Opportunity profite de l’ensoleillement encore
sur son site équatorial pour continuer son périple vers
le grand cratère Victoria de 750 mètres de diamètre.
Sur sa route se trouve la dernière étape du voyage : le
cratère Beagle, qui n’a aucune affiliation avec la sonde
britannique disparue ! Durant la première semaine
de juillet, Opportunity enchaîne trois jours de conduite le 4, (
et 6 du mois, cumulant 135 mètres supplémentaires, mais
pas en ligne droite : le cratère Beagle reste à plus de
100 mètres de distance. Le 8 juillet (sol 873), l’astromobile
interrompt même sa marche en tentant de traverser une ride de sable,
le patinage dépassant 85%. Le surlendemain, après une pause,
il se dégage du piège en marche arrière, puis le
11 juillet (sol 876) longe la pointe de la mini-dune sur une quinzaine
de mètres pour tenter de trouver un sol ferme et rocheux qui le
rapprocherait du cratère Beagle. Le lendemain il entreprend ce
chemin, jugé viable, et parcourt 25 mètres, opération
répétée avec succès le surlendemain. Le 14
juillet (sol 879), l’astromobile commence à assembler les
multiples segments du nouveau logiciel de bord envoyé depuis la
Terre au cours des deux derniers mois.
Le 8 mai (sol 813), Opportunity se remet en piste à travers les plaines vers le cratère Victoria, dans son mode favori de déplacement en marche arrière : 40 mètres sont parcourus, puis 52 mètres le jour suivant et 45 mètres le surlendemain. Une quatrième journée de route ajoute 38 mètres au compteur. Opportunity prend le temps d’observer le ciel avec son spectromètre mini-TES, puis achève sa folle semaine de randonnée par un petit surplus de 22 mètres, soit au 12 mai (sol 817) un parcours cumulé de près de 200 mètres. Le compteur affiche fièrement un total de 7770 mètres.
La semaine suivante est moins galopante, Opportunity commençant par étudier une roche baptisée Cheyenne, d’abord au microscope, puis aux spectromètres Alpha et Mössbauer. Ce n’est que le 16 mai (sol 821) que l’automobile se remet en route et abat 37 mètres. Le lendemain, il marque une pause pour prendre des images du chemin parcouru, ainsi que des nuages, tout en conduisant des tests de télécommunications avec la sonde orbitale Mars Odyssey, afin de préparer les opérations de relais radio que celle-ci devra assurer avec la prochaine sonde Phoenix qui doit atterrir sur Mars en mai 2008. Dans le planning, on voit loin ! Le 18 mai (sol 823), Opportunity abat 72 mètres, 39 mètres le 23, et 28 mètres le 25. Mais le 29 mai (sol 833), ses roues s’enlisent dans le sable fin au bout du premier mètre de parcours, ce qui oblige les ingénieurs à analyser la situation durant deux jours. Une première tentative de désensablement a lieu le 31 mai (sol 836) et ne résulte qu’en une progression de neuf centimètres. Le 1er juin, ce sont huit centimètres seulement qui sont parcourus, et la situation commence à ressembler dangereusement à l’enlisement de l’année précédente dans Purgatory Dune. L’obstacle présent prend le nom de Jammerbugt Dune, en référence au banc de sable qui causa de nombreux naufrages au large du Danemark. Le lendemain, la progression se limite à quatre centimètres, les roues s’encroûtant de sable, et le surlendemain, les efforts ne sont guère plus concluants. Heureusement, le 5 juin, la même manœuvre se solde par une avancée de 28 centimètres : la délivrance est proche. Et au sixième jour d’efforts (sol 841), Opportunity fait un bond en avant de trois mètres : l’engin est désensablé. Le robot peut alors photographier la dune coupable, avant de reprendre sa route vers le Sud, le 8 juin (sol 843) : il abat une douzaine de mètres vers le cratère Victoria qui se trouve dorénavant à moins d’un kilomètre de distance. La prudence est toutefois de mise, car le patinage
reprend le 9 juin avec cinq mètres seulement parcourus. Opportunity
change alors de travée entre les dunes—il se décale
d’un sillon vers l’Ouest—et le 11 juin (sol 846) couvre
9 mètres, ce qui permet à son compteur d’afficher
exactement 8000 mètres. Huit kilomètres parcourus à
travers Terra Meridiani ! Deux jours plus tard, 20 mètres sont
abattus, et le lendemain 24 mètres supplémentaires. Enfin,
ce sont 36 mètres qui sont parcourus le 15 juin (sol 851).
Le 9 mars (sol 755), Opportunity parcourt 19 mètres jusqu'à l'attaque du prochain " halfpipe ", mais cette fois le creux du relief est obstrué par des pierres et sa sortie est bloquée par une dune. Les navigateurs décident d'envoyer Opportunity uniquement pour une mission photographique de l'affleurement, puis de lui faire rebrousser chemin. Le 11 mars (sol 757), Opportunity pénètre donc le vallon, et passe une journée à faire ses prises d'images. Puis le lendemain il fait marche arrière et sort de la tranchée. Voilà son analyse du cratère Erebus terminé : il est temps de songer à le quitter et à faire route vers le Sud. Le 14 mars (sol 760), Opportunity s'élance à nouveau à travers les plaines de Terra Meridiani, vers son prochain objectif : le cratère Victoria, qui avec ses 800 mètres de diamètre est un monstre par comparaison aux précédents cratères visités. Le robot parcourt 33 mètres, d'abord sur de la roche puis dans le creux entre deux dunes. Le surlendemain, il accomplit une nouvelle traite, cette fois de 53 mètres, et fait une halte de deux jours pour filmer les nuages et photographier le site. Puis Opportunity enchaîne trois journées de roulage, du 19 au 21 mars, cumulant 127 mètres. Il est bien forcé de marquer une pause à partir du lendemain, car le satellite Mars Odyssey, qui fait office de relais radio, s'est mis par erreur en état de veille. La première semaine d'avril, les communications sont rétablies et Opportunity peut tracer dans la plaine, plein Sud en direction de Victoria. Il abat 25 mètres le 2 avril (sol 778), puis 58 mètres le 4 avril, 32 mètres le 5, et 45 mètres le 6, soit près de 170 mètres en quatre jours. Un nouveau ralentissement de cadence est imposé durant la seconde semaine d'avril, car le timing entre les transmissions d'Opportunity et le relais de Mars Odyssey empêche la Terre de donner des ordres un jour sur l'autre : elle doit prévoir le programme un jour à l'avance. Cela n'empêche pas le robot de mettre à exécution trois ordres de roulage, respectivement le 9, 11 et 13 avril, pour un total de 83 mètres parcourus. La troisième semaine d'avril se déroule dans des conditions similaires, avec trois brins de conduite totalisant 81 mètres, le compteur affichant 7335 mètres en date du 18 avril (sol 794). Après une pause pour la science, Opportunity repart à bride abattue vers son objectif Victoria et passe son 800ème sol sur Mars " sur la route ", abattant 33 mètres ce jour là (le 24 avril). Pour la fin du mois, les géologues voudraient bien quelques journées d'analyse de roche, et l'approche d'un affleurement a lieu le 27 avril (sol 803). Mais la cible paraît trop fragmentée, et une autre est choisie, qui reçoit pour nom " Brookville ". Le robot y consacre ses spectromètres jusqu'au 2 mai (sol 807), lorsque l'ordre est donné de repartir. Opportunity met le cap au Sud-Est et roule une demi-heure le premier jour, puis plus d'une heure les deux jours suivants, accomplissant une nouvelle centaine de mètres en direction du grand cratère Victoria. Avec 7575 mètres à son compteur, Opportunity n'est plus qu'à 1300 mètres de sa nouvelle cible, dont il commence à percevoir la silhouette à l'horizon.
Alors que Spirit fait le tour de son terrain de baseball (l'affleurement Home Plate), Opportunity fait le tour de son cratère d'impact Erebus. Après avoir replié son bras robotique éclopé en position verticale, l'astromobile se déplace vers un autre site de l'affleurement Olympia du cratère Erebus, dénommé Roosevelt, qui ressemble à un aileron sortant du sol. Peut-être est-ce de la matière infiltrée dans une fissure, déposée par de l'eau, et qui s'est solidifiée en une lame de matière résistante. Après l'avoir étudié, Opportunity scrute les affleurements alentour avec sa caméra infrarouge. Le 12 février (sol 731), il fait un court trajet vers la parcelle de roche Bellemont. Trois jours plus tard, après avoir conduit les analyses d'usage, il doit accomplir 36 mètres vers un nouvel objectif, mais alors que le bras se replie, il se bloque avant la position désirée et le roulage du jour est annulé, le temps que les ingénieurs étudient la panne. Le 17 février est donc passé à tester le bras, en lui faisant accomplir de petits mouvements, tout en augmentant la résistance du moteur. Ce test une fois passé, le bras est rangé dans la position voulue, mais au moment de reprendre la route, l'astromobile s'arrête au bout de 21 centimètres, cette fois parce que le courant dans la roue centrale droite atteint le maximum autorisé. Le lendemain, les limites maximales sont augmentées et Opportunity accomplit 35 mètres pour atteindre l'affleurement Payson qu'il se met à longer. Après quelques images, il parcourt 10 mètres de plus le lendemain, alternant jours de conduite et jours d'analyse. Au 4 mars (sol 750), son compteur affiche 6617 mètres, contre 6693 mètres pour Spirit. Pas mal pour des jumeaux !
Pour Opportunity, la nouvelle année commence sur les pentes du cratère Erebus avec un petit handicap, puisque le robot a perdu une partie de la disponibilité de son bras robotique, suite à un câble rompu dans l'articulation du coude. Pour cette raison, les ingénieurs étudient une nouvelle position de stockage du bras lors des déplacements, dressé à l'avant afin qu'en cas de blocage permanent du coude, les degrés de liberté restants (épaule et poignet) permettent de continuer à utiliser ses instruments.
Les analyses du rocher Ted, sur l'affleurement Olympia, sont conclues le 8 janvier (sol 697), puis l'astromobile se consacre à un panorama de l'affleurement rocheux en haute résolution, suivi de mesures ponctuelles de l'affleurement avec le spectromètre mini-TES, Le 17 janvier (sol 705), Opportunity tourne cet instrument vers le ciel pour synchroniser ses mesures atmosphériques avec celles de Mars Express qui passe au-dessus du site.
Les études conjointes sont répétées le lendemain, ainsi qu'une observation du transit de Deimos devant le Soleil, alors que le bras robotique est enfin sécurisé en vue d'un déplacement. Le 19 janvier (sol 707), l'astromobile recule d'un mètre, prend des photographies, puis avance d'un mètre et demi pour se positionner devant une nouvelle roche à étudier, baptisée " Lower Overgaard ". En prenant quelques images au microscope d'une cible sur la roche, un petit souci est enregistré sur le moteur du joint #2 (celui qui contrôle l'élévation du bras), et le week-end est passé à en dresser le diagnostic. Opportunity attaque la semaine suivante par des prises de vue avec ses caméras panoramique et infrarouge, menées conjointement avec Mars Express qui est de nouveau de passage au-dessus du site. Toutefois, en reprenant l'étude du rocher Lower Overgaard, c'est le joint #1 du bras, contrôlant le mouvement en azimut de l'épaule, qui se coince à son tour, et le robot se rabat le lendemain sur une répétition des prises de vue au microscope de la cible précédente qui reste dans sa ligne de mire, prises de vue qui de toute façon avaient besoin d'être refaites car insuffisamment au point lors de la première tentative. C'est donc à l'arrêt, le nez sur le rocher, qu'Opportunity fête son deuxième anniversaire sur Mars. Mais c'est aussi le 250ème anniversaire de Mozart qui est célébré le 27 janvier, et les ingénieurs du JPL en profitent pour donner des noms de circonstance aux cibles du robot, telles " Don Giovanni " " Salzburg " et " Nachtmusik " dont l'étude est prévue au microscope dans les jours à venir.
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