EMBELLIE POUR LE BUDGET DE LA NASA

La récente proposition du président Clinton pour le budget de la NASA en 2001 et pour les cinq ans à venir représente une rupture significative par rapport aux années précédentes. Soumise aux contraintes de suppression du déficit de l’état fédéral et mise en concurrence, par une curiosité du découpage budgétaire, avec l’aide au logement et les anciens combattants (!), l’agence spatiale américaine a en effet connu depuis 6 ans une baisse graduelle de ses ressources, ce qui la récompensait bien mal des réels efforts d’économie et de productivité accomplis sous l’impulsion de son patron, Dan Goldin. Le pire a été évité l’an dernier après qu’une commission du Congrès ait proposé une coupe sauvage et invalidante de 1 milliard de dollars, avant de finalement rétablir le budget à +300 millions par rapport à la demande du président, monté au créneau.

Cette année, changement total de décor, même si nous n’en sommes encore qu’au stade de la requête de l’administration. Le président demande 14 milliards de dollars pour l’année fiscale 2001, soit 435 millions de plus que l’an dernier (+3%), mais surtout il propose une croissance continue sur les 5 années à venir, amenant les ressources de l’agence au niveau de 15,6 milliards en 2005. Deux impulsions majeures sous-tendent cette croissance.

En premier lieu les États-Unis décident d’accroître leur investissement dans le développement des lanceurs futurs, destinés à prendre la relève de la navette spatiale ; loin d’être découragés par les difficultés du programme de démonstrateur X33, ils se proposent d’injecter dans ce domaine 6 milliards de dollars supplémentaires sur la période considérée. Les vols d’astronautes, et en particulier les vols vers Mars, profiteront un jour de ces efforts. Mais c’est surtout la science spatiale, avec une croissance de 9% en un an (à 2,4 milliards), qui est mise au premier plan des préoccupations. Ceci n’est pas pour surprendre et ne fait que refléter le soutien actuel des responsables américains en faveur de la science en général : toutes les agences de recherche (ou presque) bénéficient de fortes augmentations de leur dotation budgétaire, en particulier dans les domaines de la biologie et de la médecine ; les États-Unis ont décidé ainsi de réinvestir massivement dans le long terme les fruits de leur croissance actuelle. Concernant la science spatiale, cette posture ne peut que nous rendre optimistes vis-à-vis de l’avenir des missions martiennes, y compris sur le court terme, malgré les déboires du programme Surveyor.

Ce qui paraît également encourageant, ce sont les premières réactions recueillies au Capitole. On s’attend à ce que la fin de ces années de réduction et cette impulsion positive soient favorablement accueillies par les législateurs, par contre préoccupés par les retards de l’assemblage de la Station Spatiale dont le budget, soit dit en passant, commence quand même à s’alléger (-9%). Un républicain a fait le commentaire suivant : " je ne pense pas que le fait d’accroître le budget de la NASA doive poser un problème à quiconque ". Ces mêmes républicains vont même jusqu’à critiquer la proposition en faisant remarquer qu’elle laisse quand même le budget de l’agence 500 millions en dessous de son niveau de 1993… Sur un plan plus politique, ils semblerait aussi que les leaders du Congrès soient désireux d’éviter la répétition du faux pas bien peu glorieux de l’an dernier.

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