MARS CLIMATE ORBITER
VICTIME D’UNE ERREUR DE NAVIGATION


Tout semblait se dérouler à la perfection… A 11 heures du matin (heure française) hier Jeudi 23 septembre, le moteur de MCO s’est allumé à l’instant voulu, fonctionnant sans problème ; 5 minutes plus tard, conformément aux prévisions, la sonde est passée derrière Mars, rendant tout contact impossible. Ses signaux auraient dû parvenir à nouveau aux contrôleurs 21 minutes plus tard, au moment où elle réapparaissait de l’autre côté du globe, sa phase de propulsion terminée depuis 10 minutes et devant l’avoir placé sur une orbite intermédiaire fortement elliptique.


Malheureusement il n’en a rien été. Initialement on a cru à un problème de télémesures et on s’est efforcé de reprendre une liaison qui aurait pu avoir été perturbée. Mais aujourd’hui, les ingénieurs de la Nasa ne peuvent plus se faire d’illusions puisqu’ils ont eux-mêmes annoncé que le vaisseau avait été victime d’une erreur " catastrophique " de navigation :

" Nous avions prévu d’approcher la planète à une altitude minimale de 150 km. Nous pensions que c’était ce qui se passait, mais à l’examen rétrospectif des données des dernières 6 à 8 heures avant l’arrivée, nous avons trouvé que cette altitude n’était que de 60 km "…

A cette altitude, MCO a brûlé dans l’atmosphère (l’altitude de survie minimale est estimée à 85 km). La Nasa va maintenant s’efforcer d’élucider les causes de cet incident.


Cette perte est bien entendu durement ressentie par les scientifiques qui se sont investis dans les expériences. MCO portait en particulier la réplique du dernier instrument perdu par Mars Observer lors de sa mise en orbite en 1993 (il s’agissait alors d’une défaillance du système de propulsion), les autres ayant trouvé place sur Mars Global Surveyor, actuellement en pleine activité. Cependant, le programme d’exploration Mars Surveyor est conçu comme une longue suite de " petites " missions (en moyenne une par an) permettant de minimiser les conséquences de ce genre d’aléa : les objectifs scientifiques de MCO seront repris ultérieurement. Quant à Mars Polar Lander, qui doit atterrir le 3 décembre dans la région polaire australe, sa mission n’est pas mise en danger par cet accident, MGS devant pouvoir assurer le rôle de relais de transmission initialement dévolu à MCO.


Nul doute que les ingénieurs du JPL vont réviser leur copie plus d’une fois pour éviter à celui-ci le même genre de déconvenue et maximiser la probabilité de succès d’une opération qui reste, ne l’oublions jamais, extrêmement complexe. Complexe et entièrement automatique , c’est-à-dire sans aucune possibilité d’intervention du contrôle à terre pour corriger des erreurs ou dysfonctionnements en temps réel (les signaux en provenance de MCO mettaient près de 11 minutes à nous parvenir). S’il s’était agi d’une mission pilotée, l’équipage aurait eu la possibilité de réagir… Rappelons-nous la prise en mains du choix du site final d’atterrissage d’Apollo 11 par ses passagers…


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