MASTER : L’EUROPE ENVISAGE DÉJÀ
UNE DEUXIÈME MISSION MARTIENNE

Mars Express vient à peine d’entrer dans sa phase de réalisation industrielle que l’Agence Spatiale Européenne (l’ESA) travaille déjà sur un deuxième projet martien, MASTER. Mars Express, rappelons-le, marque l’entrée de l’Europe dans l’épopée scientifique et technologique de la découverte de Mars, quarante ans après que Mariner 4 nous ait montré la voie… Il était temps de se réveiller ! Encore se souvient-on comment les problèmes budgétaires de certains pays ont failli faire avorter le projet… pour quelques millions d’euros.

Cette fois, le tournant semble bien pris, même si MASTER n’est encore qu’une proposition de mission qui, pour se muer en programme, doit d’abord recevoir un avis favorable de la part d’un comité consultatif scientifique, puis être approuvé par le conseil de l’ESA. Il se trouve en compétition avec bien d’autres projets, qui tous présentent évidemment leur intérêt. Il faut reconnaître que l’idée ne manque pas d’attraits :

1/La mission a un double objectif : dédiée à l’étude d’un astéroïde (qui n’est pas encore choisi, mais on parle de Vesta), elle contribuera aussi à la connaissance de Mars, d’où son nom.

2/Ceci sans compliquer ou rallonger sa trajectoire car, en l’occurrence, la planète rouge serait utilisée comme " tremplin gravitationnel " pour accélérer MASTER vers sa destination finale.

3/La sonde réutiliserait un maximum d’éléments de Mars Express, ce qui permettrait d’en réduire considérablement le coût.

4/Enfin, elle permettrait aux Net Landers de partir comme prévu en 2005. Ces quatre petits atterrisseurs, développés sous maîtrise d’ouvrage CNES, devaient initialement embarquer sur l’orbiteur français de la mission franco-américaine Mars Sample Return. Mais on sait que, suite au remaniement du programme de la NASA, celle-ci est en cours de reconception et qu’en tout état de cause elle sera retardée ; MASTER leur offre une alternative intéressante.

Les Net Landers, après un freinage atmosphérique et une descente sous simple parachute, se répartiront à la surface du globe, de façon à mener des études séismologiques, météorologiques et minéralogiques. Ce serait la première fois que des observations simultanées sur plus de deux sites, particulièrement importantes en séismologie (pour étudier la structure interne de la planète), pourraient être ainsi menées. Bien entendu le véhicule porteur profitera de son passage près de la planète pour mener ses propres observations à distance.

Croisons les doigts pour que les mérites de MASTER soient reconnus à leur juste valeur. Ce projet, particulièrement intelligent, présente une fameuse opportunité pour l’Europe de faire jeu égal avec les spécialistes américains de la planète, tout en la faisant également entrer dans le champ des astéroïdes. Une décision devrait être prise dans les prochains mois.

Doc ESA et IPG

 

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