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BALLON MARTIEN |
La société Pioneer Astronautics, dont le président n’est autre que Robert Zubrin, président de la Mars Society, vient de réaliser une fort jolie et très intéressante expérimentation d’un prototype de ballon dont le principe de gonflage pourrait considérablement faciliter la mise en œuvre dans l’atmosphère martienne.
L’idée d’utiliser des ballons pour explorer la surface de Mars n’est pas nouvelle. Elle a même fait l’objet de travaux approfondis en France, sous l’égide du CNES et sous l’impulsion du Professeur Jacques Blamont. Le ballon est probablement le moyen le plus astucieux pour disposer à bon compte d’une plate-forme d’observation d’une grande mobilité, procurée par les vents martiens. Cependant, l’application de cette idée n’est pas sans difficultés. Contrairement au cas des ballons scientifiques terrestres, il est en effet difficilement envisageable de gonfler l’enveloppe avec un gaz léger, qu’il faudrait amener jusqu’à Mars dans de lourdes bouteilles. Par ailleurs, l’opération se déroulant de façon automatique (sans intervention possible d’un opérateur), le mécanisme doit être fiable et donc le plus simple possible.
C’est ce qui avait amené le Jet Propulsion Laboratory à travailler sur le principe de la Montgolfière, c’est-à-dire à utiliser tout simplement, comme gaz porteur, de l’air ambiant, réchauffé par le soleil. Il suffit d’insuffler de l’air martien dans l’enveloppe, qu’on aura pris soin de rendre absorbante aux rayons du soleil (en lui donnant une teinte noire), et de laisser ceux-ci le chauffer.
L’astuce de Pioneer Astronautics est d’obtenir cet effet à l’aide d’un corps plus léger, et donc plus porteur, que le gaz carbonique constituant l’air martien, sans qu’il soit toutefois nécessaire de le stocker dans des bouteilles sous pression. Par quel miracle ? Tout simplement en utilisant un liquide suffisamment volatil pour se vaporiser très rapidement une fois libéré dans l’enveloppe du ballon, tel que l’eau, le méthanol ou l’ammoniac ! Pourtant, l’idée soulevait le scepticisme de certains qui pensaient que le liquide, une fois libéré, stagnerait dans le fond de l’enveloppe et ne serait pas capable de se vaporiser et de gonfler celle-ci.
C’est en cela que l’essai réussi le 26 août dans le ciel du Colorado est important. Le prototype a été emmené à 30000 mètres par un ballon porteur, pour retrouver des conditions de pression et de température (10 mbar, -50°C) voisines de celles régnant sur Mars. Là, il s’est déployé parfaitement en moins d’une minute, conformément aux prévisions, comme l’a montré une vidéo prise par le ballon porteur.
Robert Zubrin a commenté ainsi ce succès : " ce dispositif permet de tripler la charge utile… c’est un pas décisif vers l’utilisation de ballons sur Mars… les vents de Mars sont ses autoroutes… ".
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