L’HYPOTHÈSE D’UN PALÉO-OCEAN
N’EST PAS CONFIRMÉE PAR LES OBSERVATIONS DE MGS

 

L’hypothèse qu’un vaste océan a recouvert dans les temps anciens une grande partie de l’hémisphère nord de la planète a été suggérée par certaines particularités topographiques des photos orbitales des sondes Viking, interprétées par des chercheurs comme les traces d’anciennes zones côtières. Cette hypothèse est très importante tant pour l’histoire du climat que par ses implications pour la recherche de signes d’une vie passée.

En 1998, c’est-à-dire avant la phase de cartographie proprement dite, les chercheurs ont fait observer certains de ces détails par la caméra de MGS, obtenant des images d’une résolution cinq à dix fois meilleure que celles des Viking. Or, ainsi vues " de plus près ", aucune de ces particularités ne semble avoir été formée par l’action de l’eau dans un environnement côtier. Ainsi, la photo de gauche (Viking) montre la limite entre les régions Amazonia Planitia et Lycus Sulci, où certains chercheurs pensaient identifier la présence d’une falaise. A droite une vue rapprochée (MGS) montre clairement qu’on n’est pas en présence d’une falaise ; on n’identifie pas non plus de terrains attribuables sans ambiguïté à un environnement côtier.

Frontière Amazonis Planitia-Lycus Sulci (doc.MSSS) Gros plan de la zone SPO2-428/03 (doc.MSSS)

Certes, il n’est pas facile, même sur Terre, d’identifier les traces d’anciens rivages. Mais les chercheurs pensent que la résolution (qui, sur ces vues de 98, n’est pas encore celle que MGS obtient dans sa phase actuelle de cartographie) est néanmoins suffisante pour déceler des formations côtières. Ceci ne permet pas pour autant de réfuter l’hypothèse d’un paléo-océan, mais seulement l’interprétation (incorrecte) des particularités topographiques décelées sur les photos Viking. La moisson cartographique en cours nous fournira-t-elle des vues encore plus détaillées permettant de consolider cette conclusion ?

Si le paléo-océan n’est pas confirmé par ces observations, rappelons néanmoins que les traces de présence d’eau abondent à la surface du globe de Mars. MGS a en particulier pour mission de nous renseigner sur le rôle que l’eau a joué dans l’évolution de la planète.



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