LA NASA AU RAPPORT

Le rapport sur les pratiques de management de l’agence spatiale américaine récemment émis par le National Research Council (NRC ; conseil national de la recherche) estime qu’une application drastique de la philosophie " Faster, Better, Cheaper " (FBC ; plus vite, meilleur, moins cher) a trop souvent compromis les résultats scientifiques des missions.

Il insiste d’autre part, bien que ceci ne soit pas directement en rapport avec les échecs récents, sur l’intérêt qu’il y aurait à prévoir un mélange de petites et de moyennes missions, l’exclusion de ces dernières condamnant selon lui certains types d’investigations scientifiques nécessitant des charges utiles plus importantes.

Il souligne le fait que les missions ont trop souvent mélangé les objectifs scientifiques et des finalités de développement technologique, sans que ceci soit clairement reconnu, tandis que les contraintes budgétaires ou de délai ont obligé à sacrifier le retour de résultats, voire leur exploitation…

Par ailleurs, il critique la politique des USA restreignant l’accès aux moyens de lancement étrangers, ce qui peut peser sur le coût global des missions.

Finalement, il demande à la NASA de maintenir un programme volontariste de développement des technologies, en particulier dans le domaine de l’instrumentation scientifique, et d’encourager la collaboration internationale.

Un autre rapport, émis à la demande de Dan Goldin lui-même par Anthony Spear, ancien chef de projet de Mars Pathfinder, considère que le concept FBC ne doit pas consister à se fixer un objectif scientifique et technologique difficile avec des contraintes de budget et de délai arbitraires. Si les premières missions conçues selon cette philosophie ont été des succès, la NASA, selon lui, a par la suite placé la barre trop haut. " Nous devons ralentir, établir notre planification de façon plus prudente et ne pas faire de fixations sur le coût ou sur des économies à court terme "…

Les responsables de l’agence entendront-ils ces leçons ? En tout cas, Dan Goldin se reconnaît un part de responsabilité, puisqu’il a déclaré : " I probably pushed too hard… I feel bad " (j’ai probablement mis trop de pression… Je me sens mal à l’aise). Mais il a ajouté : " je ne m’excuserai cependant pas, car il fallait voir jusqu’où on pouvait aller "… Il observe aussi que certains de ses managers ont parfois appliqué ses préceptes de façon trop brutale ou irréfléchie ; " lorsque des difficultés se présentent ", dit-il, " les responsables doivent se souvenir qu’il y a trois façons de réagir : ajouter des ressources, réduire les ambitions ou… arrêter le programme ".

C’est à la lecture du programme d’exploration martienne remanié que l’on pourra mesurer à la fois le degré de reprise en main dans le sens de ces observations et la volonté des américains d’aller de l’avant.