|
LE CONGRÈS AMÉRICAIN SE DÉGONFLE |
Au début des années 90, dans le but de réduire les coûts du désastreux projet d’exploration martienne issu de " l’étude Nasa de 90 jours ", le Livermore Laboratory avait proposé de remplacer certains modules cylindriques métalliques des vaisseaux par des structures gonflables. L’intérêt de cette idée est qu’elle permet d’augmenter considérablement le volume habitable, à iso masse et encombrement au lancement.
Depuis deux ans environ, la Nasa s’est penchée à nouveau sur cette technologie et a proposé récemment d’accrocher à la Station Spatiale Internationale (ISS) un module réalisé avec cette technologie innovante. C’est le projet " Transhab ". Malheureusement, le budget de l’agence spatiale est soumis à de fortes contraintes suite à la dérive des coûts de l’ISS, liée en particulier aux difficultés du partenaire russe, ainsi qu’à d’autres dépassements ou imprévus, comme par exemple la nécessité d’avancer la prochaine mission de maintenance de l’observatoire spatial Hubble en octobre. En conséquence, certains membres du congrès, ayant particulièrement " dans le collimateur " les dépenses de la Nasa et, surtout, les surcoûts de l’ISS, ont inclus dans la loi de programmation une clause interdisant explicitement le financement du Transhab. En dehors de l’argument de maîtrise des coûts de l’ISS, il est reproché à la Nasa de vouloir par ce biais développer une technologie préparant les missions habitées martiennes…
Si l’argument budgétaire est compréhensible de la part d’un gardien des deniers publics, celui relatif aux missions martiennes trahit une étroitesse de vue navrante ; en effet, il s’agit en l’occurrence de faire émerger une technologie tout à fait prometteuse, d’application générique pour les structures spatiales, permettant en particulier de valoriser l’ISS pour une somme dérisoire à côté des dizaines de milliards du projet. On le voit, les américains aussi ont encore des politiques opposés dogmatiquement aux missions habitées !
La Mars Society s’est battue pour faire supprimer ce texte législatif. Mais la situation budgétaire de la Nasa ne rend pas optimiste…