Le 13 décembre (sol 315) est le grand jour, durant lequel Opportunity effectue les 7 mètres qui le conduisent hors du cratère. L'astromobile est en excellente santé, emmagasinant en moyenne 800 watts-heures par jour avec ses panneaux solaires. La première mission dévolue au robot à sa sortie est de se diriger vers les traces de roue, qu'il a laissées sur le versant du cratère six mois auparavant et de les comparer avec ses traces fraîches. Pour cela, il rejoint ses anciennes traces au terme d'un parcours d'une dizaine de mètres. Deux jours durant (sols 318 et 319), il analyse ses traces au mini-TES et au microscope, avant de se dégourdir les roues en ce 17 décembre par un sprint de 40 mètres vers le bouclier thermique de la capsule de descente, qu'il a repéré dans la plaine et qui constitue son prochain objectif, qui va combler les ingénieurs désireux de scruter les effets de la traversée atmosphérique sur l'engin.
Opportunity s'est échappé de son cratère ! Après six mois de prospection à l'intérieur du cratère d'impact Endurance, où il était entré au sol 134, le robot a franchi la crête le samedi 11 décembre, au sol 315. Les dernières observations effectuées au fond du cratère, au pied d'un affleurement baptisé "Burns Cliff", ont convaincu les géologues que les couches inférieures de la pile ont été déposées par le vent, à la différence des couches sus-jacentes qui montrent la marque d'un dépôt dans de l'eau liquide. Cet arrangement confirme que l'eau fut peu profonde sur le site et a dû fluer et refluer à plusieurs reprises, phénomène typique des bassins d'évaporation. Le dynamisme de la planète rouge se rappelle au bon souvenir de tous, alors que l'été s'achève dans l'hémisphère nord, et que le printemps pointe dans l'hémisphère sud. Situé à l'équateur, Opportunity voit le passage des nuages qui traduit la migration de la vapeur d'eau du pôle Nord vers le pôle Sud. ![]() Avant de sortir du cratère, l'automobile a étudié le rocher "Paikea", le 2 décembre (sol 306), avant de se tourner vers le rocher "Wharenkui" durant le week-end, tous deux à une vingtaine de mètres de la crête, là où une transition se fait entre roches sombres et roches claires. Quelques soucis de forage avec la fraise ont quelque peu ralenti les opérations, qui ont donc repris le mardi 7 (sol 311). Cela fait, Opportunity a repris son ascension au sol 312, et a donc finalement émergé du cratère le samedi 11 décembre (sol 315), avec près de 1800 mètres au compteur.
Opportunity a terminé sa longue analyse au pied de Burns Cliff, amassant 985 mégabits de télémétrie, avant de battre retraite pour sortir du cratère Endurance. ![]() Durant la troisième semaine de novembre, l'astromobile a conclu son panorama en couleurs de la falaise stratifiée, ainsi que des plans plus rapprochés de plusieurs cibles (dénommées " Cushion ", " Bartlett ", " Ebony " et " Ivory ") avant de retransmettre la moisson de données. Le 21 novembre (sol 295), Opportunity se remet à rouler pour la première fois en 10 jours, avec 7 mètres de parcours en deux étapes. Le lendemain, il accomplit 11 mètres d'une traite sur un sol rocheux et bien plat qui lui assure une bonne traction. Au terme de cette avancée, il scrute le terrain alentour et détecte une brèche dans la crête du cratère, à 13 mètres en amont, ce qui raccourcirait le parcours de sortie d'une bonne trentaine de mètres si ce " col " était passable. C'est alors la fête de Thanksgiving aux Etats-Unis, et les navigateurs donnent à Opportunity des instructions pour le pénultième week-end de novembre, à commencer par un roulage d'une douzaine de mètres vers l'Ouest afin de recueillir une meilleure vue du col prometteur. Un léger dérapage sur la pente oblige l'astromobile à s'arrêter au bout de 9 mètres, mais l'angle de vue est suffisant pour scruter le chemin de sortie par la brèche. Celui-ci paraît difficile, la pente accusant 28 degrés, et la brèche elle-même dans les roches de la crête ne mesurant que 1,14 mètre de large, avec en sus un affleurement rocheux faisant obstacle près de l'ouverture. Par contraste, le chemin initial de sortie du cratère, quoique plus long, présente une pente moyenne de 22 degrés, sans obstacle. C'est donc ce dernier qui est préféré au périlleux raccourci. Au terme de cette journée (sol 297), Opportunity compte 1736 mètres à son compteur.
Opportunity a atteint son "terminus" dans le cratère Endurance, au-delà duquel il ne saurait progresser pour des raisons de sécurité. "À droite, révèle le manager des rovers Jim Erickson, la pente est trop raide : plus de 30 degrés. À gauche, il y a des endroits sablonneux que nous ne pourrions peut-être pas traverser."
Le 11 novembre (sol 285), Opportunity s'était rapproché de 1,5 mètre de la falaise : son approche finale. La prise du panorama haute-résolution et des analyses infrarouges commence le 13 novembre (sol 287). Une panne de l'antenne de transmission sur Terre du Deep Space Network affecte à peine le déroulement de la mission qui continue avec l'observation de dunes toutes proches (sol 289) et d'un plan de contact entre deux strates, baptisé "Whatanga". D'autres analyses de la face rocheuse au spectromètre infrarouge sont recueillies les jours suivants. Opportunity est en excellente santé et jouit d'une insolation favorable au fond de son cratère. Le 17 novembre (sol 291), il profite de la disponibilité de l'antenne de 70 m du Deep Space Network pour envoyer à la Terre 15 mégabits de données lors d'une transmission d'une heure. À la fin de sa séquence d'observations au pied de la falaise, Opportunity a pour mission de rebrousser chemin et de tenter de sortir du cratère par la voie Sud, vraisemblablement en suivant les traces de son entrée, à la façon du petit poucet.
Dans le cratère Endurance, Opportunity patine dans la poussière, et les navigateurs se sont rendus à l'évidence qu'il ne pourra pas sortir du cratère par le chemin préconisé, vers l'Est. Ils ont donc décidé qu'il fera demi-tour et reviendra sur ses traces pour grimper le versant Sud du cratère. Cette décision suit plusieurs jours de déconvenues. Le 22 octobre (Sol 265), Opportunity doit en effet s'éloigner du rocher Wopmay, un trajet de 21 mètres étant prévu. Or, l'astromobile s'arrête au bout de 3,5m, l'ordinateur de bord ayant détecté une dépense électrique anormale des moteurs d'orientation des roues. Pour le week-end du 23-24 octobre, une séquence d'instructions limitée est donc communiquée à l'astromobile. Initialement, les ingénieurs du JPL voulaient qu'il pose son bras articulé sur les aimants collecteurs de poussière (placés sur le châssis) pour analyse, mais ils soupçonnent que le rover est stationné sur une roche enfouie et qu'il y a un risque que le bras le heurtera dans son mouvement. Les instructions pour le week-end se limitent alors simplement à des observations de télédétection avec caméra et mini-TES. Le lundi 25 octobre (sol 268), Opportunity s'applique à quitter la tranchée qu'il s'était creusé, à force de faire du surplace. Après 4 mètres de montée de la pente en biais, il tente un parcours pleine pente de 9 m, mais s'arrête au bout de 40 cm, ayant dérapé d'autant vers le bas (" 100 % slip "). Le lendemain, les navigateurs marquent donc une pause pour récolter des images du terrain piégeux et mettre sur pied une stratégie de déplacement pour les jours à venir.
Au préalable, l'astromobile étudiera à distance (15 m) l'affleurement Burns Cliff qu'il n'atteindra jamais. Après ce programme de télédétection, il reviendra sur ses traces et tentera de sortir de la cuvette par le Sud, le point de crête " Karatepe " par lequel il était entré dans Endurance le 8 juin dernier…
Les ingénieurs s'interrogent sur la méthode à suivre pour atteindre le côté de Wopmay à analyser et décident une approche lente et oblique, qui est initiée le 12 octobre (sol 255) par une marche arrière en remontant la pente, puis par la nouvelle descente oblique. Avec huit mètres accomplis de la sorte, Opportunity s'arrête à 3,4 m de Wopmay. Le lendemain, l'astromobile continue sa lente approche, sur deux mètres supplémentaires, suivie par une fraction de rotation sur place. Plus de 50% de dérapage sont enregistrés, et l'engin se retrouve à 1,5 m de son objectif. Le 14 octobre (sol 257) a lieu l'approche finale, sur 45 cm, qui le met en position parfaite pour le travail d'analyse. Le travail d'analyse débute le 15 octobre (sol 258) avec l'observation au microscope de trois cibles sur le rocher, baptisées " Otter ", " Jenny " et " Hiller ". Durant le week-end, la séquence communiquée par l'équipe de Pasadena permet à Opportunity de continuer son travail par l'examen de deux autres cibles (" Jet Ranger 2 " et " Twin Otter "), puis par l'analyse de cette dernière au moyen des deux spectromètres Alpha et Mossbauer. En même temps, caméra panoramique et spectromètre infrarouge mini-TES poursuivent leur examen du ciel, des nuages, et du terrain devant l'astromobile. Le 19 octobre (sol 262), Opportunity tourne sa caméra panoramique vers le rocher Wopmay lui-même, fait une dernière image au microscope d'une autre cible à sa surface (" Hercules "), puis recule afin de tenter une nouvelle approche de l'arrière du rocher, en le contournant en amont. Le véhicule subit un dérapage considérable (100%, soit un doublement de la distance) qui l'amène à 30 cm seulement du rocher, un quasi-accident ! Décision est prise de ne plus s'attarder sur ce rocher à l'approche piégeuse et de faire route dans les jours qui viennent vers " Burns Cliff ", un affleurement stratifié à flanc de cratère. Ces affleurements au fond de la dépression montrent que non seulement les sédiments se sont formés dans de l'eau, mais qu'après leur mise à jour par l'impact, ils ont été remaniés par un second épisode aqueux. Opportunity totalise 1638 m de parcours depuis son atterrissage en janvier. Il a passé les 130 derniers sols (plus de quatre mois) dans le cratère Endurance, où il a foré 21 cibles et accompli 62 analyses avec le spectromètre Mossbauer, 33 avec le spectromètre Alpha, et 115 avec le spectromètre infrarouge mini-TES.
Dans son cratère Endurance, Opportunity s'intéresse à un rocher aux fissures curvilignes qui rappelle un cerveau par son aspect, baptisé " Wopmay ". Les navigateurs planifient désormais les taches du robot par séquences de trois jours. Celle du 3 au 5 octobre (sols 246 à 248) concerne la cible dénommée " Void " avec une longue intégration par le spectromètre Mossbauer, puis par le spectromètre Alpha, et enfin avec une analyse au microscope. Le 6 octobre (sol 249), opportunity range ses appareils et effectue un long déplacement de 20 mètres, avec pas mal de dérapage, vers le rocher Wopmay. Le lendemain 7 octobre (sol 250), l'astromobile affine son approche avec un roulage de 7 mètres supplémentaires, qui lui fait dépasser la marque symbolique d'un mile (1609 m) parcouru depuis son atterrissage en janvier, le compteur s'arrêtant sur 1612 mètres exactement.
Opportunity passe le début du mois d'octobre à étudier un affleurement dans le cratère Endurance, nommé " Escher ", qui montre un réseau de polygones à sa surface, ressemblant à des polygones de dessication comme il s'en forme dans les couches de boue qui s'assèchent. L'interprétation immédiate est que, longtemps après la formation sous l'eau de strates sédimentaires (évaporites), jusqu'ici étudiées par la sonde, le cratère d'impact a mis à nu ces strates et de l'eau peut-être liquide s'est alors amassée au fond du cratère pour créer ces figures géométriques en s'évaporant. Ou bien de l'eau gelée, peut-être du givre précipité de l'atmosphère, a façonné le sol. Il se peut aussi que ces polygones soient d'origine, et appartiennent à une unique période de formation des sédiments, et ont été préservés (comme les autres détails des strates) lors de l'impact.
Opportunity a passé les 10 jours de conjonction, hors contact radio de la Terre, à étudier le sol sur son aire de parking. À son réveil, le 27 septembre (sol 241), il fait l'analyse de sa cible, baptisée Auk, au spectromètre Mossbauer, puis au microscope. Il repère alors la cible suivante, dénommée Ellesmere, et recule de 34 centimètres pour lui avoir accès. Un nouveau chapitre s'ouvre dans la désormais longue carrière d'Opportunity, puisque désormais l'équipe au sol va demander à la sonde de ne travailler que cinq jours par semaine, et au demeurant faire des siestes les jours ouvrables, pour économiser son énergie et celle de l'équipe au sol. Celle-ci communique au robot un planning ambitieux pour les deux journées à suivre, comportant des mouvements particulièrement précis du bras robotique, à commencer par l'analyse de l'emplacement « No coating » (roche nue) de sa cible Ellesmere, d'abord au microscope, puis au spectromètre Alpha. Ces premières analyses terminées, Opportunity enchaîne une nouvelle séarie d'analyses sur la cible « Barbeau », utilisant tour à tour le spectromètre Alpha, le microscope et le spectromètre Mossbauer. Au 27 septembre (sol 241), l'astromobile affiche 1574 mètres au compteur.
Le mois de septembre marque pour Opportunity une dernière analyse de roche avant la conjonction qui masque Mars derrière le Soleil. Le 27 août (sol 210) est une journée particulièrement chargée. Elle commence par l'examen du rouage bloqué de la fraiseuse avec la caméra : l'image semble indiquer que le grain de sable est tombé. L'astromobile enregistre également un panorama des dunes au fond du cratère. De par ailleurs, le robot utilise son microscope pour examiner le rocher " Escher ". Le lendemain 28 août (sol 211), Opportunity commence l'inspection au spectromètre d'une cible sur la roche, baptisée " Kirchner ". Sur le bras robotique, microscope et spectromètre Mossbauer se succèdent pour l'étudier le 29 août (sol 212), alors que l'ordre est également donné à la sonde d'utiliser son spectromètre mini-TES sur le mât caméra : les vibrations du bras corrompent quelque peu les données du mini-TES, comme on pouvait le craindre. C'est le 31 août (sol 214) que commence le travail de brossage et de forage du rocher Escher. Après brossage de sa cible dénommée Kirchner, le spectromètre Mossbauer entre en service, puis le spectromètre alpha, bien qu'un volet de ce dernier instrument coince quelque peu à l'ouverture, mais les résultats sont corrects. Tout rentre dans l'ordre pour le second round d'observations effectués sur la cible Otto Dix, et pour l'analyse d'une troisième cible, mal brossée, de la même roche : " EmilNolde. ". La comparaison des trois analyses fera la part de la roche nue et du vernis poussiéreux qui la recouvre. C'est donc sur ces réflexions très géologiques qu'Opportunity aborde la conjonction et le black out radio avec la Terre.
L'étude d'une nouvelle cible, baptisée " Jiffypop ", est au programme du 15 août, mais une panne de la fraise retarde les opérations. Ainsi, le 200ème jour passé sur Mars est l'occasion de tests mécaniques pour l'astromobile, qui autrement se comporte correctement. Même sa production d'électricité est en hausse (610 watts/heure), apparemment en raison d'une faible nébulosité qui augmente l'insolation sur le site. Le problème mécanique de la fraise semble provenir d'un fragment de rocher coincé entre la tête de la fraise et celle de la brosse. Les ingénieurs passent en revue les solutions de dépannage, tout en poursuivant l'exploration du site avec les autres instruments. C'est ainsi que le 16 août (sol 201), Opportunity reprend sa ronde autour du cratère, dans le sens des aiguilles d'une montre, et accomplit 12 mètres vers l'extrémité d'une dune qui s'élève du fond du cratère et se trouve à la portée du robot. Le lendemain, celui-ci descend la pente d'un mètre pour parfaire son approche, mais le terrain paraît trop sablonneux, sans plaque rocheuse pour assurer une traction suffisante à l'astromobile, de sorte que les ingénieurs décident d'abandonner la tentative et de remonter la pente sur 14 mètres pour étudier une étendue de sable plus abordable, près de la roche " Ellesmere ". Le 20 août, lord su sol 204, l'astromobile doit contourner des rochers, mais le dérapage sur la pente le fait aboutir un demi mètre plus bas que prévu. Cela conduit l'équipe du JPL à changer une nouvelle fois d'objectif et de viser le rocher " Auk ", de l'autre côté d'Ellesmere. Un virage serré est entrepris le 21 août sur moins de deux mètres, mais le dérapage est tout aussi important. Le 22, il est décidé de tourner Opportunity directement face à la pente, et l'astromobile grimpe d'un bon mètre, finissant sa course le nez contre un rocher intéressant qui est baptisé " Escher ". Le 23 août (sol 207), le robot fait une pause, dictée de toute façon par des contraintes horaires (l'équipe du JPL doit se reposer), et ne prend que des images. Les 24 et 25 août (sol 208), Opportunity fait un petit pas en avant pour se blottir contre Escher, rocher intéressant qu'il va donc étudier.
L'astromobile se trouve en ce 180ème sol environ 20 mètres à l'intérieur du cratère qui mesure la taille d'un stade olympique. Après une brève descente, le 29 juillet (sols 182 et 183), il analyse un nouvel affleurement baptisé Mackenzie. Le 31 juillet (sol 184), il termine ses analyses et reprend la route sur 8 mètres, dérapant un peu sur la pente de 15 degrés, de sorte qu'il rate sa cible dénommée " Tuktoyuktuk ", en honneur à un petit village de l'Arctique canadien. Le dérapage est beaucoup plus conséquent le 1er août (sol 185) : il atteint 40 %. Mais Opportunity parvient à atteindre son poste et commence les images au microscope de l'affleurement, puis fraise un trou de 8 millimètres. Au sol 187 (3 août), les analyses au spectromètre peuvent débuter. Le programme pour les prochains jours consiste à mieux maîtriser le dérapage et à commencer un tour à mi-pente du cratère, dans le sens des aiguilles d'une montre, en direction de la base de " Burns Cliff ", un surplomb intéressant.
Superbe image en fausses (haut) et approximativement vraies (bas) couleurs des dunes au fond du cratèreImages : NASA/JPL/Cornell
Le 18 juillet (sol 171), l'astromobile se rapproche d'une fracture dans le sol, baptisée " Razorback ", que les ingénieurs comptent suivre sur quelques mètres vers le fond du cratère. Le compteur du rover affiche alors 1478 mètres au total. Près de la fracture, un morceau de roche disloquée, baptisée " Arnold Ziffel ", intéresse les géologues qui décident de lui accorder quelques jours d'analyse. Le microscope et les spectromètres Mössbauer et Alpha se relaient tout au long du 20 et du 21 juillet (sols 173 et 174) pour engranger des données, de sorte que le 22 juillet (sol 175), Opportunity peut reculer de son rocher et reprendre le lendemain sa descente dans le cratère, avec une petite dérive vers l'Est, pour étudier une nouvelle cible baptisée " Diamond Jenness ". L'astromobile se trouve en position idéale pour y appliquer sa fraise dans les jours qui viennent. Les ingénieurs se penchent pour leur part sur le parcours que l'astromobile devra suivre après cette session de travail, car la pente devient de plus en plus sablonneuse et va certainement faire patiner les roues d'Opportunity…
Le 3 juillet (sol 158), Opportunity s'était mieux stabilisé sur la pente pour étudier la sixième strate rocheuse de sa série d'analyses. Un nouveau logiciel d'utilisation des caméras de détection d'obstacles va être écrit, afin de mieux planifier les mouvements du bras robotique, mouvements qui sont pour l'instant modélisés grâce aux images prises avec le microscope qui s'avère fort précieux! Un autre petit problème concerne les volets de protection du spectromètre alpha, et le capteur indiquant aux ingénieurs s'ils sont ouverts ou fermés. Le 6 juillet (sol 161), l'équipe a commandé l'ouverture et la fermeture des volets pour s'assurer de leur bon fonctionnement après un petit souci la veille, test accompli avec succès, mais qui a indiqué que le capteur était déficient. Ce problème n'aura pas de grosses conséquences sur l'utilisation de l'instrument. Les analyses scientifiques se poursuivent normalement, avec en particulier un panorama d'une cible dénommée "Drammensfjorden" sur la strate "F" (la sixième couche sédimentaire de la série étudiée durant les deux dernières semaines). La fraise a ensuite décapé la cible sur une profondeur de 6,3 mm, opération qui a duré deux heures et demie. L'étude de la roche ainsi décapée a été effectuée avec le spectromètre alpha, puis avec le spectromètre Mossbauer durant les sols 162 et 163 (7 et 8 juillet). Opportunity a ensuite débuté une campagne photographique de deux jours de la pente en amont de sa position avec caméra panoramique et spectromètre infrarouge mini-TES. Opportunity va ensuite continuer sa descente dans le cratère Endurance afin d'étudier une série d'aspérités en forme de dents, baptisée "Razorback" (l'envers du rasoir) et qui fut sans doute créée par l'infiltration de fluides dans des fractures, y précipitant des cristaux durs. La traque de l'eau et de ses minéraux révélateurs bat son plein.
Du 18 au 23 juin (Sol 143 à 148), Opportunity a utilisé sa fraise sur trois couches de la séquence sédimentaire qu'il analyse à l'intérieur du cratère Endurance. Les cibles sont dénommées "London" dans la couche supérieure "D", "Virginia" dans la couche moyenne "C", et "Cobble Hill" dans la couche inférieure "B".
Spectromètre Mossbauer, microscope et spectromètre Alpha s'y succède le 29 et le 30 juin (sols154 et 155). Puis débute une séquence photo pour calibrer les mouvements du bras, déployé dans 20 positions différentes, afin de mettre au point le logiciel qui sert à le placer sur une cible. L'astromobile effectue enfin une marche arrière d'un mètre pour mieux photographier la dernière cible et pour passer au-dessus d'un rebord rocheux qui avait posé problème à la conduite quelques jours auparavant. L'opération se déroule parfaitement. Petite pause imprévue le 1er juillet (sol 156), à cause d'un problème de conversion des heures terrestre et martienne au JPL, qui empêche les ordres du jour d'atteindre la planète rouge au moment voulu. Le rover exécute à la place un programme minimal, en attendant. Le lendemain, après une série de photos, Opportunity descend la pente du cratère vers son prochain objectif et s'arrête sur une pente de plus de 28 degrés, avec une roue dans l'air. Le 3 juillet (sol 158), l'astromobile prend des photos des nuages dans le ciel martien, puis accomplit une manoeuvre pour rétablir sa position et se remettre sur ses six roues. Il est prêt désormais à commencer une nouvelle série d'observations sur une nouvelle cible...
Opportunity étudie minutieusement les strates de sédiments rencontrés sur la pente intérieure du cratère Endurance, au lieu-dit " Cobble Hill ". Le dimanche 20 juin (sol 145), il utilise sa fraise sur une cible nommée " Virginia ", décapant près de 5 millimètres. Le lendemain, il analyse la surface ainsi dégagée avec microscope et spectromètre alpha, puis avec spectromètre Mossbauer le mardi 22 (sol 147). Le mercredi 23 juin (sol 148), c'est au tour de la strate " London " de recevoir un coup de fraise et une analyse alpha. Les deux journées suivantes sont nécessaires pour terminer la tournée d'analyses. Toutes les strates sont riches en sulfates et contiennent notamment le minéral jarosite. Ce sont bien des sels formés par évaporation d'un plan d'eau, tout comme les strates du cratère Eagle observées en début de mission.
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