Les préparatifs pour le lancement des deux astromobiles MER 1 et MER 2 se poursuivent de manière satisfaisante. Les problèmes qui ont poussé à retarder le lancement de MER 2 sont résolus et la date de lancement est maintenant fixée au 5 juin. Le lancement de MER 1 est toujours prévu le 25 juin. Etudier, concevoir, réaliser et tester ces rover martiens en moins de trois ans pour qu'ils soient prêts pour la petite fenêtre de lancement était un véritable défi, loin d'être gagné d'avance. L'idée de reprendre les solutions éprouvées de Pathfinder, et de les appliquer aux Mars Exploration Rover en multipliant par le facteur d'échelle, s'est avérée bien plus compliquée que prévu.
Les premières surprises sont arrivées avec les essais des airbags. Le comportement du système d'atterrissage n'était pas du tout conforme aux prévisions. Les MER sont beaucoup plus gros et plus lourds que Pathfinder. Le système a du être amélioré en ajoutant une couche de protection supplémentaire et en renforçant les points sensibles. Chaque rover est équipé de 4 airbags constitués de six coussins qui se gonflent rapidement quelques instants avant l'impact. Il est prévu que le premier rebond propulse l'engin jusqu'à 30 mètres de haut. Une douzaine de rebonds suivront avant que la sonde ne s'arrête. Le succès de l'atterrissage dépend principalement de la vitesse du premier impact et des objets impactés. Certains types de rocher de forme triangulaire pourraient causer des dommages si l'impact a lieu selon un angle rasant. Certains endroits des airbags sont plus sensibles que d'autres à ce type de rocher, qui pourrait déchirer les couches internes. Après de nombreuses modifications et un nombre impressionnant de tests, les ingénieurs sont maintenant confiants.
Après les airbags ce sont les parachutes qui ont posé problème. Une série d'essais d'atterrissage réalisés à partir d'un hélicoptère ont montré que le parachute n'était pas assez solide. Là aussi la différence de taille avec celui de Pathfinder n'a tout simplement pas permis une extrapolation linéaire. Le parachute n'a pas seulement dû être renforcé, sa surface a dû être réduite pour atteindre des dimensions acceptables lorsqu'il est plié. Les phénomènes de cisaillement du vent ont également causé des soucis aux ingénieurs. Il est impératif de réduire les vitesses horizontale et verticale en dessous des seuils admissibles lorsque le véhicule s'approche du sol de Mars. Le système d'estimation de vitesse horizontal (DIMES = Descent Image Motion Estimation System) qui équipe les sondes veille, et actionne de petits moteurs si nécessaire. Un altimètre radar mesure l'altitude de la sonde et déclenche le gonflage des airbags, puis le largage de l'atterrisseur, à une dizaine de mètres au-dessus du sol. Toute la séquence d'atterrissage sera surveillée depuis la Terre en scrutant les différents signaux que la sonde transmettra à l'accomplissement de chaque étape importante. Après toutes ces péripéties qui ont certainement causé quelques nuits blanches aux ingénieurs, les sondes sont maintenant au stade final d'assemblage et quasiment prêtes pour le lancement. Les cartes électroniques qui assurent les communications entre le rover et l'étage de croisière ont été modifiées et réinstallées dans les deux rovers. Ce problème était à l'origine du report de la date de lancement de MER 2. Le 7 mai le véhicule de rentrée atmosphérique de MER 2 a été fixé à l'étage de croisière puis l'ensemble a été soumis aux mesures de poids, de centre de gravité et d'équilibrage à sec. Le 11 mai les réservoirs de carburant ont été remplis et un nouveau test d'équilibrage a eu lieu.
Durant les essais de routine une mesure inattendue dans l'alimentation électrique du rover a été constatée. Les investigations sont en cours mais les ingénieurs ne pensent pas que cela entraînera un nouveau report du tir. L'assemblage de la fusée porteuse se déroule en parallèle et avance selon les prévisions. MER 2 sera fixé sur le troisième étage du lanceur le 23 mai et amené sur le pas de tir le 27 mai. L'astromobile MER 1 a de son côté été fixé sur son module d'atterrissage le 9 mai. L'assemblage complet du véhicule spatial est attendu le 21 mai. |