FLORAISON DE PROJETS DE MICROMISSIONS

Les échecs des deux dernières missions et la redéfinition en cours du programme d’exploration martienne (voir nos récentes nouvelles) n’ont en rien entamé l’imagination et la volonté des scientifiques et ingénieurs américains. Au delà des missions principales du programme Surveyor, une foule de propositions de « micromissions » ont fait l’objet de présentations lors d’une conférence internationale qui s’est tenue début mai au laboratoire de physique appliquée de l’université John Hopkins. L’idée est en particulier de tirer parti de l’offre de lancement en charge additionnelle sur les vols commerciaux d’Ariane 5 (ce qui limite la masse des engins à environ 200 kg).

D’ores et déjà, il est prévu de lancer en 2003 Com/Nav, charge utile destinée à assurer l’infrastructure minimale de communication avec la Terre et de localisation des sondes futures, dont on s’accorde désormais à reconnaître l’utilité. Rien de très révolutionnaire ni de très palpitant, mais un gage de fiabilisation dont on doit se réjouir. Et le premier pas vers le réseau de télécommunication interplanétaire qu’exigera le public pour participer, en réalité virtuelle, aux grandes missions de découverte du futur.

Les autres propositions sont beaucoup plus innovantes et cherchent à décupler l’efficacité des robots en leur conférant une mobilité aérienne, au moyen de ballons, d’avions ou même… d’hélicoptères ! Ainsi, il est proposé de lancer en 2005 ou 2007 une montgolfière, chauffée par le rayonnement solaire, qui emporterait un analyseur chimique (Gas Chromatograph & Mass Spectrometer) ainsi qu’un instrument capable de forer le sol jusqu’à 1,20 m de profondeur. Un autre projet de ballon emmènerait un magnétomètre, destiné à affiner les mesures de champ magnétique local faites par MGS lors de sa phase prolongée de freinage atmosphérique, qui ont tellement surpris les scientifiques.

Malgré l’abandon du Kitty Hawk, cet avion dépliable qui devait survoler le grand canyon Valles Marineris le jour du 100ème anniversaire du vol des frères Wright, d’autres projets sont à l’étude : le MarsFlyer, suffisamment miniaturisé pour être lancé par la petite fusée Taurus, et deux autres concepts de la part du centre Dryden. Mais le plus étonnant, c’est de voir apparaître des propositions d’hélicoptères martiens ! L’un d’entre eux serait animé par deux rotors munis de pales de 12 m de long recouvertes de cellules solaires… Une telle hardiesse peut faire sourire ; mais n’oublions pas que l’Amérique est la patrie des engins volants les plus fous, en particulier d’avions solaires bientôt capables de tenir l’air indéfiniment…

Quels engins partiront finalement dans les flancs d’Ariane 5 ? Quels qu’ils soient, leur originalité pourrait leur permettre de tenir la vedette, du moins pour un temps, au côté des sondes du programme Surveyor, de l’européen Mars Express (2003) et de son atterrisseur britannique Beagle 2, du japonais Nozomi ou des NetLanders français (qui pourraient être lancés en 2005). En attendant la mission de Retour d’Échantillons, toujours à l’étude, mais qui serait déplanifiée de deux ans.

On a là un belle illustration de stimulation de la créativité et du progrès technologique provoquée par l’exploration spatiale.

(informations tirées de l’article de Christian Lardier, dans le n°1750 d’Air & Cosmos, daté du 19 mai 00).

°1750 d’Air & Cosmos, daté du 19 mai 00).