Après une étude du site "Paros" avec toute sa batterie d'instruments, du 19 au 22 mai (sols 490 à 493), Spirit s'est dirigé vers un nouveau site d'étude du 23 au 25 mai, surprenant une tornade de poussière au loin avec sa caméra de navigation. Sur la nouvelle cible, toujours à Larry's Outcrop, une nouvelle série d'analyses est conduite. Le 30 mai, l'astromobile fête son 500ème jour (sol) sur Mars ! Le 2 juin, (sol 503), Spirit achève donc sa longue étude de Larry's Outcrop et retourne vers l'ancienne roche de Methuselaw. L'objectif est dorénavant de trouver un chemin pour atteindre le sommet de "Husband Hill", en contournant la colline.
Les 17 et 18 mai (sols 487 et 488), Spirit accomplit une vingtaine de mètres pour se rendre auprès d'un nouvel affleurement, baptisé "Larry's Outcrop", le compteur affichant alors 4368 mètres parcourus en 489 sols. Cet affleurement "Larry" enchante les géologues qui y trouvent matière à moudre… ou plus précisément à passer à la fraise. L'objectif du weekend du 20 mai est l'échantillon baptisé "Paros", du nom d'une île grecque. Il est passé au crible de toute la batterie d'instruments de Spirit, qui le quitte le 23 mai (sol 494). En se déplaçant vers son prochain objectif le long de l'affleurement, il surprend au loin, avec sa caméra de navigation, une nouvelle tornade de poussière.
Le 3 mai (sol 473), Spirit replie son bras, recule légèrement, et longe l'affleurement jusqu'au prochain objectif, baptisé " Pittsburgh ". À l'arrivée, sa roue avant gauche n'est plus en contact avec le sol - l'astromobile est probablement juché sur un caillou - et les ingénieurs décident d'accomplir une petite rectification le lendemain : un recul de cinq centimètres, afin de remettre Spirit sur ses six roues. À défaut de posséder le record du plus long trajet journalier sur Mars, détenu par son jumeau Opportunity, Spirit s'accapare ainsi celui du plus court trajet réalisé en une journée ! La roche Pittsburgh est étudiée avec toute la panoplie d'instruments, du 4 au 6 mai (sols 474-476), puis l'astromobile s'ébranle à destination de son prochain objectif : un affleurement de sol intéressant, baptisé " Jibsheet ", avec pour le moment 4339 mètres au compteur.
Spirit peine à atteindre la crête des Columbia Hills. Comme dans toute ascension montagnarde, il suit une route en lacets pour s'affranchir de la pente terminale. Le 31 mars (sol 442), il parcourt 13 mètres avec beaucoup de dérapage au début de l'étape (43 %) et moins sur la fin (15 %). Le lendemain est une journée de stationnement et de télédétection avec caméra et spectromètre mini-TES. L'ascension en lacets à travers un terrain difficile commence le 2 avril par un parcours de 9 mètres. Une pause est marquée le 3 avril, avec en fin d'après-midi une seconde séance de photographie destinée à estimer la qualité des images prises avec la caméra de navigation à mesure que le jour baisse, calibrage qui servira à repousser l'heure limite des déplacements de l'astromobile. Ces déplacements sont interrompus en raison d'une panne radio. Le relais orbital Mars Odyssey a en effet suspendu ses opérations le 2 avril (passage en "safe mode") et les navigateurs du JPL ne reçoivent plus d'informations sur le parcours au sol de Spirit. Par transmission directe, à petit débit depuis la Terre, son programme d'activités est limité à de la télédétection sur place. La situation perdure jusqu'au 7 avril (sol 448), lorsque Mars Odyssey est remis en état de marche et transmet les images accumulées par Spirit, lesquelles vont enfin permettre aux navigateurs de planifier un nouveau brin de conduite. Spirit connaît un "reboot" intempestif de son ordinateur le 8 avril (sol 449), qui efface les paramètres de son antenne à grand gain et gâche la communication de la journée. Alors que c'est le weekend, les ingénieurs viennent au JPL régler le problème et commander à l'astromobile de se remettre en régime automatique pour repointer son antenne. Le 12 avril (sol 453), Spirit prend des images du terrain pour planifier son prochain déplacement. Mais la reprise de la conduite, le lendemain, montre que le dérapage est trop important pour l'ascension prévue, et les navigateurs décident de changer de tactique et de diriger l'entin à travers pente, le temps de trouver un nouveau chemin d'ascension. Du 15 au 19 avril, Spirit se charge d'étudier une parcelle de sol, en faisant patiner ses roues pour le creuser un peu, puis d'étudier la cible avec une batterie d'instruments. Le 19 (sol 460), il se dirige vers un petit affleurement baptisé "Methuselah" et, avant son approche finale, surprend au loin une petite tornade de poussière, qu'il photographie avec sa caméra panoramique. L'analyse de Methuselah est prévue pour la dernière semaine d'avril.
Panorama du point nommé "Larry's Lookout"
Spirit fait une pause de deux jours, les 21 et 22 mars (sols 432 et 433), dédiée à l'étude de l'atmosphère et à la recherche d'autres tornades de poussière dans les environs. Le 23 mars (sol 434), Spirit couvre 20 mètres supplémentaires et finit sa journée par une reconnaissance photo des environs, qu'il continue le lendemain. Le 25 mars (sol 436), il ajoute 24 mètres à son compteur et fait une pause de deux jours pour scruter l'atmosphère et traquer les tornades de poussière. L'astromobile se remet en route le 28 mars (sol 435) et accomplit 3 mètres, puis prend quelques images en fin de journée, sous faible illumination solaire, afin que les navigateurs jugent si de telles images tardives sont utilisables. L'ascension de Husband Hill devient difficile, du fait d'une pente particulièrement glissante. Après 1,7 mètre seulement parcouru au 440ème sol, Spirit ne fait guère mieux le lendemain : 2,28 mètres. Sur une pente qui n'accuse que 11 degrés, le dérapage atteint 45 %. Autrefois, les navigateurs avaient fixé à 40 % le seuil de dérapage limite, avant que l'astromobile interrompe sa progression. À l'heure actuelle, ils ont élevé ce seuil à 60 %, sinon le robot n'atteindrait jamais le sommet de Husband Hill. Comme quoi, ce sont toujours les derniers mètres qui sont les plus difficiles…
Le 5 mars (sol 416), Spirit termine cette première analyse, puis décape une cible sur le rocher à la fraise, sur une profondeur de 7 mm, pour recommencer l'analyse sur de la roche fraîche, d'abord avec le spectromètre Alpha, puis avec le spectromètre Mössbauer. De par ailleurs, le cratère Gusev essuie une tempête de poussière régionale et la luminosité baisse sensiblement, le taux d'opacité (tau) atteignant 1,5 l'après-midi du 7 mars (sol 418) les panneaux solaires n'emmagasinent que 350 watts-heures pour la journée. De la poussière se dépose sur les objectifs des caméras de navigation avant, dont les taches sont visibles sur les images. Ce n'est pas suffisant pour gêner la navigation de l'astromobile qui recule d'un mètre et met le cap sur la parcelle de sol "Paso Robles", mais la séquence de conduite s'interrompt après un mètre supplémentaire, suite à une erreur de chronologie dans le logiciel. Le 9 mars (sol 420), Spirit reprend sa route, mais n'effectue que 7 mètres sur les 14 prévus, cette fois-ci à cause d'une erreur dans la mesure des distances. La surprise du jour est toutefois la hausse spectaculaire de l'alimentation électrique, qui passe à plus de 600 watts-heures. Elle atteint 700 watts-heures le lendemain 10 mars, au terme d'un nouveau parcours de 7 mètres vers Paso Robles. Une telle alimentation n'avait pas eu lieu depuis près d'un an, au sol 80 ! En plus de l'orientation favorable des panneaux vers le Nord (direction du soleil, vu de l'hémisphère sud) et de l'éclaircissement de l'atmosphère, les ingénieurs soupçonnent qu'un coup de vent a soufflé la poussière qui recouvrait les panneaux solaires. C'est ce que confirment les images montrant des surfaces nettoyées, et aussi sur l'horizon une petite tornade (dust devil) à proximité du site. C'est sans doute la cause du nettoyage, prise en flagrant délit ! Les caméras elles-mêmes paraissent nettoyées par le coup de vent. Ainsi, il s'avère que les tempêtes de poussière sur Mars peuvent tour à tour diminuer, puis rétablir la puissance photoélectrique d'une sonde. Elle passe à 800 watts-heures : jamais Spirit ne s'est aussi bien porté, et les ingénieurs peuvent programmer des séquences de travail particulièrement ambitieuses, afin de profiter de ce surcroît d'énergie. Spirit se consacre, à propos, à l'étude de l'atmosphère (sols 422 et 423) avant de terminer son cheminement jusqu'au site Paso Robles, et d'y faire patiner ses roues pour dégager du sol frais à analyser. Le robot a l'embarras du choix pour faire ses analyses, enchaînant avec ses deux spectromètres l'étude de grumeaux de sol ("Big Clod", "Bitty Clod" et "Ben's Clod") et de parcelles sombres et claires ("Paso Dark" et "Paso Light"). Ces analyses se déroulent sans heurts jusqu'au 18 mars (sol 429), et avec sa charge optimale d'électricité, Spirit affiche une santé insolente après plus de quatorze mois passés sur Mars.
Le 9 février (sol 392), 23 mètres sont prévus, mais le robot interrompt son parcours au bout d'une douzaine de mètres, suite à un obstacle perçu. Les navigateurs lui donnent congé le lendemain, afin de recharger les batteries et de lui accorder un peu de temps pour les images de télédétection. Le moment est alors venu pour la mise à jour de son logiciel de navigation : une nouvelle version est envoyée à Spirit le 13 février (sol 397), version qui sera utilisée par l'astromobile, une fois qu'il aura été validé sur Opportunity, qui l'a reçu en premier. C'est donc avec l'ancienne version du logiciel que Spirit reprend son ascension de la crête, le jour de la Saint Valentin (14 février, sol 398). Il parcourt 18 mètres en marche arrière, ses roues dérapant quelque peu dans le sol et dégageant quelques taches claires qui intriguent les géologues. Le lendemain (sol 399), Spirit place donc un bras robotique sur le sol retourné par les roues et en fait une brève analyse au spectromètre Alpha, avant de se remettre en route. Mais le démarrage se solde par un nouveau dérapage et l'astromobile reste sur place. Ce contretemps est mis à profit, car les géologues sont intrigués par les résultats du spectromètre et renouvellent l'analyse du sol - baptisé "Paso Robles" - avec les deux spectromètres, ce qui prend deux jours supplémentaires. Le robot en profite aussi pour photographier la lune Phobos qui passe devant le soleil.
Le 21 janvier (sol 374), Spirit a effectué un fraisage de la roche "Peace", qui n'a duré que 40 minutes, en raison des limitations d'énergie électrique. La cible décapée de 3 millimètres fut examinée ensuite au spectromètre Alpha, puis le lendemain et le surlendemain au spectromètre Mössbauer.
L'analyse de cette roche captive apparemment les chercheurs, puisque le centre de contrôle de la mission décide de prolonger le séjour de Spirit auprès du rocher. L'astromobile se livre à une prise de photographie de la cavité décapée, au moyen du microscope. Entre temps, l'atmosphère au-dessus du site Gusev commence à s'éclaircir, les poussières de la dernière tempête locale se déposant peu à peu au sol. Spirit photographie d'ailleurs à cette occasion ses aimants à poussière. Le 28 janvier (sol 381), il est temps de quitter la roche Peace. Spirit replie son bras robotique et recule de 1,2 mètre, avant de prendre la route de la crête, accomplissant 17 mètres. La consommation électrique des roues arrière indique une pente assez raide, estimée à 18 degrés. Puis, le lendemain, Spirit s'approche d'une nouvelle roche choisie pour cible et baptisée "Alligator". Son parcours de 4 mètres le met en position idéale pour utiliser son bras robotique. Mais il marque d'abord une pause pendant deux jours, pour faire de la télédétection. C'est donc le 1er février (sol 385) que Spirit débute une nouvelle séquence, fort complexe, avec son bras robotique. D'abord, il brosse la surface d'Alligator, puis alterne spectromètres Alpha et Mössbauer, et enfin microscope sur la roche. Au terme de son marathon, reculant de 1,2 mètre, l'astromobile photographie, en visible et infrarouge, la roche étudiée. Au jour du 3 février, avant de quitter Alligator, Spirit compte 4070 mètres à son compteur.
Spirit achève l'ascension des Columbia Hills, en route pour une crête baptisée Cumberland Ridge, qui mène à son point de vue sur la région : Larry's Lookout.
Un souci constant des navigateurs est donc d'optimiser l'orientation de Spirit pour recueillir un maximum de rayonnement, ce qui est le cas notamment le 18 janvier (sol 371), lorsqu'au bout d'un parcours de 6 mètres pour atteindre le rocher " Peace ", l'astromobile se retrouve incliné de 19 degrés vers le nord/nord-est, orientation favorable lorsque l'on est dans l'hémisphère Sud. Le lendemain, Spirit déploie son bras robotique et photographie le rocher " Peace " au microscope. Enfin, le 20 janvier (sol 373), le robot époussette le rocher avec sa brosse et commence son analyse avec le spectromètre Alpha.
Avec obstination, Spirit grimpe la pente des Columbia Hills pour atteindre le point de vue "Larry's lookout" sur la crête.
Le 10 janvier (sol 364), les navigateurs communiquent à l'astromobile une nouvelle stratégie de conduite, destinée à enchaîner des man½uvres automatiques de rétablissement lorsque le dérapage atteint 60 %. Le plan de route est un succès, et Spirit abat 7 mètres en cette seule journée, puis 9 mètres le lendemain, et enfin 12 mètres le 12 janvier (sol 366) avec moins de 15 % de dérapage. Son compteur affiche désormais 4030 mètres parcourus !
Le 2 janvier, Spirit fête son premier anniversaire sur Mars. Pour se présenter en bonne forme pour l'occasion, il lui faut déloger la pierre qui est coincée depuis plus d'une semaine dans sa roue arrière droite, opération finalement accomplie le 23 décembre (sol 346) et confirmée par la caméra arrière. Les trois jours suivants, l'astromobile peut se consacrer aux études du sol. Il passe Noël (sol 348) à bombarder une cible avec son spectromètre Alpha et à scanner le paysage avec le spectromètre infrarouge mini-TES. Le 27 décembre (sol 350), Spirit doit accomplir 5 m en direction de la roche "La Brea" (nommé d'après un gisement de fossiles à Los Angeles), mais ne peut que rouler sur un mètre, car il détecte un fort dérapage. Le lendemain, l'astromobile effectue une série de braquages, marches avant et arrière, afin de trouver un sol où il aurait plus de "grip". Durant ces man½uvres, il s'avère que le dérapage est maximal (39 %) lors des marches avant, et minimal (15 %) lors des marches arrière. Le robot échoue à 4 mètres de son nouvel objectif, le rocher "Dick Clark", mais trouve à sa place un intéressant échantillon que les navigateurs baptisent "Bubbles" et demandent à Spirit d'étudier au microscope et au spectromètre Alpha. Pour le nouvel An, Spirit étudie un rocher baptisé "Champagne". Il dégage une cible à la fraise le 1er janvier et enchaîne deux longues analyses au spectromètre Alpha, puis au spectromètre Mossbauer. Le 6 janvier (sol 359), le robot finit sa tache sur le site. Après un an sur Mars, Spirit est en bonne santé, malgré la frustration de devoir "ramer" pour atteindre la ligne de crête de Husband Hill, d'où la vue sur le versant Nord-Est de la colline serait instructive. Mais la nature piégeuse de la pente tient les navigateurs en échec, et la crainte du dérapage et du blocage d'une roue par les pierres les empêchent de progresser depuis plus d'un mois. Une opacité du ciel plus grande que la moyenne au cours de la semaine écoulée, due aux poussières en suspension dans l'atmosphère, limite quelque peu le rendement des panneaux solaires, sans mettre toutefois en danger les opérations.
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