Présidentielles aux US :
DES CANDIDATS PAS TRÈS ENTHOUSIASMANTS

Lors d’un débat le 18 décembre dernier, deux des candidats à la présidence, Gore et Bradley, se sont prononcés contre l’idée de fixer aux États-Unis le but d’atteindre Mars avant 2010, comme Kennedy l’avait fait voilà déjà près de 40 ans pour la Lune. Les à-peu-près de l’argumentation d’Al Gore sont particulièrement attristants.

Il prétend en effet que lorsque la décision de lancer le programme Apollo a été prise " on possédait toutes les technologies et les connaissances nécessaires, qu’il suffisait d’appliquer ", ce qui est une erreur historique totale. Sur le plan technique, les fusées en étaient à leurs débuts (particulièrement aux USA) et il a fallu développer la géante Saturn V pratiquement à partir de rien ; on n’avait jamais navigué dans l’espace ; on n’avait aucune idée des effets de séjours tant soit peu prolongés dans l’espace… Sur le plan scientifique, on ne connaissait vraiment pas grand chose sur la Lune, à tel point que l’on craignait que le module lunaire s’enfonce à l’atterrissage dans une épaisse couche de poussière. Il tire argument (cyniquement ?) de la perte des deux récentes missions pour en déduire que nous connaissons peu de choses sur Mars… alors qu’il est avéré que la perte de Mars Climate Orbiter est due à une erreur humaine (confusion d’unités métriques et anglo-saxonnes), ce qui n’a strictement rien à voir avec la science de Mars. Et alors que de plus en plus d’observateurs s’accordent à reconnaître que les échecs résultent essentiellement d’une pression excessive sur les budgets (surmenage imposé à des équipes techniques bien trop réduites et insuffisance de contrôles).

Il affirme par ailleurs que le coût serait d’un ordre de grandeur supérieur à celui du programme Apollo (100 milliards de dollars actuels), ce qui est une idée malheureusement répandue depuis la désastreuse " étude NASA de 90 jours " dont le projet pharaonique avait été présenté sans crainte à 450 milliards de dollars ! En réalité, le récent projet " de référence " de la NASA, avec fabrication de propergol de retour sur place permettant de diviser par 3 la masse des fusées (voir dossier " Mars Direct "), et qui s’évite les détours par la Lune ou une station orbitale martienne, est évalué à 60 milliards de dollars. Moins cher que la Station Spatiale Internationale ! Ordre de grandeur d’un programme d’armement majeur du Pentagone (bombardier furtif B2, chasseur F22)…

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