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L’exploration de Mars dans le futur. |
La NASA travaille actuellement à la refonte complète de son programme d’exploration de Mars. Quelle est la meilleure manière d’obtenir des données intéressantes pour un prix acceptable ? Voilà la question centrale autour de laquelle tournent les débats.
Prévu pour cet été, le nouveau programme ne sera probablement pas connu avant l’automne ou même la fin de l’année selon certaines rumeurs. L’ambitieux programme de retour d’échantillons sera profondément remanié et sans doute repoussé jusqu’à la prochaine décennie. La NASA a en effet réalisé qu’elle avait largement sous estimé la complexité et le coût d’une telle mission.
Le programme Mars Surveyor, lancé après l’échec en 1993 de la sonde Mars Observer, avait 3 principaux objectifs d’égale importance :
- Découvrir si Mars peut potentiellement héberger une forme de vie présente ou passée.
- Comprendre l’histoire de son climat.
- Rechercher les ressources naturelles de la planète (incluant les ressources qui pourraient s’avérer utiles pour soutenir les futures missions habitées).
Les 2 sondes de 1998 étaient destinées à l’étude du climat.
En 1996, après l’annonce de la découverte probable de micro-organismes fossilisés dans la météorite martienne ALH84001, l’administrateur de la NASA, Dan Goldin, décida de bouleverser le programme. Il assigna comme objectif prioritaire la recherche d’une vie présente et plus probablement passée sur Mars. La mission de retour d’échantillons, qui était un objectif à long terme, devenait brutalement prioritaire mais sans avoir une idée précise de son coût.
Les prévisions de la NASA, qui pensait pouvoir réaliser une mission de retour d’échantillons pour 400 millions de dollars, étaient exagérément optimistes. Même si les sondes Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander avaient atteint leurs objectifs, le programme de retour d’échantillons aurait été de toute façon remis à plat. Les plus optimistes estiment actuellement une mission de retour d’échantillons à plus d’un milliard de dollars. D’autres pensent que ce projet est d’un niveau comparable à celui de la sonde Cassini actuellement en route vers Saturne. Le développement de cette dernière s’est étalé sur 10 ans et a coûté plus de 3 milliards de dollars.
Dans sa configuration actuelle, le programme de retour d’échantillons prévoit une collecte à l’aide d’un rover pouvant s’éloigner jusqu’à un kilomètre de l’atterrisseur. Les échantillons seraient alors mis en orbite par une fusée à poudre, puis récupérés par un orbiteur français. Ce programme est maintenant en cours de révision et un lancement direct depuis la surface de Mars vers la Terre semble être préféré.
Quel que soit le scénario retenu, cette opération demandera beaucoup de temps et d’argent. Or étant donné le budget limité de la NASA pour les opérations martiennes, doit-on tout de suite s’orienter vers une mission de retour d’échantillons ? Ne serait-il pas préférable d’utiliser les prochaines fenêtres de tir, pour lancer de petits orbiteurs et atterrisseurs en éclaireurs, afin de localiser le site le plus approprié pour une mission de retour d’échantillons ? Ces missions seront en effet chères et peu nombreuses, et chacune d’elle ne retournera qu’une faible quantité de sol martien (au plus quelques kilogrammes). Le choix du site d’atterrissage est donc essentiel, pour avoir quelques chances que ces échantillons contiennent des traces de vie fossile. Ces questions divisent actuellement les conseillers scientifiques de la NASA.
Bien que la question de l’existence d’une forme de vie passée ou présente restera au cœur des préoccupations pour l’élaboration de nouveaux programmes, une approche plus multidisciplinaire sera entreprise. Répondre de manière convaincante à cette question prendra certainement des décennies et nécessitera également de comprendre l’histoire climatologique de la planète ainsi que de faire des forages profonds (quelques mètres au début, puis peut-être plusieurs kilomètres afin de traverser l’épaisse couche de permafrost).
Les données recueillies par Mars Global Surveyor ne permettent toujours pas de savoir si la planète a connu dans le passé un climat doux et humide avec de grandes quantités d’eau à sa surface ou si elle a toujours été froide et gelée. La formation du réseau de vallées s’expliquerait alors par le ruissellement de l’eau sous une épaisse couche de glace. Si les satellites ne trouvent pas les traces de carbonates qui prouveraient la première hypothèse, faut-il tirer des conclusions, ou faut-il envoyer des atterrisseurs pour des investigations plus approfondies ? Les matériaux déposés par le vent depuis des millénaires recouvrent peut-être les carbonates de la surface primitive.
Toutes ces questions seront à la base de l’élaboration des futurs programmes d’exploration de la planète rouge.