéale en vue de camper plusieurs jours sur la lèvre sud-est du cratère. Depuis lors, il conduit patiemment ses observations et prend ses panoramas face au nord-ouest. Il s'est même rapproché à un mètre du rebord du cratère, avec devant lui une pente fatale de 40 degrés. Toute fausse manœuvre est désormais à exclure !

Les ingénieurs récoltent non seulement des panoramas du cratère, mais aussi des images des plaques de sédiments qui sont sous les roues mêmes de l'astromobile, et que le robot a passé plusieurs jours à photographier avec le microscope-une séquence qui a requis environ 150 images. On voit de nouveau sur cette impressionnante mosaïque les strates aux fines ondulations, écaillées par l'érosion, et le saupoudrage désormais familier de minuscules " myrtilles " d'hématite sur la roche feuilletée.

Opportunity fait le tour du cratère Endurance

24/05/2004

Opportunity est engagé dans un prudent tour du cratère Endurance dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le samedi 8 mai (sol 103), il parcourt 13 m sur le rebord est du cratère, en direction du sud, et s'approche le dimanche 9 d'un rocher baptisé " Lion Stone " qui mesure environ 30 cm de long sur 10 cm de hauteur. Son compteur affiche 1054 m en fin de journée.

Décapage à la fraise de "Lion stone"

Le lundi 10 mai (sol 105), l'astromobile prend des images au microscope du rocher et du sol environnant, puis recueille un spectre Mössbauer du rocher, avant de passer au spectromètre alpha le lendemain matin. Il se repositionne alors pour une opération de décapage à la fraise du rocher le mercredi. Il effectue également de la télédétection au mini-TES, repérant notamment le bouclier thermique de la sonde, qui s'est écrasé à 250 m du cratère Endurance. Le jeudi 13 mai (sol 108), l'analyse du rocher est terminée et Opportunity roule sur 32 m pour gagner le bord du cratère et reconnaître la route à suivre durant les prochains jours. Il abat 40 m de roulage le vendredi, ainsi que le samedi, journée au terme de laquelle il fait patiner ses roues et déloge une plaque de sol.

L'astromobile se remet ensuite à rouler le long de la crête méridionale du cratère, se retrouvant penché de 8° vers le sud, ce qui n'est pas idéal pour l'alimentation électrique de la sonde (qui se trouve dans l'hémisphère sud, alors que l'hiver approche et que le Soleil se trouve donc vers le nord).

Le dimanche 16 mai (sol 111), Opportunity effectue 40 m le long de la crête sud du cratère. Afin de l'aider à recharger ses batteries, les ingénieurs du JPL décident d'éliminer ses périodes de transmission radio le lundi 17, mais une erreur de télécommunication empêche ce nouveau programme d'atteindre la sonde. Celle-ci continue donc son programme habituel de télédétection et de transmission vers la Terre, finissant de décharger ses batteries.

Le mardi 18 mai (sol 113) est donc une journée de repos pour l'astromobile, afin qu'il commence à recharger ses batteries, et un programme allégé lui est communiqué pour le mercredi 19 mai et les jours suivants, afin qu'il complète cette recharge électrique. Il a seulement pour mission de s'approcher de la crête du cratère afin d'effectuer de nouvelles prises de vue panoramiques.

Opportunity : 100 sols sur Mars

14/05/2004
Opportunity va analyser "Lion stone"
dans les sols à venir

Opportunity a donc atteint le rebord ouest du spectaculaire cratère Endurance le 30 avril et a passé les premiers jours de mai à l'étudier par télédétection, tant en visible qu'en infrarouge. Le rover a notamment recueilli des images détaillées de deux parcelles de terrain qui sont des cibles potentielles : l'une est située sur le rebord interne nord du cratère, l'autre sous le rebord sud-ouest. Le mercredi 6 mai, il s'agit pour la sonde de la centième journée sur Mars : sol 100.

Le jeudi 6 mai (sol 101), comme pour s'en remettre, le rover est plongé dans un sommeil profond (deep sleep mode) : une nouvelle configuration électrique destinée à interrompre l'alimentation des résistances chauffantes dans le bras robotique, dont on sait que l'interrupteur est coincé en position fermé. En shuntant cette partie du circuit, il n'y a plus de perte de courant durant la nuit. Cela étant, un instrument risque de souffrir du froid : le spectromètre mini-TES qui n'a plus de chauffage, alors que la température nocturne chute à -46 °C. Ce deep sleep mode ne sera donc pas utilisé trop souvent.


Opportunity découvre le cratère Endurance

07/05/2004

Dernière semaine d'avril triomphale pour Opportunity qui atteint son objectif principal de 90 jours sur Mars. Avant cela, le vendredi 23 avril (sol 88), le robot termine son analyse du rocher Pilbara aux abords du petit cratère Fram : il s'agit d'un agrégat de petites billes d'hématite, identique aux affleurements du cratère Eagle. Mais les chercheurs décident de ne pas s'attarder à cet endroit, car il leur tarde d'atteindre le grand cratère Endurance, destination prioritaire. Le samedi 24 avril (sol 89), Opportunity s'attarde toutefois pour quelques ultimes analyses de sol dans le secteur (sur une cible dénommée " Nougat ").

Le dimanche 25 est donc le grand jour : c'est le 90ème sol sur Mars - symbole de succès pour la mission - et Opportunity peut se targuer de 812 m au compteur (dont le record de 100 m en une journée, le 5 avril), 12 429 images envoyées à la Terre, et 15,2 gigabits de données au total. On sait qu'Opportunity a découvert au cours de sa mission les preuves de l'existence d'un plan d'eau - lac salé ou véritable mer - sur son site d'atterrissage.

Après quelques analyses de sol supplémentaires, l'astromobile reprend sa marche le lundi 26 avril (sol 91) et accomplit 40 mètres pour se retrouver à moins de 200 m du rebord du cratère Endurance. Il s'en rapproche encore le mardi 27 et le mercredi 28 (sols 92 et 93), engrangeant 106 m supplémentaires en deux jours : il ne lui reste plus que 70 m à franchir pour découvrir l'intérieur du cratère convoité.

Le jeudi 29 (sol 94), Opportunity couvre 50 m de plus et le vendredi 30 (sol 95) grignote les 17 derniers mètres pour atteindre la crête ouest du cratère Endurance et découvrir un panorama superbe. Devant le robot, la pente du cratère plonge selon un angle de 18 degrés sur une vingtaine de mètres, puis s'adoucit vers le fond de la dépression, large de 130 m (soit un cratère un peu plus petit que le cratère Bonneville de Spirit). De magnifiques affleurements rocheux, semblables à ceux du cratère d'atterrissage Eagle, affleurent sur le bord opposé. Le robot passe le week-end du samedi 1 et du dimanche 2 mai à recueillir des panoramas complets en couleurs, en relief et en infrarouge du cratère. La question, désormais, est de déterminer s'il est prudent d'envoyer Opportunity à l'intérieur du bol pentu, dont il aurait peut-être du mal à ressortir. Ou bien s'il doit rester sur la crête et en faire le tour. En tout cas, le cratère Endurance est un site extraordinaire à étudier et devrait occuper la sonde des semaines durant.



Nouveau record pour Opportunity : 140 m en un jour!

25/04/2004

Dans les plaines de Terra Meridiani, Opportunity est lancé tout comme Spirit dans une phase de roulage " pied au plancher " afin d'atteindre le prochain site intéressant. Le vendredi 16 avril (sol 81), il termine l'étude au spectromètre d'une tranchée creusée avec sa roue une semaine auparavant, puis engrange 40 mètres dans l'après-midi.

Mais c'est le samedi 17 avril que l'astromobile accomplit une avancée "fulgurante" de 140 mètres, améliorant donc de 40 m son précédent record (100 m) établi deux semaines auparavant. Le record de Spirit, pour comparaison, est de 75 m en une journée.

La technique de navigation est devenue routinière : une première moitié selon les instructions communiquées par le personnel du JPL d'après les images de la veille, et la seconde moitié en régime automatique avec le logiciel de bord. Les 140 m ont été parcourus en trois heures de temps, la moyenne horaire dépassant donc 40 m. Opportunity se trouve alors à moins de 100 m du cratère Fram, étape de son parcours. Cette journée du samedi 17 avril est triomphale, puisque ce sprint permet à Opportunity de dépasser 600 m au compteur (627,7 m exactement), la limite de 600 m ayant été fixée comme critère de succès pour la mission. Rappelons que Spirit a lui-même dépassé cette limite, il y a deux semaines, et atteint pour sa part la barre des 1000 m !

Le lundi 19 avril (sol 84), Opportunity conduit quelques observations avec son spectromètre Mössbauer et son microscope, puis progresse de 25 m vers le rebord du cratère Fram. Le mardi 20, il longe la crête du cratère pour se positionner auprès d'un rocher dénommé "Pilbara" pour une étude détaillée. Le mercredi 21, il entreprend le nettoyage et le décapage à la fraise d'une petite surface du rocher, le trou dégagé atteignant une profondeur "record" de 7,2 millimètres. Toutefois, le rover doit ensuite reculer pour mieux placer sur la cible les instruments d'analyse.

L'analyse du rocher Pilbara débute donc le jeudi 22 avril (sol 87), avec les spectromètres Mössbauer, puis alpha, ainsi qu'avec le microscope et le spectromètre infrarouge mini-TES. La comparaison des résultats avec ceux des affleurements du cratère d'atterrissage Eagle promet d'être intéressante. On retiendra aussi que le dimanche 25 avril est le 90ème jour d'Opportunity sur Mars: du point de vue de la durée comme du kilométrage-sans compter de l'extraordinaire moisson scientifique-la mission est un succès total.




Opportunity se repose après son 100 mètres

16/04/2004

Le 5 avril (sol 70), Opportunity avait établi un record de distance sur Mars en accomplissant 100 mètres d'un trait, jusqu'à un sillon dans la plaine qui dévoile de nouvelles traces des roches sédimentaires qui l'avaient tant fasciné dans son Eagle Crater d'atterrissage.

Le mercredi 7 avril, l'astromobile effectuait 50 m supplémentaires afin de contourner la crevasse sinueuse et se positionner à son extrémité nord-est sur un site baptisé " Anatolia ". Le jeudi 8 (sol 73), elle longeait la crevasse pour finir ses observations mini-TES et creusait une petite tranchée avec sa roue pour faire des observations plus précises du sol dévoilé.

Tout comme son jumeau dans le cratère Gusev, Opportunity débute le vendredi 9 la séquence de remplacement de son logiciel de bord (voir Spirit). En plus de la mise à jour de son logiciel de navigation et de son logiciel de gestion des mémoires flash, Opportunity reçoit une nouvelle configuration (deep sleep mode) afin d'éteindre occasionnellement le circuit électrique qui alimente son bras articulé, dont une résistance chauffante a l'interrupteur coincé en position fermé et draine les batteries. La perte de courant sera ainsi jugulée.

Le mardi 13 avril, le " reboot " de l'ordinateur avec son nouveau système se déroule parfaitement et le mercredi 14, Opportunity se remet au travail avec une étude au spectromètre Mössbauer du sol qu'il a retourné quelques jours plus tôt en creusant sa tranchée. Le jeudi 15 (sol 80), cette opération est terminée, suivie d'une étude de l'itinéraire à suivre avec la caméra panoramique. Il est temps en effet pour l'astromobile de repartir en direction de son objectif distant d'un demi kilomètre - le cratère Endurance - en passant par un petit cratère " étape " sur le chemin, baptisé " Fram ".

Opportunity en route pour le cratère Endurance

9/04/2004

Fin mars et début avril, Opportunity s'est attardé auprès du rocher " Bounce ", à quelques mètres du petit cratère " Eagle " dont il est enfin sorti.

Le jeudi 25 mars, la sonde a étudié une traînée de sol clair au spectromètre Mössbauer, puis au spectromètre alpha le lendemain, tandis que la caméra recueillait un panorama en couleurs du paysage à haute résolution.

Quelques soucis d'informatique sont rencontrés durant le weekend : un fichier de mémoire auxiliaire endommagé est réparé. Opportunity s'immobilise auprès du rocher baptisé " Bounce " (" rebond "). C'est le rocher que frappa la sonde, matelassée dans ses airbags, lors de l'atterrissage. Le spectromètre mini-TES indique que le rocher est riche en hématite, et le rover va donc l'étudier sous toutes ses coutures, à commencer par un examen au microscope le mercredi 31 et au spectromètre Mössbauer durant la nuit. Le jeudi 1er avril, la fraise se met en action pour décaper une cible (dénommée " Case ") sur la roche, la creusant sur 6,5 mm de profondeur. Le Mössbauer recueille alors un nouveau spectre de la surface décapée.

Durant le weekend, le rover continue son examen de la roche au microscope et aux spectromètres Mössbauer et alpha, et examine également le sol à ses " pieds ".

Le lundi 5 avril est un grand jour : Opportunity quitte son rocher (il l'écrase de ses roues au passage pour estimer ses caractéristiques mécaniques) et n'engrange pas moins de 100 m lors d'un roulage record en direction du cratère Endurance. Au terme de ce sprint, il se retrouve aux abords d'un sillon dans la plaine, baptisé " Anatolia ", où affleure quelques plaques sédimentaires similaires à celles qu'il a étudiées dans le cratère Eagle.

Le mercredi 7 avril, le rover contourne Anatolia, qu'il ne manque pas d'examiner au spectromètre mini-TES, et roule 50 m supplémentaires jusqu'à l'extrémité nord-est du sillon. Le restant de la semaine sera passé à creuser une tranchée dans le sol et à en effectuer l'analyse.

Opportunity sort de son nid

26/03/2004

Opportunity ne se lasse pas d'étudier les petites sphérules, baptisées " blueberries ou " myrtilles " par les Américains. Ces petites billes riches en hématite donnent à Terra Meridiani sa signature spectrale si particulière.

Tout en continuant l'analyse d'un tas de billes dans la petite cuvette baptisée " Berry Bowl " en la circonstance, l'astromobile prend le temps d'observer, le vendredi 12 mars, le passage de la petite lune Phobos devant le soleil. Il effectue ensuite un changement d'instruments au bout de son bras robotique afin d'étudier les sphérules au spectromètre alpha.

Le samedi 13 mars, Opportunity termine ses trois jours d'étude du bol à sphérules pour gagner l'extrémité Sud-ouest de cet affleurement rocheux qui l'obsède depuis son arrivée sur Mars. Le lundi 15, il commence la semaine par une nouvelle série d'analyses dans la moitié Est de l'affleurement, où l'on peut distinguer un fin litage ondulé dans la roche sédimentaire, qui donne l'impression d'une déposition dans de l'eau liquide.

Il est alors temps de songer à quitter le petit cratère " Eagle ", nid douillet où Opportunity a passé les premiers 50 sols de sa mission.

Le mardi 16, l'astromobile redescend la pente vers sa plate-forme d'atterrissage qu'il contourne pour grimper la pente Est du cratère en vue de sa tentative de sortie en fin de semaine. Il ne peut pas résister à la tentation (soufflée depuis la Terre) d'analyser le sol sur son chemin, le jeudi 18 et vendredi 19. En début de week-end, Opportunity compte 115 m à son compteur (sol 54), ce qui lui permet à son tour, après Spirit, de battre le " vieux " record de Sojourner de 1997. Le week-end n'est toutefois pas de tout repos, puisque l'astromobile dérape quelque peu en tachant de gagner la crête de son cratère " Eagle " pour sortir du nid. Les navigateurs lui tracent un nouveau plan de sortie.

Après une progression dans le cratère le dimanche, Opportunity parvient enfin à sortir du cratère le lundi 22 mars (sol 57) et accomplit 9 mètres d'un trait. Désormais, il peut démarrer son sprint vers son prochain objectif : le grand cratère Espérance, distant de 700 m.

Les navigateurs espèrent rouler jusqu'à 100 m par jour vers ce nouvel objectif du plus haut intérêt, puisqu'il est également stratifié, et plus profond que le petit cratère " Eagle " que le robot a étudié ces deux derniers mois.

Mais c'est sans compter avec la curiosité des géologues. Le mardi 23 mars, Opportunity ne s'élance pas en avant, mais reçoit commande de faire demi-tour pour revenir étudier une parcelle de terrain clair. Le sol sera passé au crible des spectromètres, puis, en fin de semaine, le rover s'engagera résolument sur le chemin du cratère Espérance.

Images NASA/JPL

Opportunity découvre les traces d'un ancien océan salé.

23/03/2004

La NASA a annoncé mardi 23 mars 2004 qu'un océan d'eau salé recouvrait jadis la plaine martienne actuellement explorée par le rover Opportunity. Cet endroit a connu un environnement très semblable à la Terre qui a probablement été propice à la vie. C'est le lieu le plus ressemblant à la Terre jamais découvert sur une autre planète.

Les indices déterminants ont été rassemblé ces derniers jours avec la détection de chlore et de brome. Ces substances indiquent qu'un océan salé s'est évaporé à cet endroit. D'autres indices sont venus de l'enchevêtrement de couches sédimentaires dans les rochers qui indique qu'ils se sont formés sous de l'eau en mouvement.

Vue au microscope des couches sédimentaires

Les sédiments qui ont la taille de grains de sable se sont agglomérés en formant des rides dans une eau d'au moins 5 centimètres de profondeur et probablement beaucoup plus. L'eau s'est écoulée à environ 1,5 km/h. Les premières interprétations de ces rides avaient indiqué aux chercheurs que les roches avait été imprégnées d'eau, mais ils ne pouvaient pas déterminer si l'eau était présente au moment de leur formation ou si elle était arrivée plus tard. La découverte de brome indique que les particules qui forment les roches ont précipité dans de l'eau dont les concentrations de sel se sont élevées à fur et mesure de l'évaporation de l'eau.

Cette découverte apporte un nouvel éclairage sur la possibilité que des formes de vie ont peut-être pu prendre pied sur la Planète rouge lorsqu'elle était plus jeune, plus chaude et plus humide.

Les scientifiques n'ont encore aucune idée de la profondeur de cet océan, ni quand et combien de temps il a existé. La seule certitude est qu'Opportunity se trouve actuellement sur les anciens rivages d'un océan salé martien. Les roches examinées pourraient bien avoir préservé les signes de formes de vie martienne si elles ont jamais existé. Meridiani Planum devient ainsi l'objectif prioritaire des futures missions destinées à découvrir des indices biologiques.

Opporyunity a maintenant quitté son cratère et s'apprête à filer vers un autre, plus grand, où les scientifiques espèrent trouver un affleurement plus important pour en apprendre davantage. Les chercheurs aimeraient maintenant déterminer la profondeur et l'histoire de cet océan.

Images NASA/JPL

La fraise a calé

12/03/2004

Arrivé le samedi 6 mars dans la zone de "Slick Rock", et ayant affronté des pentes de 11°, Opportunity commence l'analyse d'une surface rocheuse baptisée "Flat Rock", en s'empressant d'abord de lui donner un coup de fraise. Mais le dimanche 7 mars, les images montrent que la fraise n'a pas fait son travail. Le spectromètre alpha se met toutefois en position pour faire une analyse élémentaire de la roche.


Accumulation de poussière sur la fraise

Apparemment, la fraise a calé à cause de la poussière et des variations thermiques qui affectent les roulements. Augmenter le voltage apparaît comme la meilleure solution pour éviter ce problème à l'avenir. Le lundi 8 mars, le spectromètre Mössbauer examine à son tour "Flat rock". Le mardi 9, la fraise se remet au travail, cette fois-ci sans souci : une fois une surface fraîche décapée, caméra et spectromètres se sont jetés sur leur pâture. La prochaine surface à analyser, à peu de distance de là, est un bout d'affleurement baptisé "Berry Bowl". Sans doute que ces "baies" que sont les sphérules y sont particulièrement abondantes...

" De l'eau liquide a coulé à travers ces rochers "

05/03/2004

Opportunity a été la vedette de la semaine, puisqu'une première synthèse de son travail a été présentée en conférence de presse le mardi 2 mars.

Comme on s'y attendait, l'affleurement de teinte claire que la sonde a étudié en long et en large pendant trois semaines paraît avoir subi l'influence d'un milieu aqueux. Les chercheurs basent leur conclusion sur la texture de la roche qui montre de fines strates ondulées qui sont caractéristiques d'un dépôt de sédiments dans un courant ; ainsi qu'une variété de sels qui témoignent également d'une formation dans de l'eau liquide.

" De l'eau liquide a coulé à travers ces rochers " a déclaré Steve Squyres de l'université Cornell, " Elle a changé leur texture, elle a changé leur chimie. Nous avons pu trouver les indices que laisse l'eau liquide, ce qui nous conforte dans notre opinion. " Il reste à établir si les roches se sont formées à l'origine dans de l'eau, ou si cette eau ne les a altérées que plus tard.

Opportunity a trouvé, au spectromètre alpha, une concentration importante de soufre dans l'affleurement rocheux. " Il doit se trouver sous la forme d'un sulfate, de fer ou de magnésium ", a précisé le Dr. Benton Clark, " Des chlorures et des bromures ne sont pas non plus à écarter ". Quant au spectromètre Mössbauer, qui traque les minéraux ferreux, il a identifié un sulfate de fer hydraté, appelé jarosite. La jarosite indiquerait que la roche a eu comme environnement un lac acide ou un système hydrothermal acide.

Le géologue John Grotzinger du MIT précise que la signature de l'eau liquide sur le site est triple : elle tient dans les cavités de la roche (" vugs "), dans ses sphérules, et dans le litage croisé des fines strates de sédiments.

Les cavités apparaissent dans les images prises au microscope, notamment dans la partie " El Capitan " de l'affleurement. Ce sont des indentations d'un centimètre de long et de quelques millimètres de large, aux orientations variées. Cette disposition est typique des cristaux de sel qui croissent dans une saumure. Lorsqu'ils se dissolvent plus tard, ces sels laissent des indentations en creux, comme celles observées.

Les sphérules sont tout aussi fascinantes. D'un millimètre ou deux de diamètre, elles sont éparpillées à travers tout l'affleurement, et pas en une couche précise comme on s'y attendrait si une éruption volcanique ou un impact les avait émises. Au microscope, certaines sphérules paraissent avoir " poussé " sur place, au détriment de la roche encaissante.

Ce travail de géologue, Opportunity l'a poursuivi durant le dernier week-end de février en décapant une cible à analyser sur la strate supérieure de l'affleurement, une section baptisée " Guadalupe ". Spectromètres et microscope s'y sont appliqués tour à tour.

Le lundi 1er mars, ayant terminé l'analyse, Opportunity a replié son bras et reculé de l'affleurement. Il a photographié au loin les collines de l'est, distantes de 6 kilomètres. Le mardi 2 et le mercredi 3, il s'est déplacé de 5 mètres vers un site à analyser, baptisé " Last Chance ". Le jeudi 4 février, la sonde a commencé sa journée en observant un rare événement : le passage de la petite lune Deimos devant le Soleil, transit qui n'a lieu que deux fois par an. Puis, Opportunity a commencé une série d'images au microscope de la cible " Last Chance ", travail qui devrait lui prendre la plupart du week-end.

Première utilisation de la fraise

27/02/2004

Cible de positionnement de la fraise
Opportunity continue d'explorer le petit cratère de 20 m de diamètre de son site d'atterrissage et notamment le bel affleurement rocheux qui en borde le versant nord. Il a analysé la tranchée qu'il avait creusée avec sa roue avant droite, à l'ouest de l'affleurement, mais n'y a pas clairement identifié la signature de l'hématite, comme espéré. Le jeudi 19 février, le rover est retourné vers l'est de l'affleurement le jeudi 19 février-une trotte de 15 mètres qui constitue son record-jusqu'au pied d'une section baptisée El Capitan. Celle-ci se distingue par deux couches contrastées. L'objectif est de passer à la fraise deux petites cibles, une sur chaque partie de l'affleurement, et de les analyser.

Le vendredi 20, Opportunity a fait une reconnaissance photographique et infrarouge de l'affleurement, puis a passé son week-end à prendre des images au microscope et des mesures au spectromètre de la roche en gros plan. Le lundi 23, la fraise se mettait en action et décapait sa petite cible de 4 cm de diamètre sur la strate inférieure, un travail de 2 heures qui en ôtait les 4 mm superficiels. Les géologues étaient ravis de constater que l'opération avait scié deux des petites sphérules qui abondent sur le site et qui les intéressent au plus haut point. Les journées de mercredi 25 et jeudi 26 ont été passées à analyser la cible fraîchement décapée, et durant le week-end, Opportunity va s'attaquer à la moitié supérieure de l'affleurement. Du bon travail !

Première tranchée

20/02/2004

Opportuny achève le premier repérage de son cratère, ayant depuis son atterrissage roulé vers le nord-est pour atteindre le bord le plus proche des strates de roche qui jaillissent du sol, à un endroit nommé " Stone Mountain ", puis longé l'affleurement vers l'ouest dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, passant un second point des strates nommé " El Capitan " jusqu'au quatrième point le plus à l'ouest, baptisé " Charlie ". C'est là que de l'hématite-ce minéral tant recherché que les géologues soupçonnent sur le site et dont la signature spectrale a été jugée particulièrement forte à cet endroit par le spectromètre infrarouge du rover.

Celui-ci a alors creusé une tranchée dans le sol, en faisant patiner l'une de ses roues. La tranchée ainsi obtenue mesure 50 cm de long, 20 cm de large et 9 cm de profondeur. Au fond de cette tranchée, on espère que le sol qu'analyseront les instruments sera riche en hématite. Deux choses intriguent déjà les chercheurs : l'aspect collant des flancs de la tranchée et le haut albédo du sol tout au fond, qui paraît presque luisant.

Une fois l'analyse de la tranchée terminée, Opportunity reviendra sur ses traces le long de l'affleurement rocheux, cette fois-ci dans le sens des aiguilles d'une montre, pour étudier des pans de la roche que les géologues auront eu tout le temps de sélectionner sur leurs images. La section El Capitan, baptisée d'après une falaise du Texas où s'entraînent les étudiants en géologie, sera certainement l'un des arrêts. Cette étude devrait occuper la dernière semaine de février, puis il sera peut-être temps de quitter le berceau…

En route pour le point Charlie

13/02/2004

Le mercredi 11 février, Opportunity a eu quelques soucis. Le poignet du bras articulé ne semblait pas vouloir pointer le bras de façon aussi verticale que les ingénieurs parvenaient à le faire sur son double au JPL. En outre, le rover n'a pas roulé jusqu'au point Charlie, comme instruit. Il a également arrêté d'utiliser son mât à caméras en ayant cru qu'on lui demandait une orientation impossible à atteindre.

Les ingénieurs ont résolu ces problèmes pendant la journée de mercredi et c'est donc ce jeudi 12 février que le rover doit reprendre son chemin et atteindre le point Charlie à l'extrémité gauche du splendide affleurement rocheux qui occupe toutes les pensées d'Opportunity et de son équipe. L'affleurement finement lité de couleur chamois se distingue notamment par ses petites sphérules grises que l'érosion éolienne dégage de la roche. Elles pourraient être d'origine météoritique (tectites d'impact), volcanique (billes de verre éruptif) ou sédimentaire (concrétion en milieu aqueux). La réponse à cette question intéresse au plus haut point les géologues.

Premières analyses

04/02/2004

Opportunity a engagé la course avec Spirit. Arrivé trois semaines après son jumeau, mais sans avoir connu pour le moment de panne d'ordinateur, le robot a déjà analysé le sol au pied de sa plate-forme d'atterrissage, sur un site baptisé " Tarmac ". Le microscope a révélé d'étonnantes sphérules parmi les particules du sol.

Vue du sol au microscope

" Le sol a des caractéristiques que je n'ai jamais vues ailleurs sur Mars " s'est étonné le chercheur Steve Squyres, grand patron du programme scientifique. Le professeur Ken Herkenhoff a renchéri : " La variété des formes et des couleurs montre que les particules proviennent de nombreuses sources différentes. " Ce week-end, les ingénieurs vont d'ailleurs commander une mise en rotation d'une seule des six roues du rover, pour voir comment ce sol étrange se comporte d'un point de vue mécanique. D'après le spectromètre infrarouge mini-TES, ce sol au premier plan est pauvre en hématite-cet oxyde de fer possiblement formé dans de l'eau, que le robot a pour tâche de traquer sur le site. Quant au spectromètre Mössbauer, il a trouvé dans ce sol la signature du minéral olivine, un silicate de fer et de magnésium qui est caractéristique de certains basaltes et des roches volcaniques apparentées.

Tout aussi intéressante est la première analyse panoramique du cratère par le spectromètre infrarouge mini-TES. L'image montre des concentrations d'hématite à certains endroits, particulièrement sur la pente juste avant l'affleurement rocheux de couleur claire qui intrigue les géologues, et dans une couche située juste au-dessus de l'affleurement. C'est d'ailleurs de cet affleurement dont va se rapprocher le rover dès aujourd'hui (jeudi 5 février) en effectuant trois mètres, la moitié du parcours. Vendredi, il fera son test de rotation d'une roue pour creuser une petite tranchée, avant de poursuivre sa route vers l'intrigant affleurement.

Fortes concentrations en hématite en orange et en rouge,
faibles concentrations en bleu et vert
2005 semestre 1 2005 semestre 2
2004 semestre 1 2004 semestre 2